Sainte Barbe, Patronne des pompiers.

Le 4 décembre est le jour de la sainte Barbe, elle est la sainte patronne des sapeurs-pompiers (mais aussi des mineurs et des artificiers). Traditionnellement, cette célébration donne lieu, à un défilé, un dépôt de gerbe au monument aux morts, un vin d’honneur ou à un repas festif. Le service des archives de Levallois profite de cette célébration pour revenir sur l’histoire levalloisienne de nos valeureux soldats du feu.

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Tout commence avec la création du Village Levallois,  en 1846, lieu éponyme évoquant son créateur, Nicolas Eugène Levallois. La rapide expansion de la localité nécessite la prise en compte de la protection et du secours de ses habitants, mais le matériel et les hommes sont basés à Clichy-la-Garenne, ville de rattachement administratif du Village,  qui n’est pas encore une commune.
Dans ce contexte, les Levalloisiens s’organisent comme ils peuvent et, par exemple, procèdent, dès 1857, à l’acquisition d’une pompe financée par souscription, donc avec leurs deniers personnels.
Mais la pompe est  remisée à Clichy ! Nicolas Levallois intervient, vigoureusement, auprès du Conseil municipal clichois et obtient qu’elle soit transférée au 29 rue Chevalier (actuelle Louis-Rouquier).
Le Village Levallois  ne cessant de croître, une compagnie autonome de sapeurs-pompiers y est créée vers 1863. Son premier chef, et créateur, est le sergent Eugène Souchard. La compagnie compte 21 hommes. La plupart sont des artisans, menuisiers, charpentiers ou tonneliers.
Un peu plus tard, le bataillon des Sapeurs-Pompiers de Paris devient, lui, un régiment, par décret impérial du 5 décembre 1866, et sa zone d’action est étendue à tout le département de la Seine, dont Levallois fait partie (cette modification laisse cohabiter le système de pompiers militaires professionnels et de volontaires jusqu’en 1940).

La première caserne levalloisienne de sapeurs-pompiers digne de ce nom date de 1884, sous le mandat du maire Jean-François Trébois. La Municipalité décide en effet de remiser au 96, rue de Courcelles (actuelle Président Wilson) le matériel sur un terrain d’environ 570 mètres carrés.


Avec la modernisation de la commune et le développement de ses infrastructures, un nouvel ensemble, composé de l’Hôtel des Postes et d’une caserne de pompiers, est inauguré en juillet 1911 par le maire et architecte Edmond Lamoureux.

Cette caserne se situe avenue de la République, face à l’actuel monument aux Morts. Elle portera le nom de Caserne Levallois-Mairie. Sur le fronton du bâtiment, les inscriptions honneur courage , Dévouement finalisent son caractère solennel.


À partir de septembre 1918, face au grand nombre d’interventions dans les communes limitrophes, un poste de Sapeurs-Pompiers de Paris est implanté sur Levallois, à l’angle des rues Collange et Fazilleau (actuelle Jules-Guesde).
À cette date, les sapeurs-pompiers communaux du département de la Seine sont intégrés dans le corps des Sapeurs-Pompiers de Paris.

AU FIL DU TEMPS
Entre 1939 et 1942, ce centre de secours est déplacé au 155 rue Danton.
En 1967, le régiment des Sapeurs-Pompiers de Paris devient une brigade,  avec pour devise “Sauver ou périr”.

Bien plus tard, avec la restructuration de la ZAC Front-de-Seine, la municipalité décide de programmer la construction d’un nouveau centre de secours pour remplacer celui existant, particulièrement obsolète.
Situé à l’angle de la rue Danton et de l’avenue Georges-Pompidou, il est inauguré en 2003. Il permet aux sapeurs-pompiers de Levallois d’exercer leur mission dans d’excellentes conditions.

Louis Lintz « poilu » et artiste

Le 18 février 1989, la Ville de Levallois a reçu de la famille de Louis LINTZ les dessins qu’il a réalisés pendant la Grande Guerre, alors qu’il était au front. Une œuvre très éclectique à découvrir.

Un levalloisien ordinaire

Louis Lintz est né à Honfleur dans le Calvados en 1879. Employé d’assurance, il vit à Levallois au 4 rue Camille Desmoulins. En 1902, il se marie à Levallois avec Mlle Braun Sara.

Au moment de la déclaration de guerre, en août 1914, il est âgé de 35 ans.

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Les artistes dans la guerre

En avril 1914, l’administration militaire crée le titre de peintres, sculpteurs, graveurs ou architectes  du ministère de la Guerre sous la tutelle du musée de l’Armée. Ce titre est décerné à des artistes « qui consacrent leur activité à la représentation plastique ou graphique de sujets militaires, maritimes et dont le talent lui paraît de nature à contribuer au renom des armées ».

Les premières missions en zone des armées débutent en décembre 1914.

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Louis Lintz, dessine, peint, caricature même différents sujets. Cette série composée de plus de cent vingt dessins est exceptionnelle à plus d’un titre. Elle est le témoignage du vécu d’un soldat au front. Les dessins représentent  des scènes dans lesquelles il vit, combat et parfois péri.

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Son œuvre est très variée. On y apprécie aussi bien des scènes de paysages tranquilles, presque bucoliques parfois, que des scènes de combats ou de paysages dévastés. Certains nous montrent l’organisation d’un télégraphe, d’un retour au camp après une charge, ou le stationnement d’une « saucisse au repos ».

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Certains dessins sont réalisés en noir et blancs, d’autres en couleurs. Parfois avec des « aplats » de couleurs ou des dégradés subtils. On y observe des dessins effectués aussi bien entièrement au crayon noir, d’autres aux crayons de couleur ou a l’encre de chine. Certains sont exécutés avec la technique de l’aquarelle.

Il n’est pas simplement et uniquement observateur mais avant tout acteur, il combat. Petite originalité, il signe sous le pseudo Linz. Les dessins couvrent une longue période de quatre années, 1915-1918. Les scènes illustrent le front dans  les secteurs particuliers du  Nord et de l’Est de la France.

L’importance de ce témoignage visuel est de comprendre la vie du soldat au-delà du discours et de l’imagerie officielle.

Louis Lintz décède à Paris le 13 mars 1947.

L’ensemble de ces dessins est exposé dans la salle de réunion de la Maison du  combattant, 4 rue Camille Pelletan à Levallois

 Les poilus n’aiment pas les dessins de guerre ils leur reprochent de ne point représenter la guerre telle qu’elle est, ni le combattant tel qu’il est. (…)Pour traduire la guerre, aussi bien en peinture qu’en littérature, il faut l’avoir vécue, – et c’est ce qui manque à ces dessinateurs-là. II faut avoir pataugé dans la boue, couru sous des averses de torpilles …

Le Crapouillot, avril 1917

 

 

Hommage à Monsieur Cinéma

Parcours, en images, de l’enfance levalloisienne de Pierre Tchernia.

Né à Paris en 1928 d’un père immigré russe et d’une mère française, Pierre Tchernia a grandi à Levallois.

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Détail d’une photo de classe à laquelle appartenait Pierre (croix blanche)

Enfant, Pierre a fréquenté l’école publique de garçons Anatole France située rue Danton. À cette époque, l’école n’est pas encore mixte. L’école des filles Anatole France se situe rue Marius Aufan.

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Grâce aux registres de recensement, ce document nous apprend que la famille a habité au 40 rue Danton. Sur celui de  1946, Pierre Tchernia (né Tscherniakoffsky) est déjà  étudiant. Il  vit seul avec sa mère depuis le décès de son père en 1943 à Levallois.

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Extrait du registre de recensement de 1946. Immeuble du 30 rue Danton

Très jeune, il a fréquenté la bibliothèque municipale sous le numéro d’inscrit 2000. Voici quelques images de la première bibliothèque municipale, créée au sein de l’Hôtel de Ville.

Observez une vue de la rue Henri Barbusse (anciennement rue du marché), avec la façade du cinéma « Le Magic », lieu où Pierre Tchernia a pu visionner ses premiers films. Son goût pour celui-ci ne le quittera jamais. Il l’a poussé à étudier à l’École Technique de Photographie et de Cinématographie, puis à l’Institut des Hautes Études  Cinématographique.

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Sur la seconde image, c’est à nouveau la façade du « Magic », mais cette fois, avec à l’affiche, le Viager, le premier film que Monsieur « Magic ciné » a réalisé en 1972.

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Pierre Tchernia nous a quitté le 08 octobre 2016.

Marcel Cerdan. Une légende « aux mains d’argile » est née il y a 100 ans !

À Levallois, le patronyme de Marcel Cerdan évoque une allée, une rue, un parking, et un Palais des Sports moderne situé près du Front-de-Seine (Il accueille depuis 1991 toutes les grandes manifestations sportives dont certaines sont retransmises à la télévision). Ce nom est avant tout celui d’une légende de la boxe. Les archivistes vous proposent de retracer sa carrière fulgurante.

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Marcel Cerdan « le bombardier marocain » 22 juillet 1916-28 octobre 1949

Marcel Cerdan naît le 22 juillet 1916 à Sidi Bel Abbès en Algérie. En 1922, la famille Cerdan s’établit au Maroc, à Casablanca. Le père de Marcel monte un café-bal. Dans sa salle de danse, il aménage un ring qui est destiné aux exhibitions de boxe de ses quatre fils. Marcel y effectue son premier combat de boxe à l’âge de huit ans. En guise de victoire, il remporte une paire d’espadrilles.

Il connait une forte attirance pour le ballon rond, il est d’ailleurs un ailier de talent. Il sera sélectionné aux cotés de Ben Barek dans la sélection du Maroc et affrontera l’équipe de France pendant la Guerre.

Son père est son manager. En 1933, celui-ci confie son destin sportif à Lucien Roupp. La même année, Marcel dispute son premier combat professionnel contre Gomez à Casablanca. Il n’a que seize ans. Il combat dans la catégorie des Mi-Moyens et il en ressort victorieux aux points. A partir de ce moment, il enchaine les combats sans jamais être battu.

L’homme, un boxeur de légende

En juillet 1937, à sa majorité (21 ans), Marcel Cerdan signe son contrat avec Lucien Roupp. Il quitte le Maroc pour la France, et s’installe à la Celle-Saint-Cloud au camp d’entraînement du Vélo Club de Levallois. Paul Ruinart, ancien pistard (coureur cycliste), en est le directeur.

Le jeune boxeur talentueux connait sa première défaite le 9 janvier 1939. Cet évènement survient au Albert Hall de Londres, contre Harry Craster par disqualification.

Marcel Cerdan effectue deux carrières : la première en Mi-Moyen (welterweight) et la seconde, en Moyen (middleweight) à partir de 1945. Son palmarès sportif est impressionnant. Il livre 123 combats avec 119 victoires dont 61 par KO.  Il enchaine les titres, 5 fois Champion de France, 4 fois Champion d’Europe, une fois Champion du Monde des poids moyens en 1948. Il est surnommé « le bombardier marocain » et « The B52 ».

En juillet 1946, il combat contre Williams à Rolland Garros, et malgré une fracture à la main droite, il remporte le match ! Il gagne ainsi son « passeport » pour les USA. 5 mois plus tard, il rencontre Abrams au Madison  à New York. Il gagne aux points et conquiert New York et l’Amérique.

Marcel Cerdan est aussi connu pour sa relation avec la célèbre chanteuse Édith Piaf. Inspirée par cette passion, « la môme » écrira un de ses grands succès l’Hymne à l’amour. De façon peut-être prémonitoire, elle l’interprétera pour la première fois en septembre 1949 à New York (il décédera en octobre). Ce bijou de la chanson française sera enregistré en 1950.

Malheureusement, Marcel Cerdan trouve la mort dans un accident d’avion aux Açores le 28 octobre 1949. Il a 33 ans. La France entière porte le deuil et la légende laisse place au mythe.

Rue Marcel Cerdan, à Levallois, un buste en bronze est dédié à la mémoire du boxeur. Il a été réalisé à partir d’une œuvre du sculpteur Lyle Barcey et a été inauguré le 14 novembre 2003. Cet hommage montre aussi l’attachement de la cité levalloisienne à la boxe.

L’homme qui a imaginé Levallois

Cette année 2016 marque les 200 ans de la naissance de Nicolas Eugène Levallois, fondateur de notre Ville. Cet homme est une personnalité d’exception que vous allez découvrir.

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Des origines modestes

Nicolas Eugène Levallois naît le 6 octobre 1816 à Paris. Son père est menuisier et sa mère couturière. Orphelin à 13 ans, il rentre en apprentissage chez son oncle, menuisier. De ce métier il gardera un réseau d’anciens camarades qu’il entraînera avec lui dans la construction du village. Doté d’un sens inné des affaires et du contact, il devient marchand de vins à Paris en 1841.

Au mariage de Poccard, menuisier comme lui, Nicolas Levallois y retrouve un ancien camarade, Fazillau. Celui-ci a acquis une parcelle à la Vigne-aux-Prêtres, de l’autre côté des fortifications, à Étienne Noël. Ce dernier a hérité d’une propriété représentant plus de la moitié du territoire de la future commune. Pour l’heure, il vend au fur et à mesure des parcelles de sa propriété, lui assurant ainsi un placement rentable à long terme.

Fazillau invite son ami à visiter l’endroit et à l’imiter. Nicolas Levallois se rend vite compte de l’occasion qui s’offre. Il acquiert une parcelle à l’angle des anciens chemins de Courcelles (rue du Président Wilson) et du Bois (rue Jean-Jaurès).

À la même période, François Cavé organise la visite de la corvette royale « Le Chaptal ». Les Parisiens y sont attirés pour leurs promenades. Nicolas Levallois s’en inspire et ouvre une guinguette. Échappant ainsi aux droits d’octroi, le prix des consommations ne pouvait qu’attirer le badaud.

Intelligent et visionnaire

Ainsi, Étienne Noël, convaincu de l’efficacité et de l’intelligence de l’ancien artisan, décide de lui confier le lotissement et la vente de ses propres terrains en 1845. Il découpe les parcelles à vendre en petits terrains afin de ne pas reproduire l’une des raisons de l’échec de Jean-Jacques Perret, des terrains trop chers.

Avec un géomètre, il trace les rues et places du village.  Levallois a gardé sa trame particulière, faite de rues perpendiculaires traversant l’ensemble de son territoire.

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Plan du village de Levallois en 1853

Un village est né !

Moins d’un an après son arrivée, Nicolas Levallois obtient la reconnaissance officielle de l’existence du «village Levallois » par le Conseil municipal de Clichy dont il dépend administrativement.

Il s’active à obtenir auprès des nouveaux acquéreurs l’ouverture et le pavage des rues ainsi que les équipements de base du village.  À coup de souscriptions, de pétitions ou même de loteries, Nicolas Levallois réussit à développer son village d’artisans. Mais ce système trouve ses limites. Levallois poursuit le lotissement des terrains d’autres propriétaires fonciers et planifie la future ville.

Pourtant devant l’accroissement rapide de la population, les nouveaux habitants veulent leur propre indépendance. Ils signent plusieurs pétitions en ce sens.

Le 30 juin 1866, Napoléon III promulgue la loi de création de la commune de Levallois-Perret, résultant de la réunion d’une partie des territoires des deux villes voisines…

Cette création est effective au 1er janvier 1867.

C’est la consécration pour Nicolas Levallois. Mais cette réussite suscite polémiques et jalousies.

Après 1867, l’homme qui a réussi à faire reconnaître l’existence de « sa » commune et à lui faire attribuer son propre nom, n’y joue plus qu’un rôle mineur.

Ancien membre du Conseil municipal de Clichy depuis 1850, il n’appartient pas au nouveau Conseil municipal.

Toutes ses propositions sont désormais écartées …

Pire, le 27 octobre 1870, le Conseil municipal émet le vœu d’abandonner le nom de Levallois et d’adopter celui de Courcelles.

Nicolas Levallois décède le 15 septembre 1879. Il est inhumé au cimetière municipal. Sa tombe, entretenue par la Ville, porte comme épitaphe « Sa mémoire est dans son œuvre ».