Les blogs partent en vacances.

Comme chaque été, les blogs se mettent en pause et les rédacteurs d’articles partent se ressourcer pendant l’été.

Lecteurs fidèles ou occasionnels, nous vous remercions de visiter l’un ou l’autre des blogs, voire tous, de La Médiathèque de Levallois. Nous vous retrouverons en septembre avec de nouveaux articles. En attendant, nous vous souhaitons un excellent été et de très belles vacances.

N’hésitez pas à faire un tour sur nos blogs : des idées de lecture, des films à voir, des musiques à écouter, et des découvertes, des ressources étonnantes dans différents domaines vous y attendent !

Musique Maestro !

Il parait que la musique adoucit les mœurs… Levallois en fait l’expérience depuis longtemps ! En effet, elle a toujours été présente et est bien vivante au sein de notre commune. Elle a rythmé la vie sociale des levalloisiens, en ponctuant de moments festifs le quotidien de notre ville. Je vous invite à (re)découvrir ce patrimoine musical.

Dès la naissance de la commune, en 1867, le développement économique et l’implantation de nombreuses usines dans ce qui était jusqu’alors le Village Levallois, conduisent à l’arrivée de nombreux ouvriers et artisans. Chaque usine ou corporation dispose alors de son ensemble musical, et des associations dites sociétés sont également formées. Cette activité musicale détourne les ouvriers des bistrots, ce qui leur permet de ne pas dilapider leur paye, et de rentrer sobre chez eux.

Les rigolos

De nombreux ensembles musicaux voient donc le jour, notamment des fanfares (orchestres composés uniquement de cuivres) et des harmonies (orchestres formés essentiellement d’instruments à vent : cuivres et bois et de percussions).

Les fanfares ont vocation à être déambulatoires et festives, et les harmonies à donner des représentations en kiosque ou en salle de concert. Les noms de tous ces ensembles sont évocateurs : L’Amitié (1884), la Concorde (1892) , le Camélia (1894), la Lyre de Levallois-Perret (1896), L’Avant-Garde de Levallois-Perret (1898), l’Harmonie de la Parfumerie (1899), l’Harmonie Municipale (1900), Les enfants de Bacchus, Les rigolos, La fanfare bigophonique, l’Harmonie des Sapeurs-Pompiers et la Tricolore, dont les dates de création ne sont pas connues, et l’Union Musicale et Coopérative de l’avenir de Levallois (1909).

La formation d’ensembles musicaux connaît son âge d’or jusqu’en 1914. A titre d’exemple, l’Harmonie de la Parfumerie de Levallois-Perret dénombre plus de 286 membres au début du XX ème siècle.

Harmonie de la Parfumerie

La Première Guerre mondiale décime, hélas, aussi les membres de ces sociétés, et l’entre-deux guerres et les crises successives ne permettent pas un retour à l’âge d’or. Puis, la modernisation de la société française après 1945 transforme les modes de vie, et si les ensembles musicaux peinent à se reformer dans les usines, les sociétés musicales renaissent dans le paysage local.

Les enfants de Bacchus

De l’Harmonie Municipale à l’Orchestre d’Harmonie de Levallois

L’Harmonie Municipale de Levallois est fondée en 1900 par la fusion des deux anciennes sociétés : l’Union musicale, créée en 1894, et l’Avenir créée en 1898. Elle se place sous le patronage de la Ville.

Dès sa création, elle compte 237 membres et a pour but l’étude et l’exécution de la musique instrumentale, la préparation des jeunes désireux d’entrer comme musiciens dans l’armée, les prestations publiques et privées, la participation aux concours. Ce dernier objectif est bien rempli car les récompenses s’enchainent.

Une organisation à la baguette

Son organisation est très structurée, comme l’indiquent ses statuts. Le siège de la société est fixé à l’Hôtel de Ville. Elle se compose de membres actifs, de membres honoraires, et de membres d’honneur. Ces derniers sont choisis par le Conseil d’administration. Ce titre est décerné aux personnes ayant rendu des services importants à la société et le Maire de la Ville est Président d’Honneur de droit. Les membres honoraires contribuent financièrement au développement et à la prospérité de l’Harmonie.

Les membres actifs sont les musiciens, ou les élèves suivant les cours de solfège organisés par la société. Pour être admis, il faut posséder les qualités d’un bon musicien et être présenté au Directeur par un membre actif ou honoraire répondant de la moralité du postulant.

Les membres actifs ont l’obligation de porter une tenue civile noire, une casquette en drap noir avec l’insigne de la société (qui est formé d’un ruban mi- vert, mi- violet, auquel se rattache une lyre dorée), et d’un galon doré sur le pourtour de cette casquette.

Les répétitions ont lieu deux fois par semaine, les mardis et vendredi, en l’Hôtel de Ville.

La fête annuelle est alors célébrée le samedi qui suit la Sainte-Cécile (le 22 novembre), patronne des musiciens et musiciennes, par l’organisation d’un banquet et d’un concert suivi d’un bal.

Cette société existe toujours, sous le nom d’Orchestre d’Harmonie de Levallois (OHL). L’orchestre est aujourd’hui composé d’une soixantaine de musiciens amateurs, encadrés et conseillés dans chaque pupitre par des musiciens professionnels.

Cette organisation spécifique permet d’offrir des saisons de concerts ambitieuses couvrant une large palette de genres musicaux. L’orchestre a ainsi eu l’honneur de se produire aux côtés d’artistes exceptionnels et réalise fréquemment des commandes d’œuvres musicales.
L’OHL se distingue par la diversité de ses expériences artistiques, mêlant fréquemment la musique aux autres arts, et par la volonté permanente d’explorer de nouveaux horizons.

De prestigieux concours

Au sein des archives, nous avons la trace de l’existence de plusieurs concours internationaux de musique qui concernaient les chorales, les harmonies et les fanfares. Nous savons avec certitude qu’un de ces concours a été organisé en 1900, et en 1933. Certainement que d’autres ont eu lieu, mais je ne peux vous l’affirmer. Ces concours ont eu lieu « sous le patronage de M. le Ministre de l’Éducation Nationale et des Beaux-Arts, et sous l’égide de la Fédération musicale de Seine et Seine-et-Oise ».

Des lieux propices à une évasion musicale

Si aujourd’hui les concerts ont lieu essentiellement au sein du Conservatoire, dans la salle Ravel, il y a un siècle, ce n’était pas le cas !

Des représentations avaient lieu dans les Salons d’Honneur de l’Hôtel de Ville, Au sein de l’église Saint-Justin, dans les préaux de certaines écoles, mais pas seulement… Saviez-vous que notre commune avait disposé de deux kiosques à musique ?

L’un se trouvait dans les jardins de l’Hôtel de Ville, et l’autre sur la place des fêtes (qui est devenue place Verdun, puis l’extension du parc de la Planchette)

Il existait aussi un casino faisant aussi office de music-hall, ainsi qu’une salle de concerts, tous les deux situés rue du Président Wilson (anciennement rue de Courcelles).

« La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil. »

Friedrich Nietzsche

La fanfare bigophonique

A vos maillots… Prêts ? Plongez !

Avec les beaux jours et la chaleur qui s’installent, certains d’entre vous fréquenteront plus assidûment un lieu où l’on fait du sport, mais qui est aussi un lieu de détente où il fait bon se rafraîchir… Le centre aquatique !

J’en profite pour vous proposer un voyage dans le temps à travers les lieux de baignade à Levallois au fil du temps.

Si les congés payés en France (et donc les voyages) ne datent que de 1936, il n’en reste pas moins que des moments de détente et de loisirs existaient bien avant. Les travailleurs n’ayant pas la possibilité de s’absenter, ils ont dû s’organiser, trouver des loisirs près de chez eux.  A Levallois au début du XX ème siècle, les bords de Seine ont été un lieu propice aux loisirs, comme la pêche, les régates, mais aussi les baignades depuis les rives de l’ile de la Jatte qui sont aménagées.

La pratique de la natation est alors encouragée par une association locale, l’Union, société de Natation et de Sauvetage, créée en 1903.

Géo Michel

Un autre club se crée en 1929, à l’initiative d’une association levalloisienne de commerçants : le club des nageurs de Levallois. Son président d’honneur est Géo Michel (le fameux boulanger à avoir battu le record de la traversé de la Manche à la nage !). Mais la Ville ne disposant pas encore de piscine, les entrainements se déroulent dans des bassins parisiens.

Petits ploufs le long de l’Île de la Jatte

En 1933 Louis Rouquier, Maire de la commune, demande à la préfecture de la Seine l’autorisation d’édifier sur le domaine public du département, une installation de baignade sur un des bras de la Seine, à l’extrémité aval de l’île de la Jatte. Cette autorisation est accordée en octobre 1933, avec des conditions d’utilisation et d’infrastructures très restrictives. Cette « baignade fluviale  » voit le jour au printemps 1935.  Ce qui n’est qu’une « baignade municipale » est rapidement délaissée après la Seconde Guerre mondiale, et fermera en 1952.

Des asticots dans la Seine

À partir des années 1925, une école de natation transportable et flottante, s’installe aux beaux jours au pont d’Asnières. La clientèle du « bain Masson » (du nom de son propriétaire) est presque exclusivement constituée des bambins de Levallois et d’Asnières. Les enfants y sont tellement nombreux et serrés que les Levalloisiens, qui aiment les formules imagées, l’ont surnommée la « boite d’asticots ». Les mères de ces « asticots » devaient venir chercher de force leurs enfants le soir, pour les faire sortir de ce bain de pleine eau dans la seine. Sous la pression maternelle, le propriétaire des lieux, devait se résoudre, la mort dans l’âme, à fermer à 19 heures et à expulser manu-militari les retardataires.

Quelques années après son ouverture, le « bain Masson » ferme ses portes, suite au décès par noyade de son propriétaire, et certainement aussi, suite à une recrudescence des cas de poliomyélite. Il faudra attendre 1956 pour profiter d’une nouvelle piscine sur le quai Charles Pasqua.

Plongeons sur les quais de Seine

Au début des années 1950, un projet de piscine voit enfin le jour ! Il s’agit d’une piscine d’été, en effet c’est une piscine découverte, à ciel ouvert.

L’emplacement retenu est l’extrémité du quai Michelet (actuel quai Charles Pasqua), juste avant le pont de chemin de fer qui relie Levallois à Asnières. La pose de la première pierre a lieu le 2 aout 1952 avec le Ministre de la Marine, en présence du Député de la Seine et du Maire.

A l’époque, c’est la plus vaste piscine de la région parisienne. C’est réellement une base de loisirs. Des publicités pour ce lieu lui donnent le nom de « Palm Beach Parisien ».  Elle est équipée d’un bassin d’eau filtrée de 60 mètres, de vastes plages, d’un plongeoir, de salles de culture physique, d’un mini-golf, d’un bar… Mais malgré tous ces équipements et ses horaires étendus (8h30-20h), la piscine est de moins en moins fréquentée. Étant en plein air, elle est fermée d’octobre à mai. En 1962 il est donc question de la couvrir, mais rapidement, elle ne répond plus aux normes techniques de sécurité et d’hygiène exigées par la DASS qui au début des années 1980 demande sa fermeture. Elle est donc vouée à être démolie.

Confort d’une piscine couverte

En 1969, la construction d’une piscine, couverte cette fois, est décidée. Elle est édifiée rue Pierre Brossolette, et son inauguration a lieu en novembre 1971. Elle est connue sous le nom de piscine Lucien Marrane, ancien Maire de Levallois.

Au cours des années 1980 et 1990, elle est modernisée, elle est même pourvue d’une salle équipée d’appareils de musculation. Son exiguïté l’empêchant de répondre à tous les besoins des levalloisiens, le projet d’un nouveau centre aquatique disposant de deux bassins et d’équipements annexes contraint la Municipalité à acquérir des terrains limitrophes.

En effet, deux bassins scolaires, appelés aussi « piscines écoles », consacrés à l’enseignement de la natation pour les scolaires, ont été supprimés. Ils se trouvaient 141-143 rue Anatole France (décidé en 1947 et inauguré en 1950), et 80 rue du Président Wilson (à l’emplacement de l’actuelle crèche « La Cigale » fermé et détruit au début des années 1990). De nombreuses générations de levalloisiens y ont appris à nager ! Ce qui accentue les besoins d’agrandissement de la piscine.

Un centre aquatique « tout confort »

La construction du nouveau centre aquatique est prévue en deux étapes. Dans un premier temps, le (nouveau) deuxième bassin est construit, ainsi que les équipements annexes : centre de remise en forme, solarium, SPA, solarium, bassins d’activités ludiques, parking…l’ancien bassin reste accessible lors des travaux, ce qui permet que la piscine reste ouverte.

La seconde étape des travaux est ensuite entamée, avec une sacrée surprise ! En effet, il avait été prévu une rénovation de l’ancien bassin… Mais lorsque les entreprises ont creusé, elles ont fait une découverte consternante. L’ancienne piscine avait été construite sans aucune fondation ! Elle avait été posée sur le sol, comme une piscine gonflable dans le jardin d’un particulier.

Au lieu d’une rénovation, il faut donc reconstruire un nouveau bassin, ce qui retarde la livraison de l’équipement d’un an. A l’été 2011, le nouveau centre aquatique de Levallois a ouvert ses portes dans sa version définitive, avec son deuxième bassin, de nombreux vestiaires, une cafétéria et une salle de musculation supplémentaires.

Les levalloisiens ne peuvent désormais que se sentir comme des poissons dans l’eau !

Si jamais certains d’entre vous souhaitent partager leurs expériences, des anecdotes sur leur fréquentation des bassins scolaires à propos desquels nous n’avons que peu d’informations, je les accueillerai avec plaisir.

Allez ! je partage mon expérience avec vous… J’ai « appris » à nager au sein du bassin scolaire de la rue du Président Wilson. Enfin… apprentissage particulier, car pour raisons médicales j’ai appris à nager au bord du bassin, allongée à plat ventre sur un banc, mais en maillot de bain et étant passée auparavant par la douche !

Des artisans d’art à Levallois

Les Nations Unies ont proclamé l’année 2022 « Année Internationale du Verre », en insistant sur le rôle du verre dans les domaines scientifiques, économiques, artistiques et culturels. Si le verre est essentiel à de nombreuses technologies vitales et facilite la transition vers un monde plus durable, il participe aussi à embellir nos vies. Cette année verra de nombreuses manifestations dans 90 pays sur les 5 continents, et donc, je pouvais lui faire une petite place au sein de ce blog.

En effet, je me saisis de l’occasion pour vous retracer l’histoire d’une dynastie de verriers, qui jusqu’en 2005, avait ses ateliers à Levallois.

Qu’est-ce qu’un verrier ?

Le verrier est un métier d’art exercé par un artisan d’art ou un artiste, chargé de fabriquer ou restaurer des objets décoratifs en verre (vitrail, figurines, sculptures) ou utilitaires (arts de la table, verrerie spécifique). L’artisan travaille sur la base d’idées personnelles ou d’après des modèles (dessins, plans à échelle réduite).

Il sélectionne la matière et l’outillage, compte tenu des caractéristiques techniques des matériaux. Il transforme la matière de base par le découpage, la mise en forme, le façonnage ou l’assemblage. Parfois, l’artisan verrier décore et embellit des objets déjà réalisés.

Il travaille sur commande ou dans le cadre d’expositions-ventes. Selon son statut juridique, il peut être amené à gérer une activité professionnelle et faire de la formation, par exemple en tant que maître artisan d’un métier d’art, ou de l’encadrement de salariés. Les gestes des métiers d’Art verriers ont été inscrits à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2019.

Le maître-verrier (vitrailliste) assemble au plomb des verres plats, colorés ou non, et parfois enrichis de motifs peints appelés grisailles. Il peut également réaliser des dalles de verre ou utiliser des méthodes de verre fusionné (fusing) associant différents verres de couleur.

L’épopée Brière

Eugène

L’aventure des ateliers Brière débute avec Eugène Brière. Il nait à Paris en 1863, et débute son apprentissage de maître vitrier dans les prestigieux ateliers Lusson. Talentueux, Eugène est nommé à seulement 18 ans à la direction des ateliers Neret.

Demande d’autorisation de construire faite par Eugène Brière

En 1892, il s’installe à Levallois avec son épouse. Ils habitent rue du Bois (actuelle rue Jean Jaurès), et en 1896, Eugène fait des demandes de travaux pour l’installation de son futur atelier de peinture sur verre, au 124 bis rue de Courcelles (actuelle rue du Président Wilson). La famille y emménage cette même année. C’est une année décisive, puisqu’il s’installe à son compte dans cet atelier qui fonctionnera jusqu’en 2005.

Eugène participe à l’exposition universelle de 1900 où il obtient une médaille de bronze pour la décoration d’une des portes monumentales de l’entrée, réalisée par l’architecte Binet.

Avec l’atelier Appert Frères, lui aussi installé à Levallois, il met au point la fabrication des verres Tiffany, colorés dans la masse, que l’on importait jusqu’alors des États-Unis.

Lorsque Eugène Brière commence à travailler pour son compte personnel, il fait réaliser par des peintres des maquettes qu’il numérote au fur et à mesure de leur exécution afin de créer une collection de dessins, et les montrer à ses clients. Il emploie jusqu’à 18 ouvriers.

Eugène conçoit les vitraux de style art nouveau des deux coupoles du Printemps à Paris, soit 800 m² de verrerie ! Ces coupoles sont installées en 1923, et démontées en 1939 pour éviter leur destruction par les bombardements. Elles sont entreposées à Clichy, et réinstallées plus de 10 ans après la guerre. Les 4 000 éléments qui la composent (sacré puzzle) seront rassemblés et réinstallés par Michel Brière, le petit-fils. Il les restaurera en 1973 selon les plans d’origine. La façade et les coupoles de ce bâtiment ont été classés comme monument historique en 1975.

Vitrail de Sainte Jeanne d’Arc

Eugène réalise des vitraux pour l’église Saint Justin en 1920. Nous lui devons les vitraux de Sainte Geneviève et Sainte Jeanne d’Arc (inspirés d’un tableau d’Ingres).

Eugène est aussi l’auteur de la grande verrière du casino de Monte-Carlo, un chef d’œuvre de la verrerie !

Artisan, artiste, mais aussi citoyen impliqué

Eugène entre au Conseil municipal par ordre de classement au tableau en 1906, suite à une importante crise politique. Suite à plusieurs rebondissements, Eugène devient successivement premier adjoint, puis Maire par intérim, et enfin adjoint d’Edmond Lamoureux jusqu’en avril 1912.

Il meurt en 1927 et laisse sa fabrique à son fils Émile. L’épopée continue…

Émile

Il nait à Levallois en 1892, et collabore avec son père dès 1910, jusqu’à son départ à la guerre. A son retour, en 1925, il participe à plusieurs concours, et donne des cours du soir de dessin à Levallois.

Michel

Michel, le fils d’Émile, lui succède à l’atelier vers 1945, tout en continuant des études de dessin. Il décore des crèches et des églises, entretient les vitraux de son grand-père à l’église Saint Justin (et créera d’autres), et rénove ceux de l’Hôtel de Ville.

Avec son père Émile, il travaille sur les vitraux de l’église de Saint-Maximin de Metz. C’est Jean Cocteau qui lui demande de créer, d’après ses dessins, les vitraux de l’église. Entre 1967 et 1970, ils créent 14 verrières.

Après avoir ré- installé et par la suite restauré les verrières des deux coupoles du printemps, il se lance dans la restauration de vitraux de châteaux.

Parmi les vitraux démontés lors de la deuxième guerre mondiale, un tiers seulement ont été remis en place (faute de moyens), les autres dorment entreposés dans des caves, sous la responsabilité des Monuments historiques.

Louis

Quatrième de la dynastie des maîtres verriers Brière, Louis prend la relève à la disparition de son père. Il travaille principalement pour des particuliers et des copropriétés, friands de vitraux.

Fin d’une belle histoire

Eugène Brière et ses successeurs ont toujours eu le souci de formation et d’approfondissement permanent. Tous les domaines, tous les styles, non seulement en France, mais aussi en Europe et en Asie les intéressent, de même que les diverses techniques artistiques. Malgré tout, comme de nombreux artisans, l’atelier Brière cesse son activité officiellement en 2005, non sans avoir marqué de leur empreinte ce métier d’art.

Le fonds de l’atelier Brière détenu aux Archives départementales des Hauts-de-Seine est conséquent. Il couvre les quatres générations successives :  de 1896, date de l’ouverture de l’atelier, jusqu’à 2005. 2166 maquettes, 468 rouleaux de cartons à grandeur d’exécution, ainsi que de nombreux échantillons de verre y sont conservés. Les Archives départementales ont mis en valeur ce fonds en éditant un ouvrage très intéressant. En le cédant aux Archives départementales, la famille Brière a montré le grand souci qu’elle avait d’en entretenir la mémoire.

Aujourd’hui, le groupe Saint Gobain, continue de fabriquer des verres teintés de toutes les couleurs. Ce groupe a absorbé petit à petit beaucoup de fabricants de verre français, alors que notre pays était au début du siècle dernier passé maître dans ce domaine.

La France, pays de cathédrales, a la plus grande surface de vitraux dans le monde, soit 90 000 m² de vitraux. Ce patrimoine rend l’activité de conservation et de restauration de vitrail importante…

Levallois fait son cinéma !

Du 17 au 28 mai, se tiendra la 75 ème édition du Festival international du film de Cannes. A cette occasion, le blog revient sur les liens qui existent entre Levallois et le 7 ème art. Alors… Silence ! Ça tourne …

Lorsqu’en décembre 1895, les frères Lumière projettent pour la première fois un film au public au grand café de Paris, ils sont loin de s’imaginer les conséquences de ce qui deviendra plus tard un nouvel art à part entière.

Une terrible catastrophe aurait pu mettre fin à la projection de films. En effet, en 1897 à Paris, l’inflammation d’une bobine de film est à l’origine d’un incendie meurtrier au bazar de la Charité. C’est dans cet incendie que périt Mme de Vatimesnil, fondatrice de l’œuvre du Perpétuel Secours et de son hôpital levalloisien.

Rapidement, il est nécessaire de projeter les films dans des lieux spécifiques qui seront connus plus tard sous le vocable de « salle de ciné ». Souvent, cette salle est aussi un lieu de concert ou encore de music-hall. Rappelons-nous qu’à ses débuts le cinéma est muet et que la projection d’images est souvent accompagnée de musique au piano.

Les salles de cinéma à Levallois

L’un des premiers cinémas de Levallois en 1909, est (déjà !) le Pathé, situé au 82 rue Fazillau (actuelle rue Jules Guesde). A la veille de la Première Guerre mondiale, la ville compte huit cinémas, dont le Magic-Cinéma, au 2 bis rue du Marché.

L’entre deux guerres voit le nombre de salles de cinéma augmenter, avec des noms comme l’Eden, le Roxy, le Triomphe, ou encore le Modern Cinéma.

Dans la deuxième moitié du XX ème siècle, la ville disposait même d’une salle municipale rue d’Alsace, connue sous le nom de Sadoul, puis ciné Eiffel, ainsi que d’une autre salle appelée Sadoul II avant la rénovation de l’ancien centre commercial Eiffel (devenu So Ouest).  Depuis avril 2015, Levallois bénéficie d’un complexe ultra moderne, le Pathé Levallois, composé de 8 salles.

Des acteurs à Levallois

L’histoire du cinéma s’écrit aussi au travers des actrices et acteurs, dont certains partagent des liens avec Levallois, parfois de par leur naissance.

Ainsi il est possible de citer Clotilde Courau qui est née à Levallois et dont la vie tient de la comédie romantique en devenant Son Altesse Royale la princesse Clotilde de Savoie, princesse de Venise et de Piémont en épousant en 2003 le prince Emmanuel-Philibert de Savoie.

Danièle Delorme

Nous pouvons aussi mentionner Danièle Delorme, née Gabrielle Girard à Levallois le 9 octobre 1926. C’était une actrice et productrice de cinéma. « Gigi », adaptation du roman éponyme de Colette lui a apporté la renommée en 1949. En 1958, nous la retrouvons dans « Les Misérables ». Elle a partagé sa vie avec Yves Robert qui l’a fait tourner notamment dans « Un éléphant ça trompe énormément », « Nous irons tous au paradis ». Ensemble ils fondent une maison de production, et produisent, entre autres, « La guerre des boutons », « Alexandre le bienheureux ».

Nous pouvons citer Louis Jouvet, qui a vécu un an à Levallois, en 1907, où il était employé au sein de la pharmacie place de la République. Il était logé chez ses employeurs.

Louis Jouvet
Guy Sarrazin

Au sein du cimetière municipal sont inhumées des personnalités cinématographiques comme Guy Grosso de son vrai nom Guy Sarrazin qui incarna à plusieurs reprises le gendarme Tricard dans la célèbre comédie « le gendarme de Saint -Tropez ».

Evoquons aussi « Monsieur Cinéma », l’émission de télévision que Pierre Tchernia présenta pendant vingt-deux ans. Dans son ouvrage « Magic Ciné », il évoque ce cinéma de Levallois où il a fait sa culture cinématographique. Plus tard, il évoquera sa fierté de voir son film « Le viager » sur le fronton du Magic Ciné.

Maintenant que nous avons évoqué les acteurs, le cinéma a besoin de décors, ou de lieux de tournages, ainsi que de supports techniques.

Levallois, lieu de tournage

La ville de Levallois constitue à elle seule un lieu de tournage. Il est fréquent d’apercevoir des vues de rues dans certains films comme dans la comédie « « Ah ! Si j’étais riche » en 2002.

L’hôtel de ville a servi à plusieurs reprises de décors pour des films qui sont rentrés dans notre Patrimoine.

La salle du Conseil municipal

Ainsi le procès de l’agent secret Josselin Beaumont, interprété par Jean-Paul Belmondo, dans le film « Le Professionnel » réalisé par Georges Lautner se déroule dans la salle du Conseil municipal transformée en salle de tribunal.

La ville perpétue aujourd’hui son histoire d’amour avec le cinéma. Clips, longs-métrages, émissions de télévision, publicités… Chaque année, plus de 60 demandes de tournages sont adressées à la Ville.

Bientôt vous découvrirez sur grand écran, l’adaptation du célèbre roman d’Alexandre Dumas, « Les trois Mousquetaires » avec Eva Green, François Civil, Vincent Cassel et Romain Duris dont certaines scènes ont été tournées il y a quelques mois dans cette même salle du Conseil, mais chut…

Parfois le nom même de Levallois est évoqué lors de répliques comme dans « le cave se rebiffe » avec Jean Gabin et Maurice Biraud en 1961.

« L’envers du décor »

En 1978 rue d’Alsace, Michel Thevenet crée l’emblématique laboratoire Telcipro, spécialisé dans le traitement des films négatifs. Dix ans plus tard, la société s’agrandie et s’installe place du Général Leclerc, dans des locaux de 5000m². En s’étendant, grâce à la construction d’un immeuble contiguë, le laboratoire passera ensuite à 8000 m² et emploiera jusqu’à 170 salariés. Cette société quitte Levallois à la fin des années 1990.

Les studios Duran Duboi, installés rue Paul Vaillant Couturier (sur l’emplacement d’une ancienne usine, et à la place de l’actuelle médiathèque Albert Camus) avaient pour principale activité, la création d’effets spéciaux pour le cinéma. Elle est fondée par Bernard Maltaverne et Pascal Hérold en 1983. L’entreprise réalise aussi bien des trucages pour l’univers de la télévision, de la publicité et du cinéma. Nous devons entre autres à ces studios levalloisiens les effets spéciaux numériques de « La cité des enfants perdus » de Jean-Pierre Jeunet.

Créée en 1985, la société Mikros-image, spécialisée dans le secteur de la post-production de film cinématographiques, de vidéo et de programmes de télévision a été en activité durant 30 ans, au 120 rue Danton à Levallois. Elle a fermé ses portes en 2016.

Le Ciné-Club

L’univers du cinéma réunit aussi un monde de passionnés appelés cinéphiles. Ces derniers sont à l’initiative de la création de ciné-club, comme celui de levallois créé en novembre 1948 et alors présidé par l’acteur de renom François Perrier.

La projection de films se déroulaient à l’Eden et au Magic où avaient lieu également des rencontres avec des réalisations, des acteurs….

Dans un esprit similaire, Cin’Eiffel, organisé par la Médiathèque de Levallois permet de découvrir l’histoire du cinéma à travers son blog et la projection de films, en mettant en perspective un film et ses clés de lecture et en invitant un spécialiste afin d’échanger.

Les Archives municipales conservent un fonds d’affiches du ciné-club de Levallois.

Le festival P’tit Clap

Par ailleurs dans le cadre de sa politique culturelle et de l’aide à la création, la ville a créé le festival P’tit Clap doté de 9 prix, sous la forme d’un concours international de courts métrages dédié aux réalisateurs de 15 à 25 ans. En 2022, il s’agit de sa 13e édition.

En parallèle,le festival P’tit Clap permet également de promouvoir de nombreuses actions d’éducation à l’image afin de soutenir et faire découvrir le format court.