Bonne et heureuse Année !

Les cartes de vœux, entre tradition et modernité

La tradition d’envoyer ses souhaits à l’occasion de la nouvelle année sur une carte de vœux est une pratique relativement récente.

Elle naît  en Grande-Bretagne avant de se répandre dans le monde. Tout commence en Angleterre vers le début des années 1840 avec l’apparition de la première carte postale.

La découverte du procédé de lithographie démocratise l’envoi des cartes de Noël, cartes en couleurs décorées de gui, de houx, de crèches ou encore de sapins enneigés.

Ainsi, ces cartes, que l’on envoie durant la période de l’Avent, ont pour fonction de souhaiter un Joyeux Noël à son entourage, et peuvent, à l’occasion, servir également à envoyer ses vœux pour la nouvelle année.
Cette coutume anglaise se répand dans toute l’Europe, et il devient de bon ton en France d’envoyer une « carte de Noël ».  Progressivement, les cartes sont utilisées pour souhaiter la nouvelle année.

Coutumes françaises…

Il existait en France une coutume ancestrale aujourd’hui oubliée et dont ne subsiste que la tradition des étrennes : les visites du nouvel an.

De façon tout à fait rituelle et formalisée, on rendait visite, dans les quinze jours qui suivaient le 1er janvier, à son entourage proche, famille et amis, dont on avait à cœur d’embellir ces jours festifs par des marques d’amitié.

Mais la Révolution française abolit la tradition des étrennes et  du jour de l’An dans le calendrier afin de « déchristianiser » la vie quotidienne du citoyen. Pire, ces pratiques peuvent faire l’objet de poursuites. Puis, peu à peu, l’usage revient de se souhaiter la bonne et heureuse année.

Pour autant, ces visites quasi obligatoires étant perçues comme très contraignantes par beaucoup de gens, l’usage apparaît de les remplacer par un passage éclair au domicile de la personne et la remise au concierge d’une carte de visite agrémentée de vœux. Parallèlement à cet usage attesté par des manuels de savoir-vivre du début du XXème siècle, perdure également la coutume ancestrale de l’envoi de lettres au moment de la nouvelle année.

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On profitait  du prétexte des vœux à souhaiter pour renouer des amitiés distendues, ou se rappeler au bon souvenir de connaissances éloignées. La carte de vœux telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire illustrée et comportant une mention de souhaits, devient peu à peu la meilleure alliée de ces deux pratiques.

Les éditeurs sont prolifiques sur les thématiques et des modes s’installent.

Levallois n’a pas été oublié, et les éditeurs s’en sont donnés à cœur joie.

Et aujourd’hui ?

Avec l’avènement de l’informatique et des téléphones portables, il est devenu courant de présenter ses vœux par SMS ou mail. Et si ce moyen semble impersonnel, il est  possible d’ opter pour une carte virtuelle. Mais pour les inconditionnels que la carte papier rassure, le papier glacé n’est pas en voie de disparition, toujours durable et précieux. Les cartes écrites à la main ont encore du succès.

 Certains pays restent très attachés à l’envoi papier, notamment les pays anglo-saxons.

À cette occasion, les associations caritatives comme l’UNICEF et bien d’autres proposent des cartes de vœux à la vente, ce qui permet à la fois de faire connaître leurs actions à travers le monde, et de trouver des sources de financement complémentaires.

Alors très bonne et heureuse année à tous.

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Louis Lintz « poilu » et artiste

Le 18 février 1989, la Ville de Levallois a reçu de la famille de Louis LINTZ les dessins qu’il a réalisés pendant la Grande Guerre, alors qu’il était au front. Une œuvre très éclectique à découvrir.

Un levalloisien ordinaire

Louis Lintz est né à Honfleur dans le Calvados en 1879. Employé d’assurance, il vit à Levallois au 4 rue Camille Desmoulins. En 1902, il se marie à Levallois avec Mlle Braun Sara.

Au moment de la déclaration de guerre, en août 1914, il est âgé de 35 ans.

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Les artistes dans la guerre

En avril 1914, l’administration militaire crée le titre de peintres, sculpteurs, graveurs ou architectes  du ministère de la Guerre sous la tutelle du musée de l’Armée. Ce titre est décerné à des artistes « qui consacrent leur activité à la représentation plastique ou graphique de sujets militaires, maritimes et dont le talent lui paraît de nature à contribuer au renom des armées ».

Les premières missions en zone des armées débutent en décembre 1914.

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Louis Lintz, dessine, peint, caricature même différents sujets. Cette série composée de plus de cent vingt dessins est exceptionnelle à plus d’un titre. Elle est le témoignage du vécu d’un soldat au front. Les dessins représentent  des scènes dans lesquelles il vit, combat et parfois péri.

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Son œuvre est très variée. On y apprécie aussi bien des scènes de paysages tranquilles, presque bucoliques parfois, que des scènes de combats ou de paysages dévastés. Certains nous montrent l’organisation d’un télégraphe, d’un retour au camp après une charge, ou le stationnement d’une « saucisse au repos ».

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Certains dessins sont réalisés en noir et blancs, d’autres en couleurs. Parfois avec des « aplats » de couleurs ou des dégradés subtils. On y observe des dessins effectués aussi bien entièrement au crayon noir, d’autres aux crayons de couleur ou a l’encre de chine. Certains sont exécutés avec la technique de l’aquarelle.

Il n’est pas simplement et uniquement observateur mais avant tout acteur, il combat. Petite originalité, il signe sous le pseudo Linz. Les dessins couvrent une longue période de quatre années, 1915-1918. Les scènes illustrent le front dans  les secteurs particuliers du  Nord et de l’Est de la France.

L’importance de ce témoignage visuel est de comprendre la vie du soldat au-delà du discours et de l’imagerie officielle.

Louis Lintz décède à Paris le 13 mars 1947.

L’ensemble de ces dessins est exposé dans la salle de réunion de la Maison du  combattant, 4 rue Camille Pelletan à Levallois

 Les poilus n’aiment pas les dessins de guerre ils leur reprochent de ne point représenter la guerre telle qu’elle est, ni le combattant tel qu’il est. (…)Pour traduire la guerre, aussi bien en peinture qu’en littérature, il faut l’avoir vécue, – et c’est ce qui manque à ces dessinateurs-là. II faut avoir pataugé dans la boue, couru sous des averses de torpilles …

Le Crapouillot, avril 1917