« Inconnu à cette adresse ! »

Vous imaginez-vous écrire à un correspondant aux adresses suivantes : 5 chemin des cailloux, 12 rue des champs, 8 rue des frères HEBERT, 24 rue Eugénie, ou encore 28 rue du bois, à Levallois ? Et pourtant ! Ce sont des rues que vous connaissez, peut-être même y demeurez-vous, ou y connaissez-vous quelqu’un. Il s’agit de rues qui ont changé de nom au cours de l’histoire de notre ville.

La rue du Bois

La rue du Bois est l’une des voies les plus anciennes de Levallois, et elle traverse tout le territoire de la commune. Elle est déjà visible sur la carte des Chasses de 1764 (un siècle avant la création de Levallois). Entre 1848 et 1854 des travaux permettent à la rue du Bois de se doter d’un pavage, de caniveaux et de trottoirs. C’est le long de cette voie que Nicolas LEVALLOIS effectue ses premières ventes de terrains. Il y a installé son bureau à l’angle de cette rue et du chemin de Courcelles (actuelle rue du Président Wilson).

Au numéro 102 se trouvait la « Congrégation des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul ». C’était un établissement qui avait la garde des enfants des ouvrières de la parfumerie Gellé Frères, elle aussi installée rue du Bois. Quelques numéros plus loin, au numéro 163 se trouvait l’œuvre de bienfaisance « Les petites Sœurs des Pauvres de l’Assomption » depuis 1875.

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La rue du Bois change de nom en août 1914, au décès de Jean-JAURES. Député et fondateur du parti socialiste français, il est assassiné le 31 juillet 1914 dans un café à Paris. La rue du Bois devient ainsi la rue Jean JAURES.

La rue des Champs

Antonin RAYNAUD (industriel et maire de Levallois de 1888 à 1890), propriétaire de la parfumerie ORIZA-LEGRAND,  installe son usine dans l’ancienne ferme de Courcelles. Cette rue porte le nom de « rue des champs ». Elle est percée dans le prolongement de la rue Poccard (actuellement Gabriel-Péri) au delà de la Planchette.

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Par une délibération du 23 novembre 1945, le Conseil municipal la rebaptise rue Marie-Jeanne BASSOT. Ceci en hommage à la fondatrice de la Résidence sociale de Levallois  décédée en 1935.

La rue des Champs devenue rue Marie-Jeanne Bassot change à nouveau de nom suite à une délibération du 11 décembre 1989, et devient avenue de l’Europe, coupée par une place qui a conservé le nom de M.J.BASSOT.

La rue Eugénie

Coïncidence ou force du destin, Jean-Jacques PERRET achète des terrains au hameau de Champerret (ou champ pierreux, qui constitue une partie du futur village Levallois). Il divise  ses terrains en deux pour se construire sur la partie Nord une grande villa et conserve les terrains de la partie Sud. En 1822, il y tente une opération de lotissement de soixante terrains sur vingt hectares. Son objectif est de vendre de grandes parcelles pour l’édification de résidence de luxe.

Le nom « Eugénie » donné à cette voie aurait un double sens : les promoteurs du village Levallois sont pour la plupart des bonapartistes. L’épouse de Louis-Napoléon BONAPARTE se prénomme Eugénie (Eugénie DE MONTIJO, Comtesse de Teba). D’autre part, la fille de Jean-Jacques PERRET s’appelle elle aussi Eugénie.

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Cette rue est macadamisée vers 1860. Du fait de son entretien trop onéreux, en 1895 elle est repavée avec les pavés d’autres rues refaites à neuf. Elle devient rue DANTON en 1883.

Le chemin des Cailloux

Le chemin des Cailloux venait du Guichet (une grande propriété de Clichy) et descendait jusqu’aux Gallipeaux (une remise à gibier). En 1837 la ligne de chemin de fer de Paris-Saint-Germain En Laye avait coupé ce chemin. Cinq années plus tard, soutenus par le Conseil municipal de Clichy, les habitants demandèrent sa réouverture auprès de la Compagnie.

La partie qui dépend aujourd’hui de Levallois, devient la rue de Metz en 1884. Au-delà de la route d’Argenteuil (actuelle rue Victor-Hugo), ce chemin se rétrécit en direction du hameau « les Gallipeaux ».

Le chemin des Cailloux est la future rue d’Alsace, percée dans les années 1870 pour desservir différents terrains. L’histoire quotidienne de ces rues nous échappe. Toujours est-il, qu’il a fallu une pétition des habitants de ce quartier en mai 1884 afin qu’il obtienne une borne-fontaine.  Au 39 de la rue d’Alsace vers 1886 le bal Chavannis bat son plein.

Au début des années 1970, dans le cadre de la rénovation urbaine du secteur IX, la rue d’Alsace devient une grande avenue, allant de la rue du Président WILSON à la rue Victor HUGO. Auparavant, celle-ci commençait à la rue Jules GUESDE et était bordée d’immeubles insalubres.

La rue des frères HEBERT

Les deux frères HEBERT (Julien et Prosper, respectivement menuisier et marchand de vin) sont des amis de Nicolas LEVALLOIS. Dès 1845, comme leur ami , et sans doute par son entremise, ils font partie des premiers acheteurs de parcelles dans le lotissement de la vigne aux Prêtres qui, l’année suivante reçoit le nom de village de Levallois.

Pour leur montrer sa considération, comme à son habitude, Nicolas LEVALLOIS donne leur nom de leur vivant à l’une des premières rues du village. Comme le veulent les us et coutumes de l’époque, (les rues portaient souvent le nom de propriétaires importants) plusieurs de ses amis ont également leur rue: FAZILLAU, GRAVEL, MARTINVAL, JABLOT, TREZEL, BELLANGER, POCCARD, VALENTIN… l’église Saint-Justin vient du prénom de son épouse qui est masculinisé pour l’occasion. Ce n’est pas si étonnant, car n’a t-on pas donné son nom au village !

La rue des frères HEBERT part du chemin du Bois et s’arrête au chemin de Villiers. En 1864, elle est prolongée jusqu’à la rue Saint-Eloi (actuelle rue COLLANGE). Cela ne vous aide pas à deviner son nom actuel ? Je vous donne donc des indices : coté Sud, on trouve les murs des ateliers Eiffel, cette rue comporte à cette époque 137 numéros impairs, 102 numéros pairs, finissant coté Seine. Cette rue est mêlée à la religion, mais aussi à l’éducation. En effet, , la première école de Levallois est aménagée en 1861 entre la rue JABLOT (rue RIVAY) et la rue des frères HEBERT (non, je ne vous le dis pas encore).

Dans cette rue, nous avons pu y trouver : un commissariat de police, le trésor public, deux écoles de danse, une école, un collège, différents commerces et artisans…

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Elle  change de nom en 1927, sous l’impulsion du maire Louis-ROUQUIER. Elle est rebaptisée rue Édouard-Vaillant (socialiste français né à Vierzon en 1840, et décédé en 1915).

À suivre…

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Une spiritualité lumineuse et colorée

Sainte-Bernadette est l’une des trois églises de la paroisse catholique de Levallois-Perret qui compte également Saint-Justin et Sainte- Reine. Située au 3 rue Ernest Cognacq, elle célèbre cette année ses 60 ans d’existence.

Une histoire récente

 L’Église Sainte-Bernadette a été construite en 1959 dans le cadre des chantiers du Cardinal, créés en 1931 par le cardinal Verdier afin de répondre à trois défis : les lois de séparation des Églises et de l’État de 1905, la crise économique et sociale de 1929 et la croissance rapide de Paris et sa région due à une immigration massive.

En effet, l’Église de Saint-Justin ne peut plus accueillir tous les fidèles de Levallois. Ainsi des nouveaux lieux de culte sont nécessaires. L’Église Sainte-Reine est construite (en 1956) près de Clichy-la-Garenne. Il est donc nécessaire d’en créer une côté Neuilly. La paroisse de Levallois dispose de terrains à proximité de la place de la Libération et de la Compagnie Saint-Gobain.

À cette époque, Saint-Gobain connait un important développement et ses bureaux sont disséminés dans Paris. Elle cherche à regrouper en un lieu unique ses services. Le choix se porte sur des terrains de part et d’autre de la rue de Villiers.

La Compagnie Saint-Gobain propose à la paroisse un échange de terrains et le financement de la construction de l’Église située au 3 rue Ernest Cognacq.

Les plans de la future église sont dressés en 1958 par les architectes de Saint-Gobain, MM. Bonnin et Gardet. Leur choix se porte sur l’alliance du béton et du verre qui est la spécialité de leur entreprise. La première pierre est posée le 25 janvier 1959 par Mgr Guilhem, archidiacre de Paris.

L’église est consacrée le 15 novembre 1959 à Sainte-Bernadette, en souvenir du premier centenaire des apparitions de Lourdes.

Bernadette Soubirous

Née le 7 janvier 1844 au pied du château fort de Lourdes, Bernadette Soubirous connaît une enfance malheureuse. Pauvre, chétive et asthmatique à la suite d’une épidémie de choléra, elle est placée par ses parents en 1857 à Bartrès, petit village près de Lourdes. En janvier 1858, Bernadette est accueillie à l’Hospice de Lourdes dirigé par les sœurs de la Charité de Nevers pour y apprendre à lire et à écrire afin de préparer sa première communion.bernadette-soubirous-5

Du 11 février au 16 juillet 1858, la vierge lui apparaîtra à 18 reprises. Le sommet de toutes ces apparitions sera le jeudi 25 mars 1858, fête de l’Annonciation où la Vierge Marie se présentera à elle comme étant l’Immaculée Conception.

Après ses évènements, Bernadette doit se prêter à de nombreux interrogatoires, parfois pénibles, de la part des autorités ecclésiastiques et civiles. Chargée de « transmettre le message de la Vierge et non de le faire croire », elle résistera aux accusations multiples de ses contemporains.

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En 1860, elle est admise à Lourdes comme pensionnaire à l’hospice des Sœurs de la Charité, elle s’y montre simple, docile, pleine d’entrain et de gaieté. En 1866, elle prend l’habit dans la congrégation des Sœurs de la Charité et reçoit le nom de sœur Marie-Bernard. En octobre 1867, elle fait sa profession religieuse. Le 16 avril 1879, après avoir été alitée durant de longs mois, elle meurt à 35 ans, en murmurant : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse. »

Elle sera béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933.

Une architecture peu commune

L’Église, de plan longitudinal, est orientée au Sud. Elle est composée d’un seul vaisseau et son chevet est plat. La façade principale, quadrangulaire est percée d’une porte à laquelle on accède par une volée de marches. La façade est ornée de vitraux et flanquée d’un pylône monumental en béton en forme de croix, plus élevé que l’église. Le mur latéral sud est percé d’une porte et de vitraux, œuvre de  Max Ingrand sur toute sa longueur.

L’église est couverte d’une toiture en terrasse et elle ne dispose pas de cloche.

L’édifice comprend deux niveaux, la nef se situant au second. Actuellement, l’édifice comprend deux autels.

Le vitrail a longtemps eu une fonction pédagogique. Au Moyen-âge, la plus grande partie de la population ne sait ni lire ni écrire. Comment lui faire connaitre la bible ? Le pape Grégoire le Grand met en avant la fonction pédagogique de l’image qui se déploie dans les églises. Le vitrail pourrait se définir comme un ensemble de bandes dessinées.

Les vitraux de Max Ingrand

« Ouverture de lumière divine dans l’Église », le vitrail, en plus de sa fonction pédagogique mise en avant par le pape Grégoire le Grand au XIe siècle, s’inscrit dans le sacré de l’édifice.

Techniquement, c’est un ensemble de pièces de verres épaisses découpées en différentes formes et maintenues entre elles par un réseau de plombs appelé résille. Un grand maître verrier se reconnaît à l’effet de lumière créé.

Maurice Ernest Ingrand, dit Max Ingrand naît le 8 décembre 1908. Après des études secondaires à Chartres, il fréquente de 1925 à 1927 l’école nationale supérieure des Arts décoratifs et rencontre Paule Rouquié qu’il épouse en 1931.

Jusqu’en 1939, le couple collabore à la décoration du paquebot Normandie et réalise ensemble la décoration et les vitraux monumentaux de l’église Sainte-Agnès de Maisons-Alfort, église de style art Déco classée depuis Monument historique.

Leurs œuvres sont présentées dans le Pavillon de la Presse et la Pavillon Pontifical à l’Exposition des Arts et Techniques de 1937. Max Ingrand figure parmi les lauréats d’un projet de douze verrières pour Notre-Dame de Paris qui est alors présenté. En 1938, le couple réalise une œuvre exceptionnelle à Bruxelles dans l’hôtel du baron Empain.

Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier et envoyé dans un oflag de Silésie, Max Ingrand y découvre son talent de peintre. Dès 1945, il reprend son travail de maître-verrier. Du fait de la guerre, des milliers de vitraux doivent être restaurés ou remplacés et son entreprise devient florissante.

Il est également l’un des principaux collaborateurs des Monuments historiques.

M.Ingrand réalise entre autres, les fontaines lumineuses du Rond-Point des Champs-Élysées et la fontaine de la place Victor-Hugo.

En 1956, il entreprend une verrière de 1046 m² pour habiller l’église d’Yvetot. Il accumule les chantiers de décoration : hall d’entrée de la RTF, immeuble Peugeot avenue de la Grande Armée à Paris, piscine du paquebot France, fontaines des Champs Elysées.

Il décède à l’hôpital de Neuilly à la suite d’une mauvaise grippe en aout 1969.

Le vitrail de Sainte-Bernadette joue avec le soleil, la lumière court sur toute sa longueur comme pour évoquer une certaine progression spirituelle. Il transforme ce lieu de culte en véritable kaléidoscope. Le vitrail est ponctué d’oiseaux stylisés, de nuages et d’étoiles.

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Article coécrit avec Xavier Theret

Repas de fêtes à Levallois au début du XXème siècle.

Au début du XXème siècle comme aujourd’hui, il fallait bien remplir, non pas son frigo, mais ses placards, ou « se faire un p’tit resto ». Le mois de décembre est connu pour être le mois des repas festifs. Je vous invite à un retour dans le Levallois gourmand du début XXe siècle pour déguster un repas préparé, soit par vos commerçants préférés, soit par vos restaurateurs. Depuis toujours l’alimentation a joué un grand rôle à Levallois. Sur un plan économique, la ville, de par sa situation géographique par rapport à Paris est un lieu où se concentrent les usines alimentaires, les entrepôts de comestibles, les magasins  et les marchés.

Préparez vos papilles !

Une petite aide pour « faire soi-même ».

Si l’on n’envisage pas de se rendre au restaurant, ou de faire appel à un traiteur (si ! c’était possible à cette époque), une seule solution : faire soi-même, et donc cela implique de faire des courses.

Allez au marché !

En ce début de XXe siècle, il existe deux marchés où s’approvisionner en denrées alimentaires sur la ville. Le premier se situe à la place de l’actuel marché place Henri Barbusse. Il présente déjà l’avantage d’être couvert, et est ouvert 3 matinées par semaine.

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Le second marché, consacré aussi aux produits de bouche (ainsi qu’au fourrage, ou nourriture pour les animaux), est installé place Châteaudun (l’actuelle Place Jean-Zay). Ces marchés se caractérisent par une abondance et une variété de produits provenant de l’ensemble de la France. Les marchés levalloisiens ont si bonne réputation pour la qualité des aliments que les habitants des communes voisines viennent s’y approvisionner.

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Et si vous n’y avez pas trouvé votre bonheur…

Allez aux magasins !

Si de nos jours, le commerce de proximité est très présent sur la ville, il en était de même avant la Première Guerre mondiale. À l’évocation d’anciens magasins de type épicerie, le nom de Félix Potin revient inlassablement dans la mémoire collective. Mais il faut rappeler un destin similaire à Monsieur Potin : celui de Julien Damoy. Ce dernier naît en 1844 dans le département de l’Eure. Assez tôt, il anticipe l’envol de la consommation et le développement des magasins de détails. Julien DAMOY fonde une société en 1884 à Paris, boulevard de Sébastopol. Il révolutionne les habitudes, comme son concurrent Félix Potin, en assurant l’emballage de produits sous sa propre marque, et en disposant de ses propres usines –entrepôts et magasins. Il commercialise tous types d’articles comme le chocolat, le  fromage, la confiture… Et surtout, il organise un réseau de succursales partout en France.

À Levallois, la marque dispose d’une importante usine d’où sortent annuellement plus de 150 000 boîtes de légumes et de fruits. Les entrepôts levalloisiens ravitaillent Paris et sa région et occupent 90 employés et ouvriers.AC92044_1Fi1488

La seule trace de cette époque encore présente est l’immeuble à l’angle de la rue Henri Barbusse et de la rue Trébois. En 1905, l’architecte L. Meunier et l’entrepreneur E.Lavaud y construisent un immeuble, mitoyen à celui des établissements d’ A. Petit qui est sur la rue Trébois. Le rez-de-chaussée de ces deux immeubles abrite l’épicerie Damoy. En effet, il rachète les établissements A. Petit créés en 1887. L’intérêt architectural de ce bâtiment réside dans l’ornement de sculptures, guirlandes et chutes de fruits et fleurs. Les mosaïques indiquent la nature de produits vendus comme les vins fins, fruits, gibier … L’enseigne Julien Damoy ira jusqu’à implanter un pavillon à son nom à l’exposition coloniale internationale de Paris en 1931. Cette marque disparaît vers les années 1970.

Et si finalement, vous avez envie de vous faire servir…

Allez au restaurant ou faites appel à un traiteur !

Là encore, la ville disposait d’un grand nombre de cafés et restaurants. En 1904, selon l’annuaire, ils sont plus de 35. Certains ont une grande réputation auprès des Parisiens, notamment ceux situés sur l’Ile de la Grande Jatte, comme le Petit Poucet (qui existe toujours), le Moulin rouge ou l’Artilleur. Le cadre est idyllique pour le repas dominical en bordure de Seine.

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Par ailleurs, il existe l’un des tous premiers restaurants créé sur Levallois en 1862 (rappelons que Levallois n’existe que depuis 1867).  Il s’agit du « restaurant de Courcelles » situé au numéro 41 de la rue éponyme (actuelle rue du Président-Wilson).

restaurant Jehlen bisIl est fondé par A. Jehlen. Ce restaurant est dans la lignée des bistrots parisiens et offre une cuisine raffinée dite « bourgeoise » avec une cave recommandée.

Les affaires tournent si bien qu’un second restaurant est ouvert en 1908 rue de Gravel (rue Aristide-Briand). L’établissement présente l’avantage de disposer d’une salle de billard mais aussi d’une vaste salle pouvant accueillir  300 personnes pour organiser des noces et banquets. Ce restaurant devient le haut lieu de la vie levalloisienne avec la succession de banquets annuels et bals organisés tout au long de l’année.

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Mais il existait bien d’autres restaurants avec des spécialités selon l’origine géographique du restaurateur.

Pas envie de sortir ? Achetez vos petits fours à la Société Parisienne des Biscuits Millez, ou faites vous livrer à domicile. Christinet, situé à Paris place Pereire livre à domicile, et dans tout Levallois !

Pour les fêtes de fin d’année, au début du XX ème siècle, vous aviez l’embarras du choix !

 Article écrit avec les recherches de Xavier Theret

La magie des fêtes grâce à la fée électricité

Si aujourd’hui il suffit d’appuyer sur un bouton ou d’insérer une prise électrique pour avoir de la lumière, il n’en a pas toujours été de même. Lorsque nous avons besoin d’électricité, celle-ci semble être à disposition, inépuisable, presque là par enchantement, à tel point que l’on ne se pose pas vraiment de questions. L’électricité est venue éclairer les Levalloisiens en 1894, cela a été une véritable révolution, mais nous étions encore loin de pouvoir envisager, et même imaginer les illuminations qui apportent toute la féerie aux fêtes de fin d’année.

Petit saut dans l’Histoire

On peut estimer que nous devons à Louis XIV l’apparition de l’éclairage public en France que nous connaissons aujourd’hui. Auparavant l’éclairage des rues ne reposait que sur quelques chandelles que l’on recommandait de placer au premier étage des maisons bourgeoises. En 1667, lorsque Nicolas de la Reynie est nommé lieutenant général de la police, il décide de renforcer les mesures de sécurité et de surveillance policière. Il fait suspendre une lanterne à chaque coin et milieu de rue  de Paris. Cette date marque le début de la pose de lanternes d’éclairage public dans les rues de Paris. Cet usage se généralisa rapidement à toutes les villes de France. L’allumage des lampes se fait alors par des habitants désignés annuellement par les autorités, chacun dans son quartier, aux heures définies  (et un commis supplémentaire dans chaque quartier pour avertir de l’heure). L’éclairage public passe alors à la charge de l’État moyennant une redevance par habitant. L’éclairage public est né !

Une production bien utile mais encore archaïque

En 1785, les travaux des ingénieurs français Philippe Lebon (nouvelle fenêtre) et anglais William Murdoch(nouvelle fenêtre) contribuent à la découverte du gaz d’éclairage.

La fabrication et la consommation du gaz de houille augmente et l’éclairage public est progressivement assuré par becs de gaz(nouvelle fenêtre) en remplacement des lanternes à huile. Les particuliers, et surtout les propriétaires de magasins, recourent, en grand nombre, à ce nouveau système d’éclairage.

Dès 1867 (date de la création de notre commune) la ville est liée à  » La Compagnie Parisienne d’Eclairage et de Chauffage par le Gaz ».

L’éclairage urbain est assuré à la fois par le gaz, mais aussi dans certains quartiers par l’huile minérale. Ce dernier procédé ne satisfait pas les usagers et les industriels. En 1884 plusieurs courriers sont adressés au Maire afin qu’une amélioration soit rapidement apportée.

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Proposition de M. TOUZET, conseiller municipal pour remplacer les lampes à huile de l’éclairage urbain par des lampes à gaz. 23 Aout 1884.

En 1896, certains industriels continuent de se plaindre du peu d’éclairage fournit par les lampes à huile, alors que Levallois est majoritairement équipé de lampes à gaz, mais commence aussi à bénéficier d’équipements électriques. Cela peut paraitre paradoxale, car Levallois produit et fournit de l’électricité pour Paris depuis 1893. L’usine principale de production se situe à Levallois au 55-57 rue Greffülhe, à l’angle de la rue de Villiers et du quai Charles-Pasqua. Cette usine fournit le secteur des Champs-Elysées (il couvre la partie Ouest de Paris intra muros : l’Ouest des 8ème et 17ème arrondissement, et le 16ème en entier). En 1910 la Compagnie d’éclairage électrique du secteur des Champs-Elysées devient la plus importante de Paris. Le secteur compte alors 19 325 abonnés.

Une invention lumineuse

Inventée par Joseph Wilson Swan  (au Royaume-Uni), la première lampe à incandescence apparait en  1879, mais n’est toutefois que très peu exploitée à ses débuts. En effet, la technologie de ces lampes n’est pas encore au point. Ce n’est que grâce aux améliorations apportées par Thomas Edison(nouvelle fenêtre) que l’éclairage à l’électricité rivalise avec l’éclairage au gaz. Les lanternes électriques utilisant des lampes à incandescence remplacent peu à peu les lanternes au gaz. Les dernières lanternes au gaz disparaissent en France au milieu des années 1960.

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Cahier des charges de l’établissement Eschieret, Fuchs et Frères – 1894.

En 1888, le Conseil municipal de Levallois délibère à propos de l’installation de l’électricité pour l’éclairage public. En 1893, après la mise au point de différents cahiers des charges, une convention est signée entre la Ville (représentée par Mr Trébois, Maire de l’époque) et la société Eschieret, Fuchs et Frères (électriciens à Levallois- 31 rue Poccard actuellement rue Gabriel Péri).

Le 22 mars 1894, cette convention est contresignée par le Préfet (à l’époque Monsieur Poubelle… Oui oui, celui-là même !)

Le service des archives municipales possède des documents qui retracent cette période de transition. Nous savons notamment que 50 lampes à arc remplaceront 174 becs de gaz, que 400 lampes à incandescence remplaceront 400 becs de gaz, et que 56 lampes à incandescence prendront la place de 56 lampes à l’huile.

Cette révolution technologique permet même d’illuminer l’Hôtel de Ville à l’occasion de son inauguration.

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Facture d’éclairage pour les fêtes d’inauguration de l’Hotel de Ville – 1898

Désormais, toutes les folies sont permises ! Outre l’éclairage quotidien des rues, places et jardins, des illuminations ponctuelles font leur apparition, notamment les fameuses illuminations des fêtes de fin d’année.

A Levallois, cela fait des décennies que nos rues, places et monuments sont illuminés à cette occasion. (4500 ampoules sont nécessaires pour illuminer l’Hôtel de Ville)

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Illuminations hiver 2003

La technologie continue d’évoluer, ainsi aujourd’hui nous sommes enchantés par des créations qui émerveillent petits et grands, qui donnent un coté féérique à la nuit, et qui utilisent non plus des ampoules à incandescence, mais des LED « light-emitting-diode » (diode électroluminescente) . Grâce à cette avancée, 70% d’économie d’énergie est réalisé.

Quelques autres belles photos pour prolonger la rêverie…

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Merci à Monsieur Eric Daudignon (services techniques de la ville de Levallois) pour ses éclairantes informations !