Un peu d’histoire au détour d’une promenade

Un peu d’histoire

L’actuel bâtiment qui accueille le club de la Planchette était une des dépendances du château éponyme. Il endossera diverses fonctions.

Le club de la Planchette

En 1846, cet édifice est transformé en usine de produits chimiques, c’est dans ces murs historiques qu’est découverte (par Pierre Joseph Pelletier) puis fabriquée la quinine, célèbre antipaludique.

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De 1925 à 1947, les Levalloisiens peuvent visiter, gratuitement, le musée d’histoire naturelle où les enfants sont régulièrement conduits par leurs instituteurs. Ce musée est la création de jeunes Levalloisiens qui avaient formé, en 1884, l’association des naturalistes de Levallois.

Il renferme des échantillons mondialement connus de tous les règnes de la nature (animal, végétal et minéral), et une bibliothèque scientifique.

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Au premier plan, devant le musée, trône « la fiancée du lion », disparue et probablement fondue pendant la Seconde Guerre mondiale

Avant sa fermeture en 1947, le musée est classé parmi les plus importants musées régionaux d’histoire naturelle. La collection est transférée au musée d’Amiens.

En 1947, la municipalité décide de dédier ce bâtiment à la création d’une crèche. Ce projet n’aboutit pas, et finalement « le petit château de la Planchette » accueille le foyer des anciens. Il reçoit tout « vieux travailleur », pour un repas, un moment de convivialité, une séance de pédicure, une aide vestimentaire, une douche…

En 1980, des travaux de restauration sont lancés, et le club de la Planchette que nous connaissons actuellement est inauguré en 1984.

Lorsque l’on entre dans le parc de la Planchette par la rue du Président Wilson, à l’angle de la rue Paul Vaillant Couturier, on se trouve face au club de la Planchette. De part et d’autre de ce bâtiment, trônent deux statues.

La statue de Louise Michel

Sur la pelouse de gauche, se tient Louise Michel (nouvelle fenêtre), accompagnée d’une petite fille et d’un chat. Cette statue en bronze représente l’institutrice, célèbre de par ses convictions politiques. Révolutionnaire anarchique, elle milite dans l’opposition républicaine et participe activement à la Commune de Paris (nouvelle fenêtre). Cette statue édifiée en mémoire de Louise Michel, inhumée à Levallois, est l’œuvre du sculpteur Émile Derré. Elle est inaugurée dans les jardins de l’hôtel de Ville en 1920, et trouve sa place actuelle en 1998.

La statue de Louise Michel est la seule de Levallois à avoir échappé « aux vendanges de bronze » (réquisition pour refonte des statues pendant la Seconde Guerre mondiale).

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La maternité

« La maternité », baptisée « la tendresse » par son créateur M.Boucher, est une statue en terre cuite qui fait face à celle de Louise Michel.

Cette œuvre a, elle aussi, transité par les jardins de l’hôtel de Ville avant de trouver sa place à l’avant du club de la Planchette en 1985.

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Cette œuvre est un prêt, elle a été exposée au Petit Palais avant de rejoindre nos jolis jardins.

Ces deux statues sont une belle introduction à une agréable ballade dans le plaisant parc de la Planchette. Si la météo est capricieuse, vous pourrez toujours vous mettre à couvert sous le séduisant abri qui se trouve à l’avant du parc.

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Louis Lintz « poilu » et artiste

Le 18 février 1989, la Ville de Levallois a reçu de la famille de Louis LINTZ les dessins qu’il a réalisés pendant la Grande Guerre, alors qu’il était au front. Une œuvre très éclectique à découvrir.

Un levalloisien ordinaire

Louis Lintz est né à Honfleur dans le Calvados en 1879. Employé d’assurance, il vit à Levallois au 4 rue Camille Desmoulins. En 1902, il se marie à Levallois avec Mlle Braun Sara.

Au moment de la déclaration de guerre, en août 1914, il est âgé de 35 ans.

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Les artistes dans la guerre

En avril 1914, l’administration militaire crée le titre de peintres, sculpteurs, graveurs ou architectes  du ministère de la Guerre sous la tutelle du musée de l’Armée. Ce titre est décerné à des artistes « qui consacrent leur activité à la représentation plastique ou graphique de sujets militaires, maritimes et dont le talent lui paraît de nature à contribuer au renom des armées ».

Les premières missions en zone des armées débutent en décembre 1914.

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Louis Lintz, dessine, peint, caricature même différents sujets. Cette série composée de plus de cent vingt dessins est exceptionnelle à plus d’un titre. Elle est le témoignage du vécu d’un soldat au front. Les dessins représentent  des scènes dans lesquelles il vit, combat et parfois péri.

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Son œuvre est très variée. On y apprécie aussi bien des scènes de paysages tranquilles, presque bucoliques parfois, que des scènes de combats ou de paysages dévastés. Certains nous montrent l’organisation d’un télégraphe, d’un retour au camp après une charge, ou le stationnement d’une « saucisse au repos ».

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Certains dessins sont réalisés en noir et blancs, d’autres en couleurs. Parfois avec des « aplats » de couleurs ou des dégradés subtils. On y observe des dessins effectués aussi bien entièrement au crayon noir, d’autres aux crayons de couleur ou a l’encre de chine. Certains sont exécutés avec la technique de l’aquarelle.

Il n’est pas simplement et uniquement observateur mais avant tout acteur, il combat. Petite originalité, il signe sous le pseudo Linz. Les dessins couvrent une longue période de quatre années, 1915-1918. Les scènes illustrent le front dans  les secteurs particuliers du  Nord et de l’Est de la France.

L’importance de ce témoignage visuel est de comprendre la vie du soldat au-delà du discours et de l’imagerie officielle.

Louis Lintz décède à Paris le 13 mars 1947.

L’ensemble de ces dessins est exposé dans la salle de réunion de la Maison du  combattant, 4 rue Camille Pelletan à Levallois

 Les poilus n’aiment pas les dessins de guerre ils leur reprochent de ne point représenter la guerre telle qu’elle est, ni le combattant tel qu’il est. (…)Pour traduire la guerre, aussi bien en peinture qu’en littérature, il faut l’avoir vécue, – et c’est ce qui manque à ces dessinateurs-là. II faut avoir pataugé dans la boue, couru sous des averses de torpilles …

Le Crapouillot, avril 1917