L’homme qui a imaginé Levallois

Cette année 2016 marque les 200 ans de la naissance de Nicolas Eugène Levallois, fondateur de notre Ville. Cet homme est une personnalité d’exception que vous allez découvrir.

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Des origines modestes

Nicolas Eugène Levallois naît le 6 octobre 1816 à Paris. Son père est menuisier et sa mère couturière. Orphelin à 13 ans, il rentre en apprentissage chez son oncle, menuisier. De ce métier il gardera un réseau d’anciens camarades qu’il entraînera avec lui dans la construction du village. Doté d’un sens inné des affaires et du contact, il devient marchand de vins à Paris en 1841.

Au mariage de Poccard, menuisier comme lui, Nicolas Levallois y retrouve un ancien camarade, Fazillau. Celui-ci a acquis une parcelle à la Vigne-aux-Prêtres, de l’autre côté des fortifications, à Étienne Noël. Ce dernier a hérité d’une propriété représentant plus de la moitié du territoire de la future commune. Pour l’heure, il vend au fur et à mesure des parcelles de sa propriété, lui assurant ainsi un placement rentable à long terme.

Fazillau invite son ami à visiter l’endroit et à l’imiter. Nicolas Levallois se rend vite compte de l’occasion qui s’offre. Il acquiert une parcelle à l’angle des anciens chemins de Courcelles (rue du Président Wilson) et du Bois (rue Jean-Jaurès).

À la même période, François Cavé organise la visite de la corvette royale « Le Chaptal ». Les Parisiens y sont attirés pour leurs promenades. Nicolas Levallois s’en inspire et ouvre une guinguette. Échappant ainsi aux droits d’octroi, le prix des consommations ne pouvait qu’attirer le badaud.

Intelligent et visionnaire

Ainsi, Étienne Noël, convaincu de l’efficacité et de l’intelligence de l’ancien artisan, décide de lui confier le lotissement et la vente de ses propres terrains en 1845. Il découpe les parcelles à vendre en petits terrains afin de ne pas reproduire l’une des raisons de l’échec de Jean-Jacques Perret, des terrains trop chers.

Avec un géomètre, il trace les rues et places du village.  Levallois a gardé sa trame particulière, faite de rues perpendiculaires traversant l’ensemble de son territoire.

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Plan du village de Levallois en 1853

Un village est né !

Moins d’un an après son arrivée, Nicolas Levallois obtient la reconnaissance officielle de l’existence du «village Levallois » par le Conseil municipal de Clichy dont il dépend administrativement.

Il s’active à obtenir auprès des nouveaux acquéreurs l’ouverture et le pavage des rues ainsi que les équipements de base du village.  À coup de souscriptions, de pétitions ou même de loteries, Nicolas Levallois réussit à développer son village d’artisans. Mais ce système trouve ses limites. Levallois poursuit le lotissement des terrains d’autres propriétaires fonciers et planifie la future ville.

Pourtant devant l’accroissement rapide de la population, les nouveaux habitants veulent leur propre indépendance. Ils signent plusieurs pétitions en ce sens.

Le 30 juin 1866, Napoléon III promulgue la loi de création de la commune de Levallois-Perret, résultant de la réunion d’une partie des territoires des deux villes voisines…

Cette création est effective au 1er janvier 1867.

C’est la consécration pour Nicolas Levallois. Mais cette réussite suscite polémiques et jalousies.

Après 1867, l’homme qui a réussi à faire reconnaître l’existence de « sa » commune et à lui faire attribuer son propre nom, n’y joue plus qu’un rôle mineur.

Ancien membre du Conseil municipal de Clichy depuis 1850, il n’appartient pas au nouveau Conseil municipal.

Toutes ses propositions sont désormais écartées …

Pire, le 27 octobre 1870, le Conseil municipal émet le vœu d’abandonner le nom de Levallois et d’adopter celui de Courcelles.

Nicolas Levallois décède le 15 septembre 1879. Il est inhumé au cimetière municipal. Sa tombe, entretenue par la Ville, porte comme épitaphe « Sa mémoire est dans son œuvre ».

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