De l’empire mongol à Levallois… Il y a 100 ans naissait un produit que nous connaissons tous !

Il était une fois… l’histoire du yaourt ! Une légende raconte qu’à l’époque de Gengis KHAN, fondateur de l’empire mongol, un de ses cavaliers s’arrêta aux portes du désert, dans un village nouvellement conquis, et demanda de l’eau. Les habitants remplirent sa gourde avec du lait, persuadés qu’il allait s’avarier dans le désert. Mais sous les secousses du galop du cheval et la chaleur, le lait se transforma en une substance blanche que le cavalier apprécia. Le yogurut ou yogurt était né ! Mais quel rapport avec Levallois ?

Naissance des yaourts Danone

À la fin de la Première Guerre mondiale en Espagne, de nombreux enfants souffrent de troubles intestinaux, liés à de mauvaises conditions d’hygiène et à la chaleur. Devant ce constat, Isaac CARASSO, négociant, s’intéresse aux recherches d’Elie METCHNIKOFF, chercheur à l’ Institut Pasteur et prix Nobel en 1908. Celles-ci portent sur les bienfaits des yaourts et des ferments lactiques sur la santé. Le scientifique met notamment en évidence leur utilisation dans le traitement des désordres intestinaux. Isaac CARASSO connaît déjà les vertus du yaourt. Il décide alors de l’introduire en Espagne en y incorporant des ferments lactiques, sur les conseils de médecins. C’est l’Institut Pasteur qui lui fournit les souches.

En 1919, dans un petit atelier à Barcelone, Isaac CARASSO lance la production de yaourts. Ils sont fabriqués avec du lait frais et sont distribués le lendemain. La marque s’appelle alors « Danon », en référence au  surnom catalan de son fils « petit Daniel ». Cependant, un nom propre ne peut être un nom commercial. Le fondateur rajoute alors un « e » pour enregistrer la marque, qui devient « Danone ». En 1923, le Collège des médecins de Barcelone reconnaît officiellement les propriétés du yaourt. Les pots sont vendus en pharmacie sur recommandation des médecins, puis en crémerie.

De Barcelone à Levallois

Après des études de commerce à Marseille et un stage en bactériologie à l’Institut Pasteur, Daniel CARASSO, alors âgé de 20 ans, lance la marque en France en 1929 en créant la Société parisienne du yoghourt Danone. Il donne très vite une nouvelle dimension à l’idée de son père.

L’idée de santé est systématiquement recherchée, les médecins bénéficient de bons gratuits pour un produit qui porte la mention « yoghourt Danone ». La première usine ouvre ses portes en  1932 à  Levallois, rue Louis ROUQUIER. La fabrique se veut délibérément moderniste et hygiéniste.

 

Le marché des crèmeries parisiennes est régulièrement prospecté, des campagnes d’affichage essayent de sortir le yaourt de son ghetto médical et le font timidement prendre place sur les tables du parisien aisé.

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Très vite, d’autres produits sont déclinés. En 1937, Dany, le premier yaourt aux fruits est lancé, les veloutés sont commercialisés en 1963, et les gélifiés en 1966.

Un détour par les états-Unis

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’occupation de la France contraint Daniel CARASSO à se réfugier aux Etats-Unis, où il poursuit le développement de la marque. Il rachète un fabricant de yaourts et lance « Dannon Milk Products ».

De retour en France, D.CARASSO revend sa société américaine, et cherche à renforcer Danone. Avec la libération et l’avènement des « trente glorieuses », le décollage est prompt.

Rapide à consommer, « produit sain et frais », le yaourt bouscule les fins de repas et s’impose comme un dessert économique à part entière. Porté par son succès, Danone modernise et agrandie l’usine de Levallois en rachetant tous les bâtiments mitoyens ou proches de la rue Louis ROUQUIER. Au cours des années 1960, l’entreprise s’emploie à devenir une marque non seulement parisienne, mais présente sur l’ensemble du pays.

Une fusion judicieuse

En 1967, les sociétés Danone et Gervais fusionnent pour s’imposer sur le marché des produits laitiers. Le fabricant de petits-suisses et fromages frais Gervais, outre ses produits laitiers, apporte un important patrimoine immobilier et une bonne implantation en Europe. Danone partage ses yaourts et sa technologie de pointe. Le groupe Gervais-Danone est né ! Des millions de pots dans le monde portent l’adresse de Levallois.

1978 marque la fermeture de l’usine de Levallois, et l’ensemble immobilier est transformé en bureaux. Le siège social du groupe Danone reste quant à lui, à Levallois jusqu’en 2007.

 

 

 

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POISSON D’AVRIL !

Un poisson d’avril est une plaisanterie que l’on fait le 1er Avril à ses connaissances, à ses amis et à sa famille. Pour les enfants, la blague consiste à accrocher un poisson en papier dans le dos des personnes dont ils veulent gentiment se moquer. « Poisson d’avril ! » est aussi l’exclamation que l’on pousse une fois qu’une des plaisanteries est découverte. Il est de coutume de faire des canulars dans les médias, aussi bien presse écrite, que radio, télévision ou sur internet.

J’ai eu envie de vous faire partager des informations sensationnelles sur Levallois, allez savoir si elles sont toutes vraies ?…

Une origine incertaine

La naissance du poisson d’avril reste obscure, mais la tradition festive de personnes qui sont l’objet de farces ou de moqueries existe dans plusieurs cultures, depuis l’antiquité et le Moyen-Âge (notamment avec la fête des fous, en Europe).

Une  hypothèse, couramment reprise par les médias, relie la date du 1er Avril à la réforme calendaire au XVIe siècle. Au Moyen Âge, dans plusieurs villes et régions d’Europe, l’année commençait à des dates variées et correspondait selon le calendrier Julien au Jour de l’an. Le 25 mars notamment était associé la fête de l’Annonciation à Marie avec la tradition de s’échanger des étrennes.

En France, l’année civile débutait à différentes dates selon les provinces mais dans celles où elle commençait le 25 mars, il était courant de prolonger les fêtes mariales jusqu’au 1er Avril. Le roi Charles IX décide, par l’Édit de Roussillon en 1564, que l’année débuterait désormais le 1er Janvier. Le pape Grégoire XIII étend cette mesure à l’ensemble de la chrétienté avec l’adoption du calendrier grégorien en 1582. Selon la légende, beaucoup de personnes eurent des difficultés à s’adapter au nouveau calendrier, d’autres n’étaient pas au courant du changement et continuèrent à célébrer le 1er avril selon l’ancienne tradition. Pour se moquer d’elles, certains profitèrent de l’occasion pour raconter aux étourdis des histoires pour rire et leur remettre de faux poissons correspondant à la fin du carême. Ainsi naquit le fameux poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement.

Il existe d’autres hypothèses, toutes sujettes à controverses. En France, au début du XXe siècle, on s’envoyait de jolies cartes postales toutes ornées d’un poisson d’avril et richement décorées.

Cette coutume de faire des plaisanteries à cette date là s’est répandue dans de nombreux pays: Canada, Etats-Unis, Angleterre, Allemagne, Danemark, Italie, Pologne, Japon, Chine, Russie…

Devez-vous me croire ?

Au long de la courte, mais riche histoire de notre ville, plusieurs évènements se sont produits. Des rencontres sportives improbables, des visites peu protocolaires, des histoires de cœurs méconnues, des rivalités intestines…

Un Empereur chez Nicolas

La loi créant notre commune date du 30 juin 1866, et prend effet le 1er janvier 1867.  Cette « naissance » se fait au détriment de Neuilly, et surtout de Clichy qui perdent chacune une partie de leur territoire. La France est alors un empire, et c’est NAPOLEON III qui en est à sa tête.

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Charles-Louis-Napoléon Bonaparte

Vous n’êtes pas sans savoir que notre commune doit son existence à l’acharnement d’un homme, soutenu par ses compagnons: Nicolas LEVALLOIS, menuisier, marchand de vin, tenancier de guinguette et promoteur. Il bénéficie d’une certaine notoriété, a beaucoup de relations et certains appuis politiques.

Curieux de faire connaissance avec cet homme têtu dont il a entendu parler, Charles-Louis-Napoléon BONAPARTE décide de lui rendre une visite, incognito durant l’été 1866. Très surpris, Nicolas le reconnait rapidement, et sa stupeur ne dure pas. Ils déjeunent ensemble puis l’Empereur (en fait Charles pour ce jour là) demande à Nicolas de lui faire visiter « sa » ville. ils vont jusque sur l’ile de la Jatte, se rafraichissent dans une guinguette et retournent au bureau de Nicolas, rue de Courcelles (actuellement rue du Président Wilson). Grace à un courrier de Nicolas, nous savons qu’ils ont passé la soirée ensemble jusque tard dans la nuit. L’Empereur aurait-il passé la nuit dans un confortable fauteuil de la rue de Courcelles ?

Des harengs et des lapins

Une rivalité existe depuis très longtemps entre les habitants de Levallois, et ceux de Clichy. Peut-être que l’origine de cette rivalité vient du fait que Clichy a subi une perte de territoire pour permettre la naissance de Levallois. Toujours est-il que les rivaux (en plus des confrontations physiques) se sont attribués des sobriquets, qui ont eu court jusqu’après la Seconde Guerre mondiale.

Les habitants de Clichy se sont vus appelés « les lapins » (certainement à cause de Clichy-la-Garenne), et les Levalloisiens étaient, pour leur part des « harengs » ! peut-être parce qu’au port de Levallois on déchargeait des poissons en provenance de Normandie !….

Du « cancan » à Levallois

Si beaucoup d’entre vous connaissent « La Goulue » de nom, un Levalloisien, notable, l’a connu de près, de très près…

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Louise Weber, dite « La Goulue » est née dans un quartier de Clichy, un an avant que celui-ci ne devienne Levallois. Louise est une célèbre danseuse de cancan, meneuse de revue au Moulin rouge, première vedette à inaugurer la scène de l’Olympia, et surtout, elle est l’un des sujets favori de Toulouse-Lautrec.

 

A cette époque, Jean-François Trébois, Maire de Levallois déborde de projets. Il fait construire deux écoles (Jules Ferry et Anatole France), mais surtout, il lance la construction d’un somptueux hôtel de ville.

Il le veut imposant, pourvu d’un clocheton plus haut que celui de l’église, et doté de salons d’honneurs les plus grands du département. Je crois que l’on peut dire qu’il avait une douce folie des grandeurs. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait souhaité une maitresse à la mesure des ses ambitions !

Des asticots dans la Seine

A partir des années 1925, une école de natation transportable et flottante, s’installe aux beaux jours au pont d’Asnières. La clientèle du « bain Masson » est presque exclusivement constituée des bambins de Levallois et d’ Asnières. Les enfants y sont tellement nombreux et serrés que les levalloisiens, qui aiment les formules imagées, l’ont surnommée la « boite d’asticots ». Les mères de ces « asticots » devaient venir chercher de force leurs enfants le soir, pour les faire sortir de ce bain de pleine eau dans la seine. Sous la pression maternelle, le propriétaire des lieux, devait se résoudre, la mort dans l’âme, à fermer à 19 heures et à expulser manu-militari les retardataires.

Quelques années après son ouverture, le « bain Masson » ferme ses portes, suite au décès par noyade de son propriétaire, et certainement aussi, suite à une recrudescence des cas de poliomyélite. Il faudra attendre 1956 pour profiter d’une nouvelle piscine sur le quai Charles Pasqua.

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La piscine découverte du quai Charles Pasqua (ex quai Michelet)

 

Si vous y avez perdu votre latin… et avez besoin d’un éclairage, laissez un petit commentaire, je vous répondrai sans faute !

                                                                                            Deux des « informations » sont fausses…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une ville pleine de copains

Lors de promenades dans des lieux que nous ne connaissons pas, ou mal, nous baptisons les lieux avec ce que nous observons : nous allons parler du chemin avec un arbre sec, du village avec une drôle de grange au toit rouge, de la ruelle où nous avons croisé un chat peu farouche… Il en allait de même à la naissance des villes et villages. Bien souvent les rues étaient baptisées du nom de l’un des propriétaires importants, ou du premier acquéreur dans la voie. Levallois ne fait pas exception à la règle ! Beaucoup de rues portent, ou ont portées les noms de propriétaires et aussi amis de Monsieur Nicolas-LEVALLOIS.

Rue FAZILLAU

Ami de Nicolas-LEVALLOIS et menuisier tout comme lui, monsieur FAZILLAU est l’un des premiers acquéreurs d’une parcelle à « la vigne aux prêtres ». D’une longueur d’un peu moins de 1 500 mètres, cette voie a été ouverte en quatre étapes entre 1843 et 1878. Jusqu’en 1888, cette rue n’est que partiellement viabilisée, au gré des demandes et des moyens des riverains. La chaussée est dans un tel état que la circulation des voitures (attelages, charrettes à bras…) y est très pénible.

Dès 1860, c’est la parfumerie Roger & Gallet qui prend place au sein de cette rue, à proximité de Paris.

Plus tard à l’autre extrémité, la chocolaterie Meunier s’y installe. Elle occupe un grand terrain puisqu’elle se situe aux  angles des rues FAZILLAU, BAUDIN, et des frères HERBERT.

Pour le plus grand mécontentement des riverains, une manufacture de cigares (les cigares Gardot) s’établit au numéro 105. La municipalité doit faire face à de nombreuses plaintes, car les habitants voisins de cette manufacture sont dérangés par l’odeur et la fumée qu’elle dégage.

Très dynamique et marchande, au début du siècle cette rue accueille une brulerie de café, un marchand de fourrage et des ferrailleurs. Petite anecdote, en 1899, cette rue est à la pointe des nouvelles technologies, car aux numéros 128 et 139, se trouvent deux des cinq premiers abonnés au téléphone de Levallois.

La rue FAZILLAU change de nom en 1925, et s’appelle désormais rue Jules GUESDE.

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Vous noterez que le tabac à droite sur les photos, s’il a changé de nom, existe toujours !

Rue de GRAVEL

Encore un ami de Nicolas-LEVALLOIS ! Joseph-GRAVEL est menuisier et échafaudeur… Cette rue est crée en même temps que le village Levallois, et le traverse entièrement sur une longueur d’un peu plus de 1500 mètres. Entre les rues de Villiers et CORMEILLE(Anatole-FRANCE), ce tronçon de la rue s’appelle rue de DRESDE. La voie s’appelle GRAVEL sur toute sa longueur en 1878.

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Elle démarre de la rue de Villiers, longe l’Hôtel de ville, un hôtel des postes, et l’école Jules-FERRY et le restaurant coopératif  « l’étoile bleue »  pour s’arrêter devant la gare. Cette rue sera même empruntée par une ligne de tramway (à traction animale).

Depuis 1932, cette rue porte le nom d’un récipiendaire du prix Nobel de la paix de 1926, ancien Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères : Aristide BRIAND.

Rue SIBOUR

Lorsque Nicolas-LEVALLOIS entreprend le lotissement des terrains de Léon NOEL, un chemin déjà indiqué sur la Carte des Chasses au XVIIIe siècle lui sert de repère pour le percement de cette voie, de la route d’Asnières au chemin de Villiers. Il lui donne le nom du pharmacien PELLETIER (l’inventeur de la Quinine) qui a installé son usine dans les bâtiments de l’ancien château de la Planchette.

On décide de la rebaptiser « rue Sibour » en souvenir de Mgr SIBOUR archevêque de Paris, et ami de Nicolas-LEVALLOIS, qui en 1852 bénit l’église du village. Cinq ans plus tard, il est assassiné par un prêtre réfractaire.

La rue SIBOUR traverse l’ensemble de la commune, parallèlement à la seine.

En 1878, cette rue est à nouveau rebaptisée,  du nom de Baudin.  Nous ignorons s’il s’agit d’un hommage à Alphonse BAUDIN. médecin et homme politique, tué sur une barricade alors qu’il s’opposait au coup d’Etat du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon BONAPARTE ou d’un homonyme propriétaire d’une parcelle attenante à la voie.

Rue FELIX

Jusqu’en 1883 cette rue portait le nom de rue FELIX, encore un menuisier et ami de Nicolas-LEVALLOIS qui participa aussi à la construction du « Village Levallois » en 1845. Il est un des premiers propriétaires du village. La rue Félix fut percée dés 1851 de la rue du Bois (rue Jean-JAURES) à la lisière  du domaine de la Planchette. Elle atteint sa longueur actuelle en trois fois. Dès 1858, le premier tronçon de la rue profite de la création du marché.

La rue FELIX change de nom en 1883, et devient la rue CARNOT, en hommage à cette famille. Lazare CARNOT est un mathématicien et homme politique, père de Sadi et Hippolyte (respectivement physicien et homme politique). Hippolyte-CARNOT est le père de Marie François Sadi CARNOT qui deviendra Président de la République en 1887.

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En 1916 cette rue est ouverte à la circulation. En 1931, la commune oblige les propriétaires riverains de la partie comprise entre les rues Jacques-MAZAUD et VOLTAIRE à se constituer en syndicat pour la réfection de la rue dont les trottoirs sont encore en terre. L’année suivante ce tronçon est classé dans le domaine public.

 

Rue POCCARD

Certains d’entre nous avons connu cette rue avec cette appellation. Ma grand mère n’a jamais su s’y faire et s’est entêté a la nommer POCCARD alors que cette rue a pourtant changé de nom en 1946 !

Cette rue ne porte pas le nom d’un ami de Nicolas-LEVALLOIS, mais d’un entrepreneur. C’est lui qui construit les premières maisons à usage d’habitation dans le village Levallois. Cette voie atteint sa longueur actuelle en plusieurs fois. En 1914, la vie économique et commerçante de la rue reste modeste, en effet, outre le marché, on y dénombre juste un logeur de chevaux, un sellier, trois entreprises de fiacres et un fabricant de couronnes funéraires. Il ne faut pas négliger le fait que cette rue longe l’Hôtel de ville sur sa face arrière.

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Comme je vous le disais, la rue POCCARD perd son nom en 1946 au bénéfice de celui de Gabriel PERI. Journaliste et homme politique, il est arrêté en mai 1941 comme résistant par la police française, et fusillé au Mont Valérien par les allemands le 15 décembre de la même année.

A suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

Il les aimait « bien carrossées »

Si pour la plupart d’entre nous un carrossier est un professionnel spécialisé dans la tôlerie automobile, qui répare les voitures accidentées, remet en état ce qui peut l’être par débosselage, planage, ponçage, remodelage, ou qui remplace les éléments trop endommagés d’une voiture, certains carrossiers sont des constructeurs, et parfois concepteurs de carrosseries pour véhicules automobiles. Il y en a eu de forts célèbres, l’un d’entre eux a sévi à Levallois.

Henri CHAPRON, une légende pour les connaisseurs

Henri CHAPRON est né en 1886 en Sologne, à Nouan-le-Fuzelier. A l’âge de 14 ans, alors apprenti sellier, il part sur son vélo, en tant que « compagnon du Tour de France ». Henri apprendra tous les métiers de la carrosserie, allant de ville en ville, de patron en patron.

Après la Première Guerre mondiale, (durant laquelle il a servi son pays) en décembre 1919, Henri ouvre son atelier de carrosserie à Neuilly-sur-Seine. Il construit lui-même son atelier avec ses économies.

Il rachète le surplus des Ford T, laissées par l’armée américaine, au Domaine après la Première Guerre mondiale pour les transformer d’abord en véhicules utilitaires, puis en voitures de tourisme. Le style CHAPRON prend forme. Son audace, sa créativité et son talent lui donnent un certain crédit auprès des constructeurs automobiles. Il travaille pour de grandes marques comme Hispano Suiza, Bugatti, Rolls-Royce… En 1923, il décide de s’agrandir et emménage à Levallois, au 114-116 rue Gravel (Aristide BRIAND).

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Henri CHAPRON

Coïncidence, ou signe du destin, la charpente métallique des ateliers dans lesquelles s’installe Henri CHAPRON a été réalisée par «  La Société de Construction de Levallois-Perret », ancienne société d’un autre génie : Gustave EIFFEL !

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Détail de la charpente métallique

Un succès sur les chapeaux de roues

Henri CHAPRON imagine, adapte, ajuste et crée à la demande de ses clients, de nouvelles lignes de carrosseries prestigieuses sur des voitures de grandes séries. L’innovation est le maître mot des commandes qui lui sont faites. A la fin des années 1920, avec DELAGE,PANHARD et LEVASSOR (nouvelle fenêtre)  entre autres, il conçoit des modèles considérés comme des œuvres d’art. En 1927, son affaire est prospère, et Henri CHAPRON emploie trois cent cinquante personnes, il arrive à sortir trois voitures par jour.

En 1928, il décroche la médaille de Vermeil du Concours d’élégance de Vichy, avec une limousine Unic 11 CV.

Il est présent chaque année lors de tous les grands salons automobiles, à Londres, Paris ou Genève.

Lors du salon de l’automobile de 1936, il présente un superbe cabriolet quatre places, carrossé sur DELAGE D8 120.

 Un changement d’activité forcé

Lors de l’occupation allemande de la région parisienne, les ateliers du carrossier sont réquisitionnés. Se refusant à licencier son personnel, Monsieur CHAPRON démarre une activité de fabrication de poêles à charbon. L’occupation ne va pas arrêter la production de la carrosserie CHAPRON pour autant. Les ouvriers sont moins nombreux, mais l’occupant impose des commandes : l’aménagement de certaines voitures en gazogène et la réparation du faible parc automobile permettent de conserver une activité à Levallois.

À l’issue du conflit, Henri CHAPRON est très fier d’avoir réussi à éviter à la totalité de ses ouvriers de partir au STO (service du travail obligatoire) en Allemagne.

L’après-guerre, un nouveau départ

Après la guerre, la crise économique pousse H. CHAPRON à dessiner des carrosseries plus compactes.

C’est lors du salon d’octobre 1950 que démarre la collaboration du carrossier de Levallois avec les émirs d’Arabie Saoudite. Il réalise pendant vingt-cinq ans de luxueuses Cadillac, véritables palais roulants.

Le Président René COTY lui commande une limousine décapotable de quatre places à partir du châssis de la Citroën Traction 15 Six-H à suspension hydropneumatique. Mise en service en octobre 1956, elle participera à de nombreux défilés et cérémonies du début de la Vème République.

Le carrossier de la République

Des ateliers CHAPRON sortent des prototypes de carrosseries pour DS. En 1958, la DS Prestige, puis le cabriolet Croisette font leur entrée dans le monde. Henri CHAPRON devient le carrossier officiel de l’Élysée.

Il carrosse la DS 19 (avec un toit surélevé) réalisée sur mesure pour le Général de Gaulle en raison de sa grande taille. Cette voiture est heureusement fiable, et c’est ce qui sauvera la vie au Général et son épouse, victimes d’un attentat au Petit-Clamart (nouvelle fenêtre) le 22 août 1962.

Cible de nombreuses balles, la voiture arrive à poursuivre sa course malgré un pneu avant-gauche et un pneu arrière-droit crevés. C’est un exploit, car les voitures de l’époque sont incapables de garder une tenue de route acceptable dans de telles conditions, elles partent aussitôt en tête-à-queue. Le chauffeur réussit à se dégager grâce à l’embrayage automatique. La DS a donc contribué à sauver le Général et son épouse ! C’est décidément une voiture à part.

Henri CHAPRON carrosse et assemble d’autres voitures pour l’Élysée, (mais aussi pour de nombreux autres clients fortunés, tel que le Roi du Maroc) notamment en 1969, la DS présidentielle immatriculée 1 PR 75. Cet exemplaire unique est pour l’époque le comble du luxe.

La fin d’une belle épopée

En 1974, la carrosserie CHAPRON ne compte plus que soixante-quatorze employés, l’entreprise rencontre des difficultés. En 1978, âgé de 92 ans, Monsieur CHAPRON décède. La carrosserie va survivre quelques années à son fondateur, jusqu’en 1985, mais l’âme de la carrosserie s’est envolée. Madame CHAPRON a repris la direction de l’entreprise, mais les temps ont changé. Les prix des prestations flambent et les clients ne sont plus au rendez-vous.

Françoise CHAPRON dépose le bilan de la carrosserie, et la liquidation judiciaire est prononcée.

Levallois Perret 1992 A Briand 114 - 116 bis

L’évocation du nom de CHAPRON fait encore frémir de plaisir et d’envie les amateurs de belles voitures. Il était le spécialiste avant l’heure de la « customisation », il savait répondre aux désirs et envies les plus folles de ses clients. Sa renommée a contribué à faire briller Levallois.

Une gourmandise pour Valentin

 Le 14 février est une date symbolique pour certains d’entre nous… Pourquoi ?Traditionnellement, à la Saint valentin, on  offre des fleurs ou des chocolats à l’être aimé. Nous nous saisissons de cette occasion pour revenir sur une marque emblématique du savoir-faire français le « Chocolat Louit Frères  et Compagnie »

Des origines incertaines

La majorité des historiens s’accorde à penser que cette fête de la Saint Valentin trouve son origine dans la Rome antique, à l’époque de l’empire romain. En effet, pour certains, on doit la fête des amoureux à Claude II, empereur romain qui fait annuler toutes les fiançailles de l’empire pour éviter que ses soldats soient tentés de rester avec leur fiancée, plutôt que de partir à la guerre.

Furibond, Valentin, un prêtre catholique, décide de marier en secret les amoureux (la légende dit que les mariages ont eu lieu un 14 février). Découvert, il est envoyé en prison jusqu’à sa mort.

Pour d’autres historiens, la Saint Valentin trouve son origine au XIVe siècle en Angleterre, où l’on a prit l’habitude de former un couple au hasard. Cette coutume du « Valentinage » est née dans l’aristocratie. Une jeune fille était associée à un jeune homme et durant la journée, ils avaient des obligations l’un envers l’autre. Le Valentin et sa Valentine devaient s’offrir en secret des petits cadeaux et se faire des galanteries. Peu à peu, le « Valentinage » s’est enrichi de l’envoi de poèmes ou de billets.

Pendant la seconde moitié du XVe siècle, cette coutume se répend dans le monde latin, et c’est Charles d’Orléans qui l’introduit à la cour de France à travers l’œuvre d’ Othon de Grandson.

Cette tradition devient une fête commerciale aux Etats-Unis au milieu du XIXe siècle. Des fleurs, du chocolat et des petits présents s’échangent.

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Du chocolat, mais pas que, à Levallois

L’histoire de la marque « chocolat Louit Frères et compagnie » commence dans le Sud-Ouest de la France. Paul Louit, ancien officier de l’Armée impériale retiré à Bordeaux, crée en 1825 la société « Chocolat Louit Frères et Compagnie ».

D’abord consacrée essentiellement au chocolat, l’entreprise s’ouvre à d’autres produits dès 1857, quand les fils de Paul reprennent la société. Plusieurs succursales ouvrent en France, donnant accès au marché national.

C’est à ce moment que la célèbre moutarde Louit est née. « Chocolat Louit Frères et Compagnie » devient la plus grosse entreprise du Sud-Ouest dans les années 1870. L’entreprise fabrique près de 2000 tonnes de chocolat par an à la fin du 19ème siècle. Une partie de sa production est exportée ce qui lui assure une renommée et une réputation internationale. En 1925, elle prend son nom définitif « Société Anonyme des produits alimentaires Louit Frères et Cie » et commercialise de nombreux produits de consommation comme le thé, la vanille, les pâtes, le tapioca, les fruits au vinaigre, les potages, les conserves de légumes et de poisson, et bien entendu la moutarde et le chocolat.

Pour faire face aux commandes de plus en plus importantes en région parisienne, un entrepôt-vente est installé en 1895 à Levallois, à l’angle des rues Gide (Paul-Vaillant-Couturier) et Victor-Hugo. Cette implantation levalloisienne est stratégique pour la marque. En effet, Levallois dispose d’un bon réseau de communication par voie ferrée et fluviale ce qui facilite  le transport des marchandises. De plus, la proximité des grands boulevards avec les grands magasins et les débuts de la société de consommation complètent l’intérêt de cette implantation.

Selon l’état des communes de 1903, la marque commercialise alors plus de cinq tonnes de chocolat et dix mille flacons de moutarde sous la marque Diaphane, de la crème de riz et des pâtes à potages dont le fameux « tapioca ». Avant la Première Guerre mondiale, la société remporte plus d’une soixantaine de récompenses, médailles et diplômes d’honneur pour l’ensemble de ses produits lors de concours ou d’expositions. La renommée de la marque est telle que la moutarde Diaphane trouve sa place sur les tables des premières classes sur le paquebot « Titanic ».

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Les entrepôts levalloisiens sont transformés en usine vers 1903 comme l’attestent les papiers à en-tête conservés au sein des Archives municipales. Le bâtiment est l’œuvre de l’architecte Léon Ordouille. Il est à noter que cet immeuble est transformé ac92044_1fi1451intelligemment aux débuts des années 2000 par une surélévation de deux niveaux en conservant les matériaux d’origine, ce qui assure une harmonie d’ensemble. Actuellement, la société EPSON France occupe l’immeuble.

 Des publicités pour les collectionneurs.

L’entreprise Louit est aussi connue pour les stratégies qu’elle a utilisés pour promouvoir ses produits. En effet, la marque a beaucoup utilisé les cartes postales et les petits cartons publicitaires dits « chromos ».

Ces cartes publicitaires ont été baptisées ainsi du fait de leur technique de fabrication, la chromolithographie. Ces images cartonnées produites par millions étaient remises aux clients mais surtout destinés aux enfants. L’intérêt était d’en faire collection et ainsi de fidéliser l’acheteur.

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Ces cartes postales témoignent des modes et des courants de pensée d’alors, utilisant tantôt l’humour, tantôt l’attendrissement pour attirer le regard. Leur verso fait la promotion directe des produits.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en raison des difficultés d’approvisionnement des matières premières, l’entreprise Louit Frères abandonne la production de chocolat. La production des moutardes sous licence est confiée à la société italienne « Aromateria Italiana Radaelli » de Santa Margherita Ligure (près de Gênes) qui importe de France les matières premières. En 1957, les difficultés financières obligent les héritiers à dissoudre l’entreprise familiale.

Seul subsiste encore aujourd’hui sous cette marque, la gamme de moutarde ayant comme slogan « la tradition de la qualité ».

 

Article co-écrit avec Xavier T.