Un courageux obstiné

Il y a 95 ans, presque jour pour jour, un exploit a été réalisé par un boulanger de Levallois. Il a battu un record du monde !

Non ! Non ! Géo Michel n’a pas confectionné un pain de taille incroyable ! Il n’a pas, non plus, participé à un concours de pâtisserie !….

Le 10 septembre 1926, il a battu le record du monde de la traversée de la Manche… A la nage !

Si aujourd’hui franchir la Manche est presque une formalité, grâce aux ferrys ou au tunnel, ça n’a pas toujours été le cas. La traversée de la Manche pour atteindre l’Angleterre, si proche et si lointaine à la fois, était avant tout un symbole historique avant d’être un défi sportif.

Terrain de jeux de nombreux aventuriers

La traversée de la Manche a souvent été une obsession pour les aventuriers et autres sportifs téméraires. Les courants, les méduses, la navigation, la pollution, les conditions météorologiques et la froideur de l’eau lui valent le surnom de « l’Everest de la natation ».

Louis Blériot, célèbre avionneur levalloisien, a été le premier à réaliser ce prodige à bord d’un avion le 25 juillet 1909, en 37 minutes. Il a été le premier pilote à quitter la terre de vue.

Le 12 août 1875, après sept heures de brasses, une violente tempête fait échouer la première tentative de traversée de la Manche à la nage. C’est le capitaine Matthew Webb qui tente cette première traversée.  Il réitère le 24 août 1875 . A 12 heures 56, il s’enfonce nu, enduit d’huile de marsouin, dans la Manche depuis Douvres, suivi par trois escorteurs . Il atteint Calais, le mercredi 25 août à 10 heures 41.

Matthew Webb est donc officiellement reconnu pour avoir effectué le premier la traversée de la Manche, le 24 août 1875. Du fait de courants défavorables, il a parcouru une distance totale de 64 km, en 21 heures et 45 minutes.

Sept autres courageux candidats ont par la suite réalisé semblable exploit, dont l’américaine Gertrude Ederlé le 6 août 1926.  Non seulement elle est la première femme à traverser la Manche, mais en plus elle bat le record masculin d’une heure !

« Le champion en tenue de travail »

Un mois plus tard, un Levalloisien inscrit lui aussi son nom au palmarès.

Boulanger, nageur et têtu ! Géo Michel…

Né en 1890 dans la Marne, Georges Alphonse André Michel (dit Géo Michel) est fils de boulanger, et boulanger lui-même.  Il est bien loin de ressembler aux véritables athlètes de la natation moderne, à la musculature parfaite. C’est plutôt un bon vivant, un « solide gaillard » de 113 kilos, mais c’est aussi un nageur émérite, pugnace et obstiné !

Son métier de boulanger, au 1 rue Raspail (à l’angle de la rue Aristide Briand) ne lui laisse que peu de temps pour les entrainements. Têtu, il se prépare dans la Seine et affronte la désapprobation de sa famille, car il a déjà tenté la traversée de la Manche à 10 reprises. Il a dû assurer, à chaque tentative, les frais de l’inévitable remorqueur officiel, qui sont de 400 francs de l’heure.

« Le voici dans son fournil examinant un pain »

L’exploit !

Enfin, vient l’heure de la fameuse traversée, le 9 septembre 1926 à 20h26. Son point de départ est le Cap Gris-Nez, dans le Pas-de-Calais, et Géo a 34 kilomètres à parcourir. Avant de se jeter à l’eau, en mangeant une soupe à l’oignon gratinée et deux œufs au plat accompagnés d’un verre de vin rouge, il se fait la promesse qu’il s’agit de sa dernière tentative.

Il a étudié les courants complexes, et est arrivé à la conclusion qu’il ne devait profiter que d’une marée. Il doit donc traverser la Manche en moins de 12 heures.

Pour se protéger du froid, il s’enduit entièrement de graisse, et se jette à l’eau. Curieusement, il utilise une nage bien particulière : le « over arm stroke » (nage sur le côté), appelée aussi « nage indienne ». Elle permet d’effectuer de longues distances en raison de son faible impact énergétique, mais c’est surtout, selon son propre aveu, parce que Géo ne maitrise pas les « nages modernes de vitesse ».

Cette traversée est loin d’être une promenade, et ce pour plusieurs raisons…

Suivi par le remorqueur Maurice qui transporte des passagers, mais surtout les contrôleurs officiels, il connait des moments de découragement. Il fait le constat qu’une traversée seul est plus difficile qu’un marathon nautique, car il n’y a pas d’autres concurrents pour motiver l’esprit de compétition lors d’instants de relâchement.

Comble du comble, notre nageur obstiné souffre du mal de mer ! Et il y est confronté à deux reprises. L’odeur de l’iode et l’air salin provoquent des vomissements répétés. Pour tenter de l’aider à surmonter ces malaises, il est ravitaillé une première fois avec deux coupes de champagne, puis ensuite avec du café et des morceaux de sucre imbibés de cognac. Il doit aussi faire face à une violente crampe à la cuisse qui lui fait perdre 15 précieuses minutes.

« Son manager lui donne un morceau de sucre imbibé de cognac »
« En vue des côtes, Michel prend un peu de champagne »
« Une nageuse anglaise vient au devant de Michel »

A proximité des cotes anglaises, deux nageuses viennent à la rencontre de Géo Michel, munies d’un verre de champagne pour fêter les derniers mètres à parcourir. En sortant de l’eau, il a la sensation « d’avoir désappris à marcher lors de cette traversée », il ne tient plus debout. Après 3 chutes, c’est à 4 pattes qu’il foule le sable de la plage de Saint-Margaret-Baie, près de Douvres, le 10 septembre 1926, à 07h31, soit 11 heures et 5 minutes après son départ.

Il aura nagé à la vitesse de 3 km/h, effectué entre 27 et 29 brasses à la minute, perdu 4 kilos, mais si Géo Michel est le premier Français à réaliser cet exploit, il est à présent recordman du monde de la traversée de la Manche à la nage ! (il le restera jusqu’en 1950, date à laquelle il est battu de 15 mn).

A son arrivée, il est largement ovationné et accueilli triomphalement. Un bain chaud et un breakfast l’attendent avant une inévitable séance de dédicace.

Après les efforts, les honneurs

A Folkestone, Géo est reçu par le consul de France, à Calais, il reçoit le titre de citoyen d’honneur, à Lille, on lui remet la médaille vermeille de la ville. Des cérémonies ont lieu en son honneur à Boulogne-sur-Mer, et bien évidement en l’Hôtel de Ville de Levallois où il est reçu le 26 octobre 1926. Un an plus tard, on lui décerne le 16 ème Grand Prix de l’Académie des Sports.

D’autres exploits

Depuis le 8 septembre 2012, le record de la traversée de la Manche à la nage est détenu par l’australien Trent Grimsey (en 6 heures et 55 minutes).

Philippe Croizon est le premier amputé des 4 membres à avoir franchi la Manche le 18 septembre 2010, et Karl Otto Thaning est le nageur le plus âgé à avoir réussi cet exploit, il avait 73 ans et 177 jours le 6 septembre 2014 lors de cette prouesse.

Histoire d’un phénix

Si aujourd’hui, on dénombre trois marchés à Levallois, offrant la possibilité de faire ses courses tous les jours de la semaine, ça n’a pas toujours été le cas.

A l’occasion de l’inauguration du nouveau marché Henri-Barbusse, après sa réouverture en avril 2021, je tenais à revenir sur son histoire, car c’est le plus grand, avec une superficie de 3 573m2, mais aussi le plus ancien de la Ville, il apparait bien avant la naissance de notre commune.

Le premier marché de Levallois

Comme je vous le disais, ce marché est le plus ancien de Levallois. Sa création est décidée en 1858, bien avant l’autonomie de village Levallois en Commune ( pour rappel, la ville de Levallois est créée en 1867).

Dans les années 1870, plus de 300 marchands animent la place, aujourd’hui connue sous le nom d’Henri-Barbusse.  Elle a eu différentes identités : Saint -Vincent- de- Paul jusqu’en 1878, place du marché jusqu’en 1946, date à laquelle elle est baptisée sous son nom actuel.

A l’époque, ce marché à ciel ouvert se tient chaque mardi et vendredi, de 7 heures à 15 heures, et ouvre une heure plus tard en hiver. Au centre du marché trône une fontaine, destinée à assurer la fraîcheur des étales et des marchandises, mais aussi à faciliter le nettoyage des lieux après les ventes. A chaque angle, des urinoirs sont présents.

La difficile couverture du marché

Le 25 février 1871, le maire Jean-Baptiste Codur fait remarquer au Conseil municipal qu’au cours des hivers, et en cas d’intempéries, les acheteurs désertent le marché. Il propose donc la construction d’un marché couvert, dont les frais seraient amortis par une journée de marché supplémentaire fixée le dimanche. Cependant, cette idée ne fait pas l’unanimité et ses détracteurs jugent les finances publiques trop faibles pour accomplir un tel projet. De plus, ils considèrent que « l’ouverture d’un jour de plus favoriserait les marchands étrangers au détriment des commerçants locaux ».

C’est la commission des marchés, dont le rapporteur est Gustave Eiffel, qui est chargée de statuer sur la question : le Conseil municipal du 8 décembre 1871 adopte la proposition du Maire « afin de rendre plus facile l’alimentation de la population, notamment pour les classes laborieuses qui travaillent toute la semaine et qui pourront profiter de ce jour de repos pour acheter leurs provisions hebdomadaires ».

En revanche, le projet d’établissement du marché couvert n’est pas adopté pour la cour centrale. Dès 1873, les premiers abris sont construits autour de la place par Hamerel, l’architecte voyer de la Ville. La réception définitive des travaux a lieu le 5 novembre 1877 et se chiffre aux alentours de 174 935 francs (plus de 26 680 euros).

Il faut savoir que déjà à cette époque, la Ville ne gère pas directement les marchés, mais assure leur tenue grâce à des concessions. Les clauses et les conditions sont strictes : l’entretien des bâtiments, des voies et des plantations sont à la seule charge de la Ville. En revanche, les éventuelles dégradations sont à la charge du concessionnaire qui doit aussi fournir en location « le matériel nécessaire aux marchands, composé d’une table de 2 mètres, de 2 tréteaux et d’une barre ».

Toutes modifications, tant intérieures qu’extérieures de la part du concessionnaire doivent impérativement avoir l’accord de l’Administration municipale.

Le renouvellement de concessionnaire en 1898 révise la configuration du marché principal. La fontaine est enlevée aux frais de la Ville ainsi que la première rangée d’arbres touchant l’auvent et les deux petits bâtiments servant de réserve pour le matériel.

La cour centrale est couverte à son tour par les soins de la Ville, conformément aux plans et au cahier des charges, dressés par l’architecte voyer, Henry.  La dépense occasionnée pour cette nouvelle construction n’est pas supportée par le concessionnaire jusqu’à son terme, et c’est la commune qui finit de rembourser le coût des travaux, à raison de 12 annuités égales sans qu’il soit tenu compte des intérêts. En définitive, les travaux ont coûté 80 281, 32 anciens francs (12 240 euros).

Puis ce marché est modernisé avec l’éclairage en 1925 et en 1931 l’installation d’une horloge électrique.

Le marché fait peau neuve

Dans les années 1960, le marché couvert est jugé vétuste et inadapté. Le Conseil municipal décide de le démolir et de construire un nouvel ensemble composé d’un garage en sous-sol, d’un marché, d’un gymnase, et de 90 logements.

Il faut attendre 1994 pour que ce lieu soit entièrement rénové par l’architecte Guy Cargili. L’aspect extérieur conserve l’esprit des halles d’antan avec de larges baies vitrées accompagnées de structures métalliques laquées. Les abords sont aménagés pour assurer la sécurité des piétons. L’intérieur est totalement repensé pour faciliter le travail des commerçants avec de nombreuses prises électriques et des robinets d’eau.

Dans la nuit du 17 au 18 aout 2019, un incendie ravage le marché (mais épargne le gymnase et les logements). Tel le phénix, ce marché renait de ses cendres sous la forme que nous connaissons actuellement.

Nous avons retrouvé les statistiques des marchandises introduites sur ce marché pendant l’année 1901 : 7 800 kilos de poissons, 188 000 kilos de viande, 500 000 de fruits et légumes… par 430 marchands !

Pour aller plus loin :

Une nouvelle application: Levallois Mémoires, et des Podcasts pour une plongée au cœur de l’Histoire

La nouvelle application Levallois Mémoires vous invite à (re)découvrir et à partager l’histoire de Levallois à partir d’évènements, de parcours urbains, de visites virtuelles et de podcasts. Les passionnés d’histoire peuvent accéder gratuitement à l’application Levallois Mémoires après l’avoir préalablement téléchargé sur :

Une série de Podcasts intitulée Il était une fois Levallois vous attend sur les chaines : Spotify, Deezer, Amazon music… ou en scannant ce QR code:

Régulièrement mis à jour, chaque épisode des podcasts vous propose de (re)découvrir une personnalité, un lieu, ou un évènement qui fait la richesse historique de Levallois.

Levallois ouvre ses portes !

Les Journées européennes du Patrimoine se dérouleront les 18 et 19 septembre 2021. Cet événement culturel, célébré dans une cinquantaine de pays européens, est placé cette année, sous le thème « Patrimoine pour tous ».

Cet évènement a la capacité de nous faire nous rassembler, pour nous aider à apprécier la richesse de notre patrimoine et de notre culture, et cela à notre porte.

Que se cache-t-il derrière le mot patrimoine ?

Le patrimoine culturel se définit comme l’ensemble des biens, matériels ou immatériels, ayant une importance artistique et/ou historique certaine, et qui appartiennent soit à une entité privée (personne, entreprise, association, etc.), soit à une entité publique (commune, département, région, pays, etc.) ;

Le patrimoine fait appel à l’idée d’un héritage légué par les générations qui nous ont précédés, et que nous devons transmettre intact ou augmenté aux générations futures, ainsi qu’à la nécessité de constituer un patrimoine pour demain. On dépasse donc largement la simple propriété personnelle (droit d’user et « d’abuser  » selon le droit romain). Il relève du bien public et du bien commun.

Cet ensemble de biens culturels est généralement préservé, restauré, sauvegardé et montré au public, soit de façon exceptionnelle (comme les Journées Européennes du Patrimoine qui ont lieu cette année les 18 et 19 septembre), soit de façon régulière (château, musée, église, etc.), gratuitement ou au contraire moyennant un droit d’entrée et de visite payant.

Les Journées Européennes du Patrimoine à Levallois

A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, plusieurs évènements  vous sont proposés dans différents lieux, avec des parcours adaptés à tous les publics.

L’Hôtel de Ville ouvre ses portes

Notre superbe Hôtel de Ville, inauguré en 1898, ouvre ses portes dimanche 19 septembre ! Vous pourrez visiter : le bureau de Madame le Maire, les salons d’honneur, la salle du Conseil municipal et la salle des mariages.

Deux possibilités s’offrent à vous : en visite libre, ou en visite guidée à 10h, 11h30, 14h, 15h30 ou 17h.

 (Inscriptions au préalable auprès de Levallois découverte : 01 47 15 75 15 – decouvertes@ville-levallois.fr)

Découvrez le cimetière de façon originale

Tombe de Gustave Eiffel

Une présentation des infrastructures et de l’organisation du cimetière vous est proposée samedi et dimanche à 10h (sur réservation auprès de Levallois découvertes decouvertes@ville-levallois.f).

Vous êtes invités pour une visite guidée du cimetière avec une présentation des personnalités féminines inhumées à Levallois (Maryse Hilsz, Louise Michel, Marie-Jeanne Bassot, Catherine Eiffel…). Ces visites ont lieu samedi et dimanche à 11h30 (toujours sur réservation auprès de Levallois découverte : 01 47 15 75 15 – decouvertes@ville-levallois.fr)

Pour les jeunes de 8 à 16 ans, le jeu du kaléidoscope (quiz et visite libre) vous attend samedi et dimanche à 14h et 16h. Des lots sont à gagner !

Le parc de la Planchette n’est pas en reste !

L’aviatrice Maryse Hilsz et le cycliste Paul Ruinart vous donnent rendez-vous pour que vous vous preniez en photo à leurs côtés avant que vous ne vous dirigiez vers les jeux proposés pour les enfants âgés de 8 à 14 ans. Ces jeux vont vous faire découvrir les célébrités de Levallois, mais pas seulement…

Ils ont lieu samedi à 10h – 11h- 14h – 15h et 16h sur la pelouse du marronnier. (inscription auprès de Levallois découvertes decouvertes@ville-levallois.fr)

Des lots sont, là aussi, à gagner !

Temple protestant rue A.France

Le Temple « La petite Étoile » n’aura plus de mystère pour vous

Le vendredi 17 à 19h30, une conférence « Napoléon et les protestants » sera donnée par le pasteur Alain Joly, théologien et historien.

Samedi et dimanche de 10h à 19h, le Temple est ouvert au public, des visites guidées sont organisées, ainsi que des concerts. Pour plus de détails, rendez-vous sur la page : https://culture-ville-levallois.fr

Tous ces rendez-vous sont entièrement gratuits !

Bienvenue à une nouvelle arrivée:

Une nouvelle application « Levallois mémoires » voit le jour le 18 septembre. Si sa naissance est attendue pour cette date, elle évoluera au fil du temps.

Elle a pour objectif de vous faire (re)découvrir et partager l’histoire de notre Ville, à partir de l’actualité, de parcours urbains, de visites virtuelles, et de podcasts. Cette application gratuite sera disponible sous Android et Apple.

Pour rappel, notre patrimoine est aussi accessible de diverses manières:

Les pages « Il était une fois… » dans Info Levallois sont toujours consacrées à l’histoire de notre ville, de ses personnages ou d’évènements passée.

Le blog des archivistes ( https://levalloismemoires) vous donne rendez-vous deux fois par mois pour continuer sur cette lancée. Et pour ceux qui n’ont pas le temps, pas le gout de la lecture, des difficultés à lire, ou tout simplement, pour ceux qui ont envie d’écouter une histoire, une nouveauté arrive ! Vous pouvez nous écouter à travers de nouveaux podcasts intitulés : « Il était une fois Levallois » ! (Deezer, Spotify, Pocket cast…. Et sur la nouvelle application !)

L’heure de la rentrée a sonné !

1.2.3… A vos cartables… Prêts ?…. Partez ! Hé oui ! c’est déjà la rentrée, et le moment de reprendre le chemin de l’école. A cette occasion, je vous propose de retracer l’histoire des écoles primaires de Levallois à la fin du XIXe siècle.

Un combat : rendre l’école gratuite, obligatoire et laïque

L’école a longtemps été le privilège des enfants de milieux aisés, les autres avaient obligation, ou nécessité de travailler pour aider la famille, ou du moins de ne pas dépenser d’argent pour s’instruire.

Mais avec le siècle des Lumières et certains penseurs comme Condorcet, pour qui l’émancipation du peuple est nécessaire pour l’extraire de l’ignorance, sinon les révolutions ne servent à rien, « instruire » le peuple apparait alors comme indispensable à tout progrès démocratique.

Si l’on se penche sur l’étymologie du mot « école » on découvre qu’il vient du Grec scholè (loisir) et prend son sens par opposition au travail, considéré par les grecs comme toujours servile.

L’école doit donc devenir un lieu pour apprendre et comprendre et non pour travailler.

Avec l’avènement de la IIIe République, les cadres de l’école d’aujourd’hui sont posés. Les lois scolaires ont joué un rôle important dans la diffusion d’une culture républicaine commune.

La loi du 16 juin 1881, porte le nom du ministre de l’instruction publique : Jules Ferry. Elle rend l’enseignement primaire public gratuit, ce qui a permis de le rendre ensuite obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus avec la loi du 28 mars 1882. Elle impose également un enseignement laïque dans les établissements publics. Les filles sont donc également concernées, et accèdent progressivement à l’instruction, dans une société où leur statut reste subalterne.

Les fournitures scolaires sont délivrées gratuitement à tous les élèves par la commune.

L’école primaire, un enjeu de politique locale

La question de l’école est présente dès le début du village « Levallois ». En effet, les familles qui le peuvent, envoient leurs enfants à Clichy ou à Neuilly, mais avec l’essor du village et une population proche de 5 000 habitants, la question d’une école se pose. En 1860, Nicolas Levallois propose la construction d’une école financée par une souscription volontaire.

Finalement, une autre solution est adoptée : la location d’une grande maison dans le haut de la rue Zablot (actuelle rue Rivay), avec un ajout de deux grandes classes et d’un préau couvert. La première école de Levallois est née !

École Ferdinand Buisson, qui remplacera (au même endroit) la toute première école publique de Levallois.

A la même époque, pour installer une école de filles, un propriétaire au nom de Rivay offre non seulement un vaste terrain situé au centre du village Levallois (près de l’église), mais aussi les fonds nécessaires à sa construction. Un an avant sa mort, en 1865, il lègue l’école et tous ses biens à la commune. La rue Zablot change de nom à son profit la même année.

Conscient du déséquilibre de l’implantation géographique des écoles existantes, le Conseil municipal décide, en mai 1879, la création de deux groupes scolaires. La ville est virtuellement divisée en deux zones, avec comme ligne de partage la rue de Courcelles (actuellement Président Wilson). Chacun des groupes scolaires sera au centre de chaque zone.

En 1880, le concours pour la construction est lancé par le nouveau Maire, Jean-François Trébois. L’ensemble des projets est exposé au Grand-Palais. Jean Achille Legros remporte le premier prix.

Chacun des groupes scolaires comporte une école de garçons, une école de filles et une maternelle. Le premier groupe scolaire se situe rue Marjolin, et il est édifié sur un terrain de 4 121 m². Il est baptisé du nom de Jules Ferry. Le second groupe scolaire est construit rue des Arts (actuellement Marius Aufan) et rue Eugénie (qui est aujourd’hui la rue Danton) sur un terrain de 5 000 m². Sa dénomination est Anatole France.

Les deux groupes scolaires sont achevés en 1885, et existent toujours.

Au cours de l’année scolaire 1901-1902, le groupe scolaire Jules Ferry comprend 10 classes de garçons pour un effectif de 454 élèves, 9 classes de filles pour 420 élèves, 4 classes de maternelles pour 271 enfants (soit des classes de 67 élèves en maternelle !).

Sur la même période, le groupe scolaire Anatole France dénombre 8 classes de garçons pour 589 élèves, 8 classes de filles pour 459 élèves et 4 classes de maternelles pour 349 élèves, je vous laisse faire les calculs !

En 1891, Jean-François Trébois, de nouveau maire, achète un terrain de 3 975 m² entre les rues Fromont (actuellement Camille Pelletan) et Gide (actuellement Paul-Vaillant Couturier) pour y construire un nouveau groupe scolaire. Sa réalisation est confiée à Louis Jamin, architecte municipal et futur architecte de l’Hôtel de Ville.

Cet ensemble est baptisé du nom de Paul Bert, ministre de l’Instruction publique et ami de Jules Ferry. Aujourd’hui, le groupe scolaire Buffon remplace l’ensemble d’origine.

Suivra également, la reconstruction de la première école levalloisienne rue Rivay avec comme nom, celui de Ferdinand Buisson, lui aussi ministre de l’Instruction publique mais aussi fondateurs de la Ligue des droits de l’Homme.

Outre les bâtiments, l’école existe aussi grâce à son personnel et notamment les enseignant(e)s qui ont à cœur de transmettre leur savoir.  Pour organiser un enseignement laïque à destination des filles, il faut former des institutrices. Ainsi, la loi Paul Bert de 1879 crée les écoles normales d’institutrices dans tous les départements : le recrutement de maîtresses laïques est dès lors assuré. Ces dernières reçoivent une formation rigoureuse et exigeante. À l’issue de celle-ci, elles doivent transmettre les valeurs de la République ainsi qu’une morale laïque à leurs élèves.

Sous cette IIIe République, les enseignant(e)s ont été surnommé(e)s « les Hussards noirs de la République » et font partie de l’élite républicaine. Dans toutes les crises et les guerres, les enseignant(e)s ont été en première ligne ce qui explique l’admiration pour cette profession.

Souhaitons à tous les écoliers de récolter beaucoup de « bons points » !

Les blogs partent en vacances

Comme chaque été, après une nouvelle saison, bien particulière cette année, de publications, les blogs se mettent en pause et les rédacteurs d’articles partent se ressourcer pendant l’été.

En 2020-21 nous avons écrit et publié près de 300 articles sur l’ensemble des blogs et vous avez été plus de 3000 à nous lire chaque mois. Nous en sommes ravis et fiers et vous remercions tous, lecteurs fidèles ou occasionnels, de visiter l’un ou l’autre des blogs, voire tous, de La Médiathèque. Merci aussi de nous suivre, de commenter, de partager, parfois de compléter nos informations et d’échanger avec nous !

Nous vous retrouverons à la rentrée avec de nouveaux articles pour une nouvelle saison de publication. En attendant, nous vous souhaitons un excellent été, riche en repos et découvertes. N’hésitez pas à faire un tour sur nos blogs où vous attendent des dizaines d’idées de lectures, de films à voir, de musiques à découvrir, de promenades dans la Ville, de suggestions d’orientations ou de formations à venir ou encore d’innovations numériques étonnantes…

Bon été à tous !