Louis Lintz « poilu » et artiste

Le 18 février 1989, la Ville de Levallois a reçu de la famille de Louis LINTZ les dessins qu’il a réalisés pendant la Grande Guerre, alors qu’il était au front. Une œuvre très éclectique à découvrir.

Un levalloisien ordinaire

Louis Lintz est né à Honfleur dans le Calvados en 1879. Employé d’assurance, il vit à Levallois au 4 rue Camille Desmoulins. En 1902, il se marie à Levallois avec Mlle Braun Sara.

Au moment de la déclaration de guerre, en août 1914, il est âgé de 35 ans.

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Les artistes dans la guerre

En avril 1914, l’administration militaire crée le titre de peintres, sculpteurs, graveurs ou architectes  du ministère de la Guerre sous la tutelle du musée de l’Armée. Ce titre est décerné à des artistes « qui consacrent leur activité à la représentation plastique ou graphique de sujets militaires, maritimes et dont le talent lui paraît de nature à contribuer au renom des armées ».

Les premières missions en zone des armées débutent en décembre 1914.

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Louis Lintz, dessine, peint, caricature même différents sujets. Cette série composée de plus de cent vingt dessins est exceptionnelle à plus d’un titre. Elle est le témoignage du vécu d’un soldat au front. Les dessins représentent  des scènes dans lesquelles il vit, combat et parfois péri.

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Son œuvre est très variée. On y apprécie aussi bien des scènes de paysages tranquilles, presque bucoliques parfois, que des scènes de combats ou de paysages dévastés. Certains nous montrent l’organisation d’un télégraphe, d’un retour au camp après une charge, ou le stationnement d’une « saucisse au repos ».

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Certains dessins sont réalisés en noir et blancs, d’autres en couleurs. Parfois avec des « aplats » de couleurs ou des dégradés subtils. On y observe des dessins effectués aussi bien entièrement au crayon noir, d’autres aux crayons de couleur ou a l’encre de chine. Certains sont exécutés avec la technique de l’aquarelle.

Il n’est pas simplement et uniquement observateur mais avant tout acteur, il combat. Petite originalité, il signe sous le pseudo Linz. Les dessins couvrent une longue période de quatre années, 1915-1918. Les scènes illustrent le front dans  les secteurs particuliers du  Nord et de l’Est de la France.

L’importance de ce témoignage visuel est de comprendre la vie du soldat au-delà du discours et de l’imagerie officielle.

Louis Lintz décède à Paris le 13 mars 1947.

L’ensemble de ces dessins est exposé dans la salle de réunion de la Maison du  combattant, 4 rue Camille Pelletan à Levallois

 Les poilus n’aiment pas les dessins de guerre ils leur reprochent de ne point représenter la guerre telle qu’elle est, ni le combattant tel qu’il est. (…)Pour traduire la guerre, aussi bien en peinture qu’en littérature, il faut l’avoir vécue, – et c’est ce qui manque à ces dessinateurs-là. II faut avoir pataugé dans la boue, couru sous des averses de torpilles …

Le Crapouillot, avril 1917

 

 

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Hommage à Monsieur Cinéma

Parcours, en images, de l’enfance levalloisienne de Pierre Tchernia.

Né à Paris en 1928 d’un père immigré russe et d’une mère française, Pierre Tchernia a grandi à Levallois.

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Détail d’une photo de classe à laquelle appartenait Pierre (croix blanche)

Enfant, Pierre a fréquenté l’école publique de garçons Anatole France située rue Danton. À cette époque, l’école n’est pas encore mixte. L’école des filles Anatole France se situe rue Marius Aufan.

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Grâce aux registres de recensement, ce document nous apprend que la famille a habité au 40 rue Danton. Sur celui de  1946, Pierre Tchernia (né Tscherniakoffsky) est déjà  étudiant. Il  vit seul avec sa mère depuis le décès de son père en 1943 à Levallois.

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Extrait du registre de recensement de 1946. Immeuble du 30 rue Danton

Très jeune, il a fréquenté la bibliothèque municipale sous le numéro d’inscrit 2000. Voici quelques images de la première bibliothèque municipale, créée au sein de l’Hôtel de Ville.

Observez une vue de la rue Henri Barbusse (anciennement rue du marché), avec la façade du cinéma « Le Magic », lieu où Pierre Tchernia a pu visionner ses premiers films. Son goût pour celui-ci ne le quittera jamais. Il l’a poussé à étudier à l’École Technique de Photographie et de Cinématographie, puis à l’Institut des Hautes Études  Cinématographique.

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Sur la seconde image, c’est à nouveau la façade du « Magic », mais cette fois, avec à l’affiche, le Viager, le premier film que Monsieur « Magic ciné » a réalisé en 1972.

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Pierre Tchernia nous a quitté le 08 octobre 2016.