Autobiographie d’une très célèbre grande dame.

Je suis née un mois d’octobre, c’est pourquoi j’écris aujourd’hui mon histoire peu commune. Je suis maintenant d’un âge respectable, car dans quelques jours, le 28 très exactement, je vais fêter mes 134 ans ! Je suis française d’origine, mais je vis aux États-Unis depuis mon origine.

Je vais me débarrasser tout de suite des questions un peu gênantes… je mesure 46,05 mètres, sans mon socle, soit 92,9 mètres avec mon piédestal, et je pèse 220 tonnes. Sous ma robe de cuivre, qui s’apparente à une toge, se cache non pas un jupon, mais une structure en fer puddlé  de 130 tonnes, mise au point et réalisée par un de vos célèbre concitoyen : Gustave Eiffel.

Mais commençons par le début…

Un cadeau de la France aux Etats-Unis

Mon aventure, l’idée de ma création, commence en France en avril 1865, au cours d’une réunion publique. Les participants sont des amoureux de la jeune république des États-Unis, et  ils célèbrent l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage.  Lors de cette réunion, est proposée la construction d’une statue colossale (moi !) qui serait offerte aux États-Unis pour renforcer l’amitié franco-américaine.

Un jeune sculpteur, Auguste Bartholdi, présent à cette réunion, s’empare avec enthousiasme de cette idée. Il  a dans ses cartons un projet similaire, tout prêt, qui devait se nommer « l’Orient éclairant le Monde », mais qui a été refusé par le souverain d’Égypte. Je ressemble étrangement à cette statue gigantesque qui n’a jamais vue le jour. Outre le fait  d’avoir déjà été pensé, j’offre un autre avantage vu de France : Je pourrais montrer le génie Français à la face du Monde.

Ma conception

Statue de Charles Borromée

Pour me réaliser, Bartholdi fait le choix d’une structure interne recouverte de feuilles de cuivre repoussé. Il a découvert  cette technique sur la statue de Charles Borromée, réalisée en Italie par Giovanni Battista Crespi à la renaissance (c’est le premier exemple de l’utilisation de cuivre repoussé sur une structure solide).

Mon lieu de résidence est déjà décidé ! Je vais trôner dans le port de New York, face à Manhattan, sur l’île de « Bedloe’s Island » qui deviendra en 1956 « Liberty Island ».

L’idée d’être entourée d’eau est séduisante, mais m’inquiète. En effet, vu mes mensurations et mon futur emplacement, mon concepteur se frotte à des difficultés techniques inédites. Il va falloir qu’il assure ma stabilité (quelques soient les conditions climatiques), et qu’il évite que je ne m’effondre sous mon propre poids.

Je vous raconte ce que vous ne pouvez voir…

Auguste Bartholdi fait appel à Eugène Viollet-le-Duc, architecte célèbre. Ce dernier prévoit d’assurer ma stabilité en me remplissant  jusqu’aux hanches de caissons plein de sable.  Viollet-le-Duc  décède avant que son idée ne soit mise en œuvre, et c’est vers  Gustave Eiffel que Bartholdi se tourne.

Il construit ma charpente comme un véritable squelette. Elle est élevée autour  d’un pylône central en fer puddlé (nouvelle fenêtre) autour duquel tourne un escalier en colimaçon. De ce pylône part tout un réseau de poutrelles de tailles et d’importances différentes. Au bout de chacune d’elle, Gustave Eiffel fixe des pièces de fer pouvant coulisser sensiblement sur les poutrelles secondaires. Ce montage donne une certaine élasticité à mon squelette, ce qui me permet de bouger légèrement (Je peux osciller jusqu’à 8 cm)  face à des vents forts.

Un autre défi, et pas le dernier, est la charpente de mon bras droit, que je vais devoir maintenir levé en toutes circonstances. Heureusement que mon ingénieur est un habitué de la construction des ponts ! Il a donc l’expérience des ajouts à une structure de fer.  Il choisit de fixer une seconde charpente, plus petite, faite essentiellement de poutrelles secondaires de tailles variées, pour s’adapter parfaitement à « ma peau de cuivre ». J’échappe ainsi aux renforts sous le bras, ce qui aurait nuit à ma beauté !

Parlons de mon enveloppe de cuivre.  Elle est suspendue à mon ossature, et n’a donc pas à supporter son propre poids, C’est mon squelette de fer qui fait tout le travail.

Les ateliers de Gustave Eiffel, à Levallois

Mon squelette, élaboré par Gustave Eiffel est créée dans ses ateliers, à Levallois, là même où les pièces de la fameuse tour de 300 mètres seront fabriquées.

De l’électricité dans l’air

Un phénomène bien connu des artisans qui travaillent les métaux complique mon existence. Il s’agit d’un phénomène électrique qui prend toute son ampleur dans mon cas, vu ma stature. Il faut contrer l’action électrique, dont les effets sont à redouter. Le vent de la mer apporte avec lui des embruns qui sont constitués de fortes proportions d’eau salée. Associé à un élément cuivre-fer,  il s’agit d’un agent des plus actifs pour la création spontanée d’électricité. Vu ma constitution, il y a donc des points de contact qui vont générer de l’électricité. Ce phénomène se produira aussi lors des pluies d’orage chargées de nitrates, et je risque de me transformer en pile électrique géante !

Gustave Eiffel, pour empêcher ce phénomène, prévoit d’insérer des plaques garnies de tissu enduit de minium ( nouvelle fenêtre) entre les feuilles de cuivre et mes armatures en fer. Je ne servirai donc pas de générateur, ni de batterie. Ce procédé est employé avec succès par la marine pour le doublage des navires.

Mon lieu de naissance

Les 300 plaques de cuivre repoussé sont travaillées à la main dans les ateliers de la fonderie « Gaget-Gauthier et Cie ». Cette dernière loue un terrain de 3 000 m² rue de Chazelles, juste à côté de ses ateliers, et du parc Monceau.

Je suis assemblée une première fois à Paris, dans les ateliers Gaget-Gauthier. Ma tête est présentée dans les jardins du Champ de Mars, en 1878 lors de l’Exposition universelle de Paris. Moyennant la somme de 5 centimes, les visiteurs peuvent y pénétrer  jusqu’à mon diadème, grâce à un escalier de 43 mètres.

Une fois assemblée, j’émerge peu à peu des toits de Paris, rue de Chazelles. Devenue le plus haut monument de Paris, je deviens l’une des promenades favorites des parisiens, et je reçois même des visiteurs de marque (Jules Grévy- Président de la République, Victor Hugo…)

Pour aider à mon financement, des miniatures me représentant et portant sur le socle le nom de Gaget sont vendues. Il se dit que c’est de là que viendrait le mot « gadget ». (Gaget prononcé à l’anglaise)

L’aventure commence

Une fois que chaque chose est à sa place, en février 1885, on me démonte et c’est le début d’une autre épopée.

Je vous raconterais la suite de mon histoire plus tard, il me faut me remettre de toutes ces émotions. Rendez-vous le 15 novembre !

Un impôt à la peau dure, aboli après-guerre.

Si les mois d’octobre et novembre sont  la pleine période fiscale (taxe foncière, taxe d’habitation…) il existait un impôt qui ne connaissait pas de périodicité.

Pendant des siècles, aux portes des villes, les commerçants ont payé l’octroi sur les marchandises importées. Si cet impôt, haï par l’opinion publique, a longtemps fait débat sur les bancs de l’Assemblée nationale, il a été une manne considérable pour les revenus communaux.

Des origines moyenâgeuses

L’octroi a des origines très anciennes. C’est une permission, accordée par le roi aux communes, de percevoir à leur profit exclusif, des droits sur les marchandises pénétrant sur leur territoire à l’exclusion des produits de première nécessité, dits « produits francs de droit », comme les blés et les farines, conformément à l’ordonnance du 9 décembre 1814, qui énumère les marchandises taxables : boissons et marchandises liquides, comestibles, combustibles, fourrages et matériaux.  Leur montant est variable, car il est fixé par un simple arrêté municipal.

Ce droit de lever des impôts locaux aurait été accordé par Philippe le Bel à certaines villes dès le XIII ème siècle.

Une révolution y met fin

Ces impôts ont participé à l’émancipation des communes, mais dans son souci d’effacer  toute trace de privilèges issus de la royauté, l’Assemblée nationale constituante de janvier 1791 supprime l’octroi, considéré comme « arbitraire qui favorise les nobles, les bourgeois et les riches ».

Barrière Pigalle, démolition des murs de l’ancien octroi de Paris

Cet impôt toujours plus lourd à supporter, est une des causes de la Révolution. Quelques jours avant la prise de la Bastille, les insurgés ont mis le feu aux barrières de l’octroi. Des émeutes les détruisent et tuent plusieurs soldats.

Le Directoire les rétablit

Le manque à gagner est  tel pour les communes, qu’au nom des nécessités de l’assistance publique, la loi du 27 vendémiaire an VII (18 octobre 1798) rétablit à Paris un octroi municipal de bienfaisance. Mais très rapidement la destination des fonds collectés est détournée pour alimenter les budgets des grandes communes.

Différentes réglementations  sont intervenues au cours des XIX ème et XX ème siècles pour codifier le fonctionnement de l’octroi qui est alors à son apogée. Certains produits de consommation courante comme la farine, les légumes ou le beurre sont exemptés de taxe.  Au milieu du XIX ème siècle, les octrois sont abolis, mais aucune mise en application ne suit ces décisions, et l’octroi perdure.

Les bureaux d’octroi des nouvelles barrières de Paris, 1860.

 Cette situation pousse les entreprises à délocaliser leur activité en banlieue. Des guinguettes s’installent de l’autre côté des barrières, là où le vin hors taxe coule à flots. Il est certain que le «  Village Levallois » a bénéficié de cet « exode » jusqu’à la création de la commune.

Un droit de passage aussi à Levallois

Au cours du temps et selon les lieux, quatre modes de perception des droits sont apparus : la régie simple, pratiquée sous l’autorité directe du maire, la régie intéressée, exercée par un régisseur pour le compte de la communes, la ferme ou adjudication des produits de l’octroi selon un prix convenu, ou encore l’abonnement qui consiste en une convention de gré à gré avec l’Administration des Contributions.

Dès sa création en 1867, la ville de Levallois se dote d’un « octroi municipal et de bienfaisance ». La municipalité opte pour une régie simple et installe ses premiers bureaux à différents carrefours stratégiques. Au total, la commune de Levallois compte douze bureaux d’octroi, répartis sur l’ensemble de son territoire, et ouverts tous les jours. Les horaires varient en fonction non pas des saisons, mais des mois : de novembre à février de 07h à 18h. Pendant les mois de mars, avril, septembre et octobre les bureaux sont ouverts de 06 h à 19h, et de mai à fin aout de 05h à 20 h.

Le personnel de l’octroi comprend un préposé et 28 receveurs ou surveillants.

Les archives municipales de Levallois conservent les tarifs de l’octroi pour l’année 1927. On y apprend par exemple que les volailles étaient taxées à 0,75 centimes le kilo, le savon et la lessive étaient taxés à 12 francs les 100 kilos et que les confettis et serpentins (oui ! oui !) à 30 francs les 100 kilos !

Fin définitive de l’octroi

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les octrois tendent à disparaitre car les frais engagés par les communes pour les percevoir sont devenus tellement élevés  qu’ils absorbent les bénéfices. De plus, le volume des marchandises transportées est tel que les octrois sont devenus une gêne importante pour la circulation.

Durant la guerre, les octrois amplifient les difficultés d’approvisionnement des denrées comestibles, et ils sont supprimés par la loi du 2 juillet 1943, et le décret du 9 décembre 1948 les abolit définitivement à compter du 1er janvier 1949. Ils sont remplacés par d’autres impôts, plus avantageux pour les villes, et plus faciles à percevoir

À Levallois, il reste encore deux bureaux d’octroi visibles. Le premier est situé rue Paul-Vaillant-Couturier, le long de la voie de chemin de fer, le second se trouve rue Baudin, à l’angle de la rue Victor Hugo.

Octroi de la rue Paul-Vaillant-Couturier
De célèbres employés de l’octroi

L’octroi de Paris a eu de nombreux employés, mais l’un d’eux est devenu célèbre grâce à une compétence particulière.  Il était commis de deuxième classe de l’octroi, mais Il était aussi peintre. Il s’agit d’Henri Rousseau, surnommé par dérision le « douanier Rousseau ».

L’octroi de Levallois compte aussi parmi ses employés un peintre reconnu. En effet, Jean Eve qui est devenu peintre des banlieues et de l’Île de France y a travaillé de 1934 à 1936.

Huiles sur toiles de Jean Eve

Une guerre oubliée

Cette année célèbre un triste évènement totalement oublié de la mémoire collective. Je veux parler de la guerre de 1870-1871 dont c’est le 150e anniversaire. Pourtant, cette guerre a eu de nombreuses conséquences en Europe : chute du Second Empire français et de l’empereur Napoléon III, proclamation de la IIIe République en France, perte des territoires de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, et la création d’un état allemand unifié autour de la Prusse.

Cet ensemble d’évènements a conduit à cultiver en France un esprit de revanche sur l’Allemagne. Cette hostilité entre les deux états aura pour conséquence dévastatrice deux guerres mondiales.

Un puzzle aux origines du conflit

Ce conflit est le résultat de la volonté prussienne d’unifier l’Allemagne qui est à ce moment-là une mosaïque d’états indépendants. La question de la vacance du trône d’Espagne (article L’opinion de Napoléon III sur la question du trône d’Espagne en 1869 par Marcel Emerit dans la Revue d’Histoire Moderne Contemporaine – nouvelle fenêtre)  va mettre le feu aux poudres. En effet, Guillaume Ier propose d’y installer un prince allemand. Pour Napoléon III, cette situation est inacceptable, car la France serait « encerclée » par la famille allemande des Hohenzollern (nouvelle fenêtre) . Le 19 juillet 1870, l’Empire français déclare la guerre au royaume de Prusse.

C’est mal engagé, car les forces ne sont pas équilibrées

L’armée française n’est pas à la hauteur de l’armée prussienne, la France dispose de la moitié des hommes dont dispose l’Allemagne, et la mobilisation se fait dans le plus grand désordre, ce qui retarde l’offensive prévue en Alsace.

L’artillerie est elle aussi à inférieure à celle des Prussiens, en effet, les canons français, en bronze, se chargent toujours par la « gueule », alors que le canon prussien Krupp, en acier, est muni d’une culasse de chargement qui assure une cadence de tir plus rapide.

Napoléon III, vieilli, malade et sans grand talent militaire, entouré de ses généraux eux aussi vieillis et jaloux les uns des autres, n’appliquent pas les bonnes stratégies, ils sont plutôt partisans de la défensive.

Levallois, une ville en exil

Dès la déclaration de guerre, le maire Paul Caillard appelle les habitants à aider financièrement la société de secours aux militaires blessés des armées de terre et de mer. Les Levalloisiens participent généreusement, et lors de la séance du 22 juillet, le Conseil municipal vote à l’unanimité une souscription de 1 000 Frs.

La Garde nationale de la Seine est mobilisée pour assurer la défense de Paris. Le 9 août, les affiches apparaissent sur les murs de la commune appelant les citoyens ayant plus de trente ans à rejoindre le 34e bataillon au sein de la Garde nationale sédentaire. Dans les communes de Clichy et de Levallois-Perret, une compagnie de tirailleurs composée de 150 hommes est formée fin août au sein de ce même 34e bataillon.

Rapidement, les armées françaises sont défaites par les armées allemandes plus expérimentées et mieux équipées. Napoléon III capitule à Sedan le 2 septembre. C’est le choc dans l’opinion publique. Pour autant la guerre n’est pas finie. La IIIe République proclamée le 04 septembre à Paris souhaite poursuivre les hostilités. Un gouvernement de Défense nationale est formé sous la direction du général Trochu.

Paris est assiégé dès le 19 septembre par les armées allemandes. La capitale connait une grave crise sociale. Le siège est terrible, les gens meurent de faim  : Des Parisiens affamés ont dévoré les animaux du zoo du Jardin des Plantes en 1870 (article publié par  Yann Contegat, le 2 mars 2018 sur Daily Geek Show – nouvelle fenêtre)

La population levalloisienne se réfugie, courant septembre, derrière les fortifications de la capitale déclarée en état de siège.  Si au début de l’année 1870, la ville de Levallois-Perret dénombre 17 000 habitants, fin décembre 1870, ils seront à peu près 1750. Dans cet exode parisien, les animaux et les provisions sont pris pour assurer le ravitaillement. Mais autre fait marquant comme l’écrit un journaliste de l’époque, les mairies de la banlieue déménage aussi !

Le Conseil municipal de Levallois quitte la mairie de la rue Rivay pour s’installer au 33 rue de Moscou à Paris, dans un hôtel prêté gracieusement. La guerre ne signifie pas l’arrêt de l’administration de la commune. Si certaines  délibérations sont induites par la guerre d’autres apparaissent pour le moins surprenante comme le changement de dénomination de la ville en « ville de Courcelles ». De même, le débat sur le mode d’enseignement dans les écoles communales ravive les tensions entre  le Maire Paul Caillard et les Conseillers municipaux, ce qui le conduit à démissionner en novembre 1870. Jean Codur est élu Maire par les Conseillers municipaux.

En outre, les Levalloisiens sont soumis à d’intenses bombardements de l’artillerie allemande. Pire, ils doivent faire face aux restrictions alimentaires. Un futur Levalloisien en la personne d’Alfred Le Petit immortalise par ses dessins les préoccupations liées la nourriture.

Le 9 octobre, le nouveau ministre de l’intérieur, Léon Gambetta,  quitte Paris assiégé grâce à un ballon.

Caricature d’André Gill

Le 1er mars 1871, les troupes prussiennes entrent dans Paris et défilent sur les Champs-Élysées. Hasard de l’histoire, cette date est aussi celle où le Conseil municipal de Levallois réintègre la mairie de la rue Rivay.  Mais la guerre n’est pas encore finie. Les Parisiens rejettent l’Armistice et proclameront bientôt la Commune.

Le gouvernement est contraint de négocier. Favre rencontre Bismarck à Versailles, qui est le grand quartier général allemand. Bismarck accepte l’armistice si Paris capitule. L’armistice est signé le 28 janvier 1871. Le traité de paix définitif est signé à Francfort le 12 mai 1871.

Un Levalloisien se distingue durant cette guerre de 1870

Jean-Baptiste Eugène Boëltz née le 22 mai 1843 à Volmerange, en Moselle.

Sergent-major au 96e régiment d’Infanterie, Jean-Baptiste Eugène Boëltz combat lors de la guerre de 1870. Il est reconnu pour son courage, se distinguant notamment à l’occasion du siège de Phalsbourg et lors de l’évacuation du fort de la Petite Pierre.

En 1872, Jean-Baptiste Eugène Boëltz est élevé au grade de Chevalier de la Légion d’honneur par le Ministre de la Guerre.

Résidant à Levallois, dans la vie civile, Jean-Baptiste exerce successivement différent métiers : employé des douanes, de compagnie de chemins de fer, ou encore représentant de commerce pour une maison d’horlogerie. Il décède le 13 mars 1895 à l’âge de 51 ans à son domicile levalloisien, au 30 rue Martinval (actuellement rue Pierre Brossolette).

Acte de décès de Jean Baptiste Eugène Boeltz

Le Conseil municipal décide de lui rendre hommage et de lancer une souscription pour élever un monument funéraire à sa mémoire, qui sera inauguré le 4 avril 1897.

Le buste de Jean-Baptiste Eugène Boëltz surmonte sa pierre tombale.

Parti sans laisser d’adresse… (Suite)

Après avoir découvert les changements de noms des grandes rues qui vont de Paris à la Seine dans notre précédent article, Parti sans laisser d’adresse, découvrons aujourd’hui les changements de noms de certaines rues qui mènent de Neuilly à Clichy.

Rue Chevallier

En 1853, la rue Chevallier n’est que partiellement établie. Au Nord, c’est une grande sablière qui l’interrompt à partir de la rue Fazillau (actuelle rue Jules Guesde), et à l’autre extrémité, elle est coupée par la rue des Arts (actuelle rue Marius Aufan). Elle n’atteindra sa longueur actuelle qu’au début de l’année 1874. Si en 1914 on y trouve quelques commerces de bouche (dont deux marchandes d’huitres !), on y déniche aussi cinq mécaniciens, et vingt et un marchands de vin.

Lors de sa séance du 23 décembre 1939 le conseil municipal décide d’attribuer le nom de Louis Rouquier à la rue Chevallier, un mois jour pour jour, après le décès de ce dernier.

Chemin de halage

Le chemin de halage est sans aucun doute la plus ancienne voie de Levallois. Depuis toujours, un chemin a dû longer le fleuve pour y puiser l’eau, y faire sa lessive ou faire boire les bêtes. Ce chemin figure sur la carte des chasses de 1774 (carte la plus ancienne que possède les archives municipales de Levallois) et sur tous les plans et cartes jusqu’à nos jours.

L’implantation d’industries fit apparaître un important trafic portuaire le long de ce chemin. Les bords de Seine sont fréquentés à la belle saison par des promeneurs et des baigneurs. Les chalands entassent leurs marchandises sur les berges, contre les haies et les clôtures. Les passants doivent ainsi contourner les monceaux de sable ou de charbon posés en maraude. Fréquemment les promeneurs finissent par couper à travers champs et la circulation des charrois est interrompue.

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L’usine Clément Bayard, Quai Michelet

Un arrêté du 1er novembre 1883, du maire, Jean-François TREBOIS , rebaptise le quai de halage pour devenir quai Michelet. Cette voie change à nouveau de nom en octobre 2016, et prend celui de Quai Charles Pasqua.

Rue Vallier

Nicolas Levallois la dessine sur son plan illustré de 1853, et lui donne le nom de « rue Vallier », nom d’un de ses amis menuisiers (comme lui) qui participe à la construction des premières maisons du village.

Cette rue démarre rue de Villiers et se termine rue de Courcelles (actuelle rue du Président Wilson).

En 1914, un des neuf dentistes de Levallois y a son cabinet. On y trouve aussi quelques commerces de bouche, cinq cordonniers, et à propos des nombreux marchands de vin levalloisiens, dix-huit d’entre eux y ont leur commerce. Ce qui, finalement, est peu comparé à leur présence rue Gravel (actuellement Aristide Briand), où ils sont quarante et un à y tenir boutique !

En 1926, la municipalité de Louis Rouquier décide de donner le nom de Louise Michel (nouvelle fenêtre) à la rue Vallier, mais cette décision est refusée par la préfecture.  Le Préfet motive son refus par le fait que les hommages publics ne doivent être décernés qu’à des personnalités décédées, sur lesquelles l’Histoire peut se prononcer… La Commune de Paris est un évènement encore trop récent pour que la « Bonne Louise » ait une rue à son nom à Levallois. Il faudra attendre une petit vingtaine d’années pour que cet hommage lui soit rendu par décision du Conseil Municipal le 23 novembre 1945.

C’est la seule femme à avoir le « privilège » d’avoir son nom ainsi que son prénom sur une plaque de métro.

Rue Fromont

Toujours sur sur son plan de 1853, Nicolas Levallois projette une rue qui joint la route d’Asnières (actuelle rue Victor Hugo), à la rue de Villiers et coupait ainsi le domaine de la Planchette en son milieu. N’ayant pas loti ses terrains, le propriétaire fait obstacle au projet.

Cette rue est percée au nord, de la rue Delaunay (rue Raspail) jusqu’au domaine de la Planchette. En 1857, une amorce de rue dans le prolongement de celle interrompue par le domaine de la Planchette est percée. Ces deux portions de rue portent le nom de rue Fromont, encore un artisan et ami de Nicolas Levallois, qui a, lui aussi, participé à la création du Village. Trois ans plus tard, la deuxième portion de la rue est prolongée jusqu’à la rue de Villiers. En 1883 ce tronçon sud est baptisé rue Kléber.

Ce n’est qu’en 1886 que la portion Nord est prolongée jusqu’à la route d’Asnières. Le 23 juin 1925, ce qui reste de la rue Fromont devient rue Camille Pelletan (nouvelle fenêtre).

Rue Gide

Au fil du temps, cet ancien chemin a porté plusieurs noms. Jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, il portait le nom de « chemin de Clichy ». Au début du XIX ème siècle, sur le territoire de Neuilly, il portait le nom de « chemin de la Planchette » et sur le territoire de Clichy, celui de « Chemin de Courcelles à Clichy ». Du côté de Neuilly, le chemin de la Planchette se trouvait dans un état déplorable qui le rendait impraticable par les charrois. Du côté Clichy, le chemin de Courcelles à Clichy aurait eu une « chaussée bombée et cailloutée en parfait état ».

Monsieur Rivay, homme fortuné et habitant du village Levallois, à son décès en 1865, a légué tous ses biens à notre jeune commune. C’est son neveu, M. Gide, qui fut son exécuteur testamentaire. En reconnaissance pour ce dernier la jeune commune donna son nom au chemin de Clichy.

Lors du Conseil Municipal du 23 novembre 1946, décision est prise de renommer cette rue. Elle devient rue Paul Vaillant Couturier (nouvelle fenêtre).

Pause estivale sur les blogs

Comme chaque année, après une nouvelle saison de publications, les blogs se mettent en pause et les rédacteurs d’articles vont se ressourcer pendant l’été.

En 2019-2020, nous avons écrit et publié 300 articles sur l’ensemble des blogs avec notamment un article par jour sur l’un ou l’autre d’entre eux pendant le confinement et vous avez été plus de 3000 par mois à les lire ! Aussi, un immense merci à tous, lecteurs fidèles ou de hasard, merci de nous suivre, de commenter, de partager, parfois de compléter nos informations et d’échanger avec nous à propos de ces articles 🙂

Nous serons heureux de vous retrouver à la rentrée avec de nouvelles propositions et de nouveaux articles. D’ici là, n’hésitez pas à vous promener sur nos blogs où vous trouverez des idées de balades à faire dans la ville, de musiques à découvrir, de lectures, de films à voir, d’orientations ou de formations ou encore de projets numériques étonnants…

Passez un très bon été !