Les blogs partent en vacances

Comme chaque été, après une nouvelle saison, bien particulière cette année, de publications, les blogs se mettent en pause et les rédacteurs d’articles partent se ressourcer pendant l’été.

En 2020-21 nous avons écrit et publié près de 300 articles sur l’ensemble des blogs et vous avez été plus de 3000 à nous lire chaque mois. Nous en sommes ravis et fiers et vous remercions tous, lecteurs fidèles ou occasionnels, de visiter l’un ou l’autre des blogs, voire tous, de La Médiathèque. Merci aussi de nous suivre, de commenter, de partager, parfois de compléter nos informations et d’échanger avec nous !

Nous vous retrouverons à la rentrée avec de nouveaux articles pour une nouvelle saison de publication. En attendant, nous vous souhaitons un excellent été, riche en repos et découvertes. N’hésitez pas à faire un tour sur nos blogs où vous attendent des dizaines d’idées de lectures, de films à voir, de musiques à découvrir, de promenades dans la Ville, de suggestions d’orientations ou de formations à venir ou encore d’innovations numériques étonnantes…

Bon été à tous !

Une espionne née à Levallois ?

Une résistante française, et espionne de Churchill est née à Levallois il y a cent ans.

Digne d’un roman, la (courte) vie de Violette Szabo, née Bushell mérite que l’on prenne le temps de la retracer, afin de rendre hommage à cette femme d’exception.

Une enfance un pied en France et l’autre en Angleterre

le 26 juin 1921, une Violette Reine Élisabeth voie le jour au 72 rue de Villiers à Levallois. A cette époque, cette adresse est celle de l’hôpital anglais (connu aussi sous le nom de franco-britanique). Son père, Richard Bushell, chauffeur de taxi, est de nationalité anglaise, originaire de Londres. Sa mère, Reine Leroy, est française, originaire de la Somme. La famille habite alors à Paris, au 82 avenue de Clichy.

Si au début des années trente, la famille retourne vivre en Angleterre, Violette garde un lien privilégié avec la France où elle passe ses vacances d’été chez sa tante. De ce fait, elle est complétement bilingue.

A l’age de 14 ans, elle quitte l’école pour devenir vendeuse. Elle est décrite comme étant petite, mince et séduisante, avec des yeux d’une éblouissante beauté. Sportive, elle aime cyclisme et le tir, et fait preuve d’une gaité irrépressible.

Coup de foudre à Brixton pendant la guerre

En 1940 a lieu la bataille de Dunkerque (région natale de la mère de Violette) et elle est douloureusement ressentie par la famille. Lorsqu’elle apprend que des soldats français rescapés vont défiler pour le 14 juillet, la famille invite l’un d’eux à sa table, au sud de Londres, à Brixton, et c’est le coup de foudre !

Violette tombe follement amoureuse de ce français adjudant-chef de la légion étrangère, Étienne Szabo, d’origine hongroise. Un mois plus tard, le 21 aout 1940, ils se marient à Aldershot (Hampshire, Angleterre)

Le mari de Violette repart en opération avec son unité, et elle travaille comme téléphoniste, puis comme opératrice radar d’une batterie de DCA.

En juin 1942, Violette donne naissance à une petite fille, Tania. Quelques mois plus tard, en octobre, elle apprend la mort de son mari en Afrique du Nord, lors de la seconde bataille d’El Alamein. Le jeune père de famille n’aura pas eu le temps de faire connaissance avec sa fille.

C’est à cette époque que Violette est contactée par les services secrets anglais pour devenir l’un de leur agents.

A l’age de 22 ans, elle rejoint alors le Special Operations Executive (SOE)- section F du réseau Buckmaster. Elle participe à l’entrainement complet des agents du SOE, mais un accident sans gravité lors d’un entrainement en parachute retarde son envoi sur le terrain.

Retour en France sous couverture

Munie de faux papiers (Corinne Reine Leroy, secrétaire ou Mme Villeret, veuve d’un antiquaire), d’un nom de guerre : Louise, et du poème The Life That I Have que lui offre Leo Marks, le responsable des codes au SOE, afin de coder les messages radio qu’elle devra envoyer de France à Londres, elle commence sa vie d’espionne.

Violette est parachutée près de Cherbourg pour sa première mission, le 5 avril 1944 avec Philippe Liewer, dont le réseau aux alentours de Rouen a été démantelé par les allemands. « Louise » assure une mission de reconnaissance et d’enquête entre Paris et la Normandie, pour savoir s’il est possible de reconstituer un réseau.

Profitant de ses déplacements, elle collecte de précieux renseignements sur de cibles possibles de bombardement, sites industriels et installations militaires. Le 30 avril, après cette première et fructueuse mission de trois semaines de reconnaissance, Violette-Louise rentre en Angleterre avec P.Liewer.

Pour sa deuxième mission, Violette est renvoyée en France, cette fois dans le Limousin. Son objectif est de participer à la coordination des maquis locaux en vue du sabotage des lignes de communication allemandes. Elle y est encore agent de liaison, cette fois sous le nom de guerre « Corinne ».

Mission à hauts risques…

Elle est parachutée au Clos de Sussac, avec le major anglais Staunton, alias Liewer, chef de mission, le capitaine Bob Maloubier « Paco » et le lieutenant Jean-Claude Guiet, opérateur-radio américain de l’OSS (Office of Strategic Service).

Violette-Corinne transporte les explosifs et transmet les ordres de Stanton qui trouve un maquis désorganisé. Il décide de prendre contact avec le chef d’un réseau voisin, et il envoie son agent, « Corinne ».

Le 10 juin, elle part en Citroën avec le responsable du maquis local, et un jeune homme. Près de Salon-la-Tour, ils rencontrent un barrage routier établi par une avant-garde de la division SS Das Reich.

… Qui tourne mal

En engageant le combat, « Corinne » permet à ses camarades de s’échapper, mais blessée et à court de munitions, elle est arrêtée, et remise à la Gestapo de Limoges. Après plusieurs interrogatoires sans résultat, elle est transférée à Paris. Ses camarades ont essayé de monter une opération pour la libérer lors de son transfert, mais trop tardivement.

A Paris, les interrogatoires sont eux aussi sans succès, Violette ne parle pas.

La « petite anglaise » est déportée

Violette Szabo est déportée au camp de Ravensbrück pour être soumise aux travaux forcés, avec deux autres femmes, elles aussi membres du SOE, Denise Bloch et Lillian Rolfe.

Devant l’avancée de l’Armée Rouge, le commandant du camp reçoit l’ordre de la direction des services du contre-espionnage de Berlin d’exécuter les trois condamnées. Violette et ses deux camarades sont sommairement exécutées entre le 26 janvier et le 5 février 1945. Elle avait 23 ans.

Plusieurs hommages lui ont été rendus

L’héroïsme et les faits d’arme de Violette sont reconnus par la France et le Royaume-Uni. Elle reçoit à titre posthume, par l’intermédiaire de sa fille Tania, la George Cross, la croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze, et la médaille de la Résistance.

Le roi George VI murmurera à sa fille, lors de la cérémonie de remise de distinction « Je n’aurai jamais le courage de faire ce qu’elle a fait ! ».

Un musée Violette Szabo est inauguré en juin 2000, dans le cottage où elle passait ses vacances, et depuis 2008, son buste réalisé par Karen Newman fait face au Palais de Westminster à Londres.

Je vous disais que sa vie était digne d’un roman, R.J.Minney l’a écrit ! Et Lewis Gilbert s’en est inspiré en 1956, pour son film agent secret SZ (titre original : Carve Her Name with Pride).

En 2009, est créée un jeu vidéo, Velvet Assassin, largement inspiré de la vie et des exploits de Violette.

Un joli portrait de violette a été offert à la Ville de Levallois par sa fille, Tania.

Ha ! Les jolies colonies de vacances ! Merci papa ! Merci maman !

En colonie de vacances… la si la sol ! On sautait sur les lits…. La si la sol fa mi !

À un mois du début des vacances d’été, nombreuses sont les familles à étiqueter les affaires de leurs enfants, sans oublier l’étiquette la plus importante, celle de Doudou !

En effet, un grand nombre d’enfants s’apprête à partir en colonie de vacances, même si aujourd’hui nous utilisons plutôt le terme séjour, il s’agit de vacances entres enfants, sans les parents ! Youpi…

J’en profite pour vous proposer une rétrospective des colonies de vacances, car elles ont vu le jour à Levallois.

Si je vous dis : « La Carolue », « Saint-Philibert », « Vallangoujard » … « Vallon -Pont-d’Arc », peut-être cela fait-il ressurgir des souvenirs d’enfance à certains d’entre vous ?

Les premières expériences

Les colonies de vacances existaient bien avant tous ces séjours que vous avez peut-être connus. En effet, contrairement à ce que l’on s’imagine, la naissance des colonies de vacances en France ne date pas du Front populaire (nouvelle fenêtre) (1936), mais des années 1880.

Si la première expérience est l’initiative du Pasteur Hermann Walter Bion(nouvelle fenêtre) de Zurich, c’est entre autres, à Levallois que sont nées les toutes premières. Leur paternité revient au Pasteur Théophile Lorriaux et à sa femme, bouleversés par le spectacle de la misère physique et morale des familles ouvrières en région parisienne.

Dès 1881, ils décident de créer à Levallois l’œuvre des « Trois semaines », pour offrir aux enfants la possibilité de passer chaque année trois semaines à la campagne. C’est la première colonie de vacances de l’histoire de France, qui devance de deux ans celle de la Ville de Paris.

L’aventure connait des débuts modestes puisque seulement trois jeunes filles en bénéficient en 1881. Mais son essor est rapide. Ce dispositif dénombre pas moins de 3 000 enfants en 1913.

Au départ, les enfants sont logés chez l’habitant, à Montjalvoult, une commune de l’Oise.

L’objectif initial commun à toutes les colonies est d’ordre sanitaire : il s’agit d’arracher les enfants pauvres et en mauvaise santé à leur milieu urbain, pour les envoyer le temps de quelques semaines estivales au grand air pur de la campagne, de la montagne ou de la mer.

 À cette vision strictement hygiéniste marquée par les représentations de l’époque s’ajoute dès le début du XXe siècle une dimension éducative. L’objectif fondamental des colonies de vacances devient l’apprentissage du vivre-ensemble et de l’autonomie. Sans être formulée de la sorte, l’ambition est de créer une fraternité idéale le temps de la colonie, pour la diffuser ensuite dans le reste de la société. Cet aspect a été particulièrement important après les deux guerres mondiales, quand il fut nécessaire de resserrer les liens entre les citoyens, pour ressouder la société meurtrie.

L’œuvre du couple Lorriaux a traversé le XXe siècle, et s’appelle aujourd’hui « l’Association des trois semaines (nouvelle fenêtre) ».

Levallois entre définitivement dans le dispositif

La IIIe République et son mouvement de laïcisation de la société ne pouvaient rester en dehors de ce phénomène. Les communes sont encouragées par les pouvoirs publics à organiser des colonies scolaires durant les vacances.

La Ville de Levallois se lance dans le projet, et sollicite des subventions au Préfet de la Seine. En 1908, le Conseil municipal confie à la Caisse des écoles l’organisation des colonies.

Jusqu’en 1922, les enfants séjournent à Châteaudun et à Nogent-le-Rotrou, tous deux en Eure-et-Loir, avant que ne soit acquis le domaine de La Carolue.

La première colonie municipale de France : La Carolue

Le Conseil municipal et la Caisse des écoles ont chargé une commission de leur soumettre plusieurs propositions de propriétés répondant « aux conditions » du programme de colonies scolaires. Un des critères principaux était « une région favorable au point de vue de l’hygiène des enfants » : des terrains boisés et une altitude moyenne, une grande superficie…

Les bâtiments du domaine de La Carolue présentent l’avantage d’être facilement aménageables en vue de leur utilisation future, et assez nombreux pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en construire de nouveaux dans un premier temps.

Le domaine de La Carolue, situé sur la commune d’Arrans en Côte-d’Or, d’une superficie de 225 hectares, dont 130 de bois et 55 de champs ou terres labourables, correspondait parfaitement à la demande.

En août 1933 (soit dix ans après son acquisition), La Carolue accueille 249 garçons et 139 filles, 28 enfants de plus que l’année précédente. Ces résultats sont si encourageants que la Ville de Levallois procède à de nouveaux aménagements.

Jusqu’en 1936, la Caisse des écoles est propriétaire de ce domaine. En 1938, La Carolue est rétrocédée à la Ville.

Un autre usage pendant la guerre

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, un hôpital militaire y est aménagé ainsi qu’un camp d’hébergement pour les réfugiés ayant fui la guerre d’Espagne.

En 1941, la Commune de Levallois-Perret décide la construction d’un nouveau bâtiment comportant réfectoires, cuisine, dortoirs, toilettes, douches et salles d’activités, d’un château d’eau, d’une nouvelle infirmerie indépendante…

Nombre de Levalloisiens ont passé des vacances à « La carotte crue » (pour les initiés), et se sont familiarisés avec la pratique de l’équitation qui était l’activité phare de ce lieu.

Les amoureux de la mer allaient à Saint-Philibert dans le Morbihan, les sportifs épris de sensations fortes passaient leurs vacances à Vallon-Pont-d’Arc en Ardèche, et les plus jeunes faisaient l’expérience de la collectivité à Vallangoujard dans l’Oise.

Les noms de ces lieux ne vous rappellent pas une « chasse au Dahut (nouvelle fenêtre)» ou un jeu de piste ? Une soirée chants autour d’un feu de camp ? Les cris joyeux dans les douches collectives ou encore les fameux « lits en portefeuille » ?

La Ville n’a eu de cesse depuis de développer sa politique en matière de séjours pour les jeunes, avec des séjours à thèmes et des voyages enchanteurs.

Un bâtiment, et plusieurs « vies »

Il existe à Levallois des lieux et des bâtiments chargés d’histoire, qui ont connu plusieurs vies. Le 3 avenue de l’Europe en est une parfaite illustration. La Résidence Sociale que vous connaissez certainement, au moins pour être déjà passé devant, située donc avenue de l’Europe, n’a pas toujours été ce qu’elle est aujourd’hui. Je vous invite à remonter le temps au fil des changements de destinations, afin de retracer son histoire.

Petite histoire du bâtiment de la Résidence Sociale

Qu’est-ce que la Résidence Sociale ?

La Résidence Sociale est une association centenaire d’action sociale et médico-sociale, pionnière en France dans l’accompagnement des personnes fragilisées, fondée en 1913 et reconnue d’utilité publique en 1922.

Son histoire est liée aux difficultés rencontrées par les populations ouvrières de Levallois au début du XXe siècle. Alors que l’accès aux soins, à l’éducation et aux loisirs était réservé aux personnes aisées, Marie-Jeanne Bassot et Mathilde Girault inventent et développent des actions sanitaires et éducatives à destination des populations économiquement défavorisées, comme moyen de transformation des rapports sociaux et de réconciliation des classes sociales.

Au fil du temps et des besoins, La Résidence Sociale en est venue à privilégier la relation aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées, mais l’objectif demeure : créer les conditions permettant aux individus de cheminer vers plus d’autonomie.

Les 3 « vies » de ce lieu

En 1920, après la Première Guerre mondiale, Marie-Jeanne Bassot recherche des locaux pour élargir et diversifier les services que propose son association d’action sociale « la Résidence sociale ».

Elle cherche des mécènes, notamment auprès des industriels de Levallois. Grâce à des dons, Marie-Jeanne Bassot acquiert l’ensemble de l’ancienne propriété d’Antonin Raynaud, composée notamment de l’hôtel Raynaud et de son parc. L’hôtel Raynaud était accolé à l’ancienne usine de parfumerie, aujourd’hui démolie.

Mais commençons par le début…

Une usine de parfums : Oriza-Legrand

Tout débute en 1860, lorsque Antonin Raynaud reprend la parfumerie Oriza-Legrand, fondée dans la cour du Louvre en 1720 par le parfumeur du roi Louis XV.

Cette même année, Antonin Raynaud fait l’acquisition d’un terrain de 19 000 m² dans la partie Sud-Ouest de la ferme de Courcelles, dans ce qui est encore à l’époque le village Levallois. Il projette d’y installer son usine pour échapper aux taxes de l’octroi de Paris, très élevées, et aux travaux d’Haussmann qui rejettent les ateliers hors de la capitale. Cette proximité avec Paris permet à l’usine d’approvisionner rapidement les boutiques de la rue Saint-Honoré, dont son propre magasin situé au numéro 207.

Antonin Raynaud construit donc une nouvelle usine avec des équipements modernes pour l’époque, comme une machine à vapeur. Il emploie 70 ouvriers hommes et femmes, et réalise un chiffre d’affaires qui dépasse le million.

À côté de l’usine, Antonin Raynaud fait édifier un hôtel particulier attenant, avec un grand parc afin de loger le directeur.

L’hôtel particulier est construit par l’architecte Gustave Charles Duchemin. Il est composé d’un soubassement en pierre surmonté de deux étages. La façade côté jardin est en pierre et en brique, servie par un escalier à double révolution pour marquer l’entrée. La toiture se compose d’une terrasse avec toit à la Mansart en partie centrale.

L’ensemble architectural est tel qu’il sert aussi d’argument publicitaire pour démontrer la modernité de la marque des parfums Oriza-Legrand.

Antonin Raynaud a donné à la société Oriza-Legrand une grande impulsion. Il a misé sur le marketing en soignant la présentation de ses produits, la décoration de son magasin et en développant la variété de ses produits. 90% de sa production était destinée à l’exportation. Plusieurs cours étrangères dont celles d’Autriche et de Russie ont constitué sa clientèle.

Des parfums aux pansements

Après la défaite de la guerre de 1870 contre la Prusse, la France repense et modernise le service de santé des armées. Cette modernisation intègre dans son organisation les différentes associations privées françaises de secours aux blessés militaires. En cas de guerre, elles doivent se mettre à la disposition des autorités militaires.

La ville de Levallois s’intègre dans ce dispositif, car elle dispose de quatre établissements, répartis entre trois hôpitaux auxiliaires (HA), et un hôpital bénévole (HB). Parmi eux, la maison du directeur de la parfumerie Oriza, dit hôtel Raynaud, devient l’hôpital auxiliaire n° 204. Il ouvre le 29 septembre 1914, et fermera le 23 janvier 1919.

Cet hôpital a une capacité de 50 lits, et est placé sous la direction de l’Association des Dames Françaises (ADF), l’une des trois composantes à l’époque de la Croix rouge française, œuvrant sous le contrôle de l’armée.

Durant leur convalescence, les soldats peuvent profiter du grand parc pour s’aérer et faire des exercices de motricité et de rééducation.

Après les pansements, les guérisons de l’âme

Comme je vous le disais, après la Première Guerre mondiale Marie-Jeanne Bassot acquiert l’ensemble de l’ancienne propriété d’Antonin Raynaud. Elle fait édifier par l’architecte Droz, un gymnase dans le parc.

Diverses activités sont proposées au sein de la Résidence Sociale de Levallois : éducation physique, garderie d’enfants, cercles de jeunes filles, de jeunes garçons et de personnes âgées, éducation intellectuelle et artistique, et enfin, éducation sociale. Une bibliothèque gratuite de 1200 livres est créée et accessible à tous.

Il n’est pas possible de dédier chaque salle à une activité, et rapidement Marie-Jeanne Bassot à l’idée de la polyvalence : le salon est une salle de réception le matin, devient garderie d’enfants l’après-midi et accueille les cercles d’études d’adultes le soir, tandis que le dispensaire est installé sous l’escalier.

Des kermesses et différentes soirées sont organisées afin de récolter des dons.

L’hôtel particulier devient le symbole de la Résidence Sociale, et sera même le siège social de l’association, qui en 1922 est reconnue d’utilité publique.

Après une vie de convictions et de luttes, en décembre 1935, Marie-Jeanne Bassot s’éteint à cinquante-sept ans au sein de la Résidence Sociale. Conformément à sa volonté de « rester au milieu des familles auprès desquelles elle a œuvré tout au long de sa vie », elle est inhumée au cimetière municipal de Levallois.

Aujourd’hui, il reste d’elle le souvenir d’une femme courageuse, ainsi que la Résidence Sociale de Levallois, qui porte son nom et poursuit encore son œuvre.

Cette résidence Sociale de Levallois est considérée comme un lieu emblématique de l’Action sociale en France.

D’autres bâtiments, faisant partie intégrante de notre paysage levalloisien, ont eux aussi connu des destinées mouvementées. Peut-être feront-ils l’objet de prochains articles…

Un brin de clochettes pour une brassée de bonheur

Le 1er mai est l’occasion d’offrir un porte-bonheur à travers un brin de muguet. Que nous croyons en la chance ou pas, les raisons pour lesquelles les porte-bonheurs sont populaires depuis des temps immémoriaux peuvent être suffisamment convaincantes pour chatouiller notre curiosité. Si vous êtes cartésien, ce qui va suivre aura au moins le mérite, je l’espère, de vous faire sourire.

Le service des archives municipales de Levallois détient une large collection de cartes postales anciennes, dont un bon nombre représente divers porte-bonheurs.

Je vous propose de faire un petit tour des différentes croyances ou superstitions.

Les superstitions sont des croyances qui défient la raison. Elles prennent généralement source dans les traditions populaires, et sont transmises de générations en générations. Les superstitieux croient que certains phénomènes ont une explication magique ou mystique, et que certaines actions comme, par exemple, posséder un porte-bonheur attireraient la chance. A l’inverse, il existe aussi des « porte-malheurs ».

Différentes superstitions à travers le monde

Chaque civilisation, chaque société a son lot de superstitions et de porte-bonheur. Si en France, comme presque partout dans le monde, croiser un chat noir peut en faire frémir certains, à l’inverse, en Grande-Bretagne ou au Japon, cela ravira les superstitieux qui le considéreront comme un porte-bonheur.

En Pologne, ce sont les écailles de carpe qui portent bonheur. Lors du traditionnel repas de Noël, une carpe est servie, et les convives gardent chacun une écaille dans leur portefeuille, leur poche, ou leur sac. Ce porte-bonheur dure une année entière, toutefois, c’est à double tranchant, car si quelqu’un perd son écaille, il sera frappé de malchance jusqu’au Noël suivant ! Cette coutume se trouve également dans les pays voisins, notamment en Slovaquie et en République Tchèque.

Le symbole de l’éléphant est un porte-bonheur commun à toute l’Asie, particulièrement présent en Inde et en Thaïlande. Il représente la force, le pouvoir, la stabilité et la sagesse. Beaucoup pensent que placer un éléphant sur le pas de sa porte apportera le bonheur dans la maison. des bijoux sont même créées avec les poils de ce pachyderme.

En Chine, c’est le Jin Chan, ou Crapaud d’Or, qui est un porte-bonheur très populaire, en Allemagne, c’est le Cochon, en Égypte, c’est le Scarabée, en Turquie et dans beaucoup de ses pays voisins, c’est le Nazar Boncuk, ou Œil bleu.

Il existe un porte-bonheur mondialement connu, censé éloigner les mauvais esprits, il s’agit de la Patte de Lapin. Cependant, dans certains pays, quelques règles particulières doivent être respectées pour que la patte d’un lapin attire la chance ! En effet, pour que ce porte-bonheur soit efficace, il doit s’agir de la patte arrière gauche de l’animal, qui doit être tué pendant la nouvelle lune !

Porte-bonheurs en France, mais pas que…

Le muguet, qui dans le langage des fleurs symbolise la fougue de la jeunesse, la joie, l’honnêteté, la discrétion, la coquetterie et… Le retour du bonheur est considéré comme porte-bonheur.

En France, la tradition du muguet de mai est officialisée en 1561 par Charles IX, qui demande à ce que le 1er mai, les dames de la cour en reçoivent un brin. Cette tradition est popularisée à la fin du XIXe siècle par le chanteur Félix Mayol, qui à défaut de camélia ( à la mode à cette époque), en porte un brin à sa boutonnière le 1er mai 1895, lors de son tour de chant. Il fera du muguet son emblème.

Le 1er mai 1936, le muguet est associé pour la première fois à la Fête du Travail.

Si il est encore actuel d’offrir un brin de muguet à ceux à qui l’on souhaite du bonheur, il est de plus en plus courant d’envoyer un mail ou même un MMS avec une image de muguet. Il fut un temps où cette tradition utilisait les voies de la poste grâce aux cartes postales.

Le gui est lui aussi considéré comme porte-bonheur, symbole d’immortalité chez les Gaulois. Pour les druides la plante signifiait «guérit tout». On lui attribuait des vertus médicinales et d’immortalité, car ses feuilles restaient vertes, même en plein hiver.

Un porte-bonheur bien connu de tous, trouve l’origine de son utilisation en Irlande, il s’agit du trèfle à quatre feuilles.

La légende raconte que Saint- Patrick utilisait un trèfle pour faire comprendre aux peuples irlandais le concept de « Sainte Trinité », et ainsi les convertir. L’origine de l’utilisation de ce symbole national irlandais remonte au Moyen-Âge.

La probabilité de trouver un trèfle à quatre feuilles, 1 sur 10 000 à peu près, explique la raison pour laquelle en trouver un est associé à une « sacrée chance » !?

Alors… à Levallois, pour « forcer » la chance au début du siècle dernier, on s’en envoyait via des cartes postales.

Le porte-bonheur le plus répandu aux États-Unis est aussi très présent en France, avec une petite nuance cependant. En effet, pour qu’il remplisse complètement son rôle, dans notre tradition, nous devons le trouver, et non l’acquérir. Il s’agit du fer à cheval !

Beaucoup de superstitieux sont convaincus que suspendre un fer à cheval au-dessus de la porte de leur maison apportera protection et bonheur au sein du foyer. Mais attention, il existe un important point de discorde sur la façon de le suspendre…

Certains pensent que les extrémités du fer à cheval doivent pointer vers le ciel, en argumentant que cette position permet de recueillir la chance.

D’autres ne sont pas d’accord, ils jugent que les extrémités doivent être tournées vers le bas afin que la chance se déverse sur ceux qui passent sous la porte.

À Levallois, on a résolu ce débat en s’en envoyant sous forme de… Cartes postales !

Mais, j’en connais qui le portent sur eux au moment de vivre une première expérience, comme par exemple, lors d’un baptême de vol en montgolfière !

En conclusion, un porte-bonheur est un objet auquel on attribue le pouvoir de porter chance, et si la plupart sont issues de croyances collectives, beaucoup d’entre nous avons un rituel ou objet fétiche qui n’appartient qu’à nous.

Alors si vous ne passez pas sous une échelle, que vous vous débrouillez pour ne pas être 13 à table, que vous ne caressez pas les chats noirs ou que vous avez peur de casser un miroir, et que vous avez un petit grigri dans votre poche, vous êtes très certainement un peu superstitieux !

Cet article vous portera, sans aucun doute, chance, alors n’hésitez pas à partager son lien !