Comme chaque année depuis leur création, les blogs de La Médiathèque sont en pause durant les mois d’été et les rédacteurs mettent leurs claviers au repos. 

Au cours de la saison 2018-2019, nous avons imaginé, écrit et publié plus de 300 articles, qui ont été lus par plus de 3 000 personnes chaque mois. C’est donc aujourd’hui l’occasion de vous remercier, vous lecteurs réguliers et/ou occasionnels, pour vos lectures, votre enthousiasme, votre curiosité, vos suggestions, vos likes, vos commentaires et vos partages de nos articles sur les réseaux.

Nous nous retrouverons à la rentrée, plein de nouvelles idées, de nouvelles rubriques et d’énergie pour une nouvelle saison. Nous vous souhaitons un merveilleux été, épanouissant, formateur, cinéphile, musical, patrimonial, littéraire et numérique !

Le « roi des pâquerettes » a traversé la Manche il y a 110 ans

Premier grand industriel de l’aéronautique, « le roi des pâquerettes », ou « l’homme qui tombe toujours » n’est autre que Louis Blériot, affublé de ces sobriquets suite aux nombreux échecs, chutes et accidents survenus à bord des avions qu’il tente de mettre au point.

Des débuts plus que chaotiques

AC92044_1Fi2077Louis Blériot est né à Cambrai en 1872. Ingénieur de l’école centrale Paris, il est fabricant de phares et accessoires automobiles, lorsqu’il se passionne pour l’aventure aéronautique et tente de construire une machine volante à ailes battantes et moteur à gaz carbonique. En 1905, il s’associe à Gabriel Voisin (pionnier français de l’aéronautique) pour mettre au point un « hydroplane » qui est essayé sur la Seine. Les différents et nombreux essais catastrophiques poussent L.Blériot à abandonner G.Voisin, et il s’installe à Neuilly-sur-Seine.

 

Louis Blériot s’acharne et construit différents appareils. En 1907, les premiers vols, très modestes, ont lieu à bord du Blériot VI (appelé libellule). D’autres tentatives suivent avec différents modèles, mais ils sont tous détruits les uns après les autres. La série d’échecs est si importante, que l’on surnomme L.Blériot « l’homme qui tombe toujours ».

Un défi relevé

En 1909, il construit un nouveau modèle, le Blériot XII et se produit dans de nombreux meetings, afin d’améliorer ses finances. A la même époque, le Daily Mail, journal britannique, organise un concours, et promet une forte somme d’argent au premier qui traversera la Manche en avion. Sévèrement brulé au pied à deux reprises, L. Blériot décide de tenter l’expérience avec le Blériot XI, accompagné de ses béquilles, attachées sous le siège de l’avion. En bon ingénieur qu’il est, et peut-être à cause de ses nombreuses chutes, il installe une poche d’air sous son avion en cas d’amerrissage forcé lors de sa traversée.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pour la première fois, un pilote perd de vue la terre ferme, et navigue « au jugé ». Il éprouve des difficultés à franchir les falaises qui bordent les côtes britanniques, puis distingue un drapeau français, énergiquement agité par un journaliste français qui l’attend. Lors de l’atterrissage, une roue se casse, mais L.Blériot a gagné ! En appui sur ses béquilles, il fête sa victoire.

Le monde entier apprend son exploit, son succès est immense et sert sa publicité. Son retour à Paris provoque une grande liesse, il est porté en triomphe sur les boulevards. Son avion est exposé à Londres, acheté par un journal français et dévoilé au salon aéronautique, avant d’être remis au Conservatoire National des Arts et Métiers.

Il tente d’autres records, est victorieux quelques fois, mais sa trente-deuxième chute, survenue à Constantinople, clôture la période des essais à la fin de 1909.

Atterrissage à Levallois

Pour produire son Blériot XI, notre pilote- aventurier et industriel quitte ses ateliers de Neuilly, devenus trop exigus, et s’installe à Levallois, au 39 route de la Révolte. Longeant les fortifications, elle se situait non loin du périphérique actuel.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Louis Blériot profite de sa nouvelle célébrité et crée son école de pilotage, destinée à une clientèle aisée. Ses avions sont vendus en Russie et en Grande-Bretagne, et ils sont livrables et payables à l’usine de Levallois. L.Blériot garantit une mécanique parfaite, allant jusqu’à assurer aux futurs propriétaires un changement total de pièces en cas d’ennuis. Ses avions sont de plus en plus performants et remportent succès sur succès, partout dans le monde.

700 Blériot XI sont fabriqués entre 1909 et 1913 pour l’armée Française. A la veille de la Première Guerre mondiale, la production des ateliers levalloisiens atteint 800 appareils par ans, et l’entreprise réunit 135 ingénieurs et ouvriers. Lorsque la guerre éclate, les commandes militaires affluent et le secteur aéronautique se réorganise.  L. Blériot reprend la SAPD (société provisoire des aéroplanes Deperdussin) alors en faillite. En 1916, l’entreprise doit s’agrandir et L.Blériot décide de déménager ses usines à Suresnes, l’aventure levalloisienne s’arrête.

Le 1er août 1936, Louis Blériot s’envole définitivement, succombant à une crise cardiaque.

AC92044_1Fi2079