La marque aux chevrons a 100 ans !

Au moment où le tombeau de Toutankhamon était mis au jour, Buster Keaton réalisait ses premiers films, et A. Citroën installait une usine à Levallois.

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André Citroën, est un ingénieur polytechnicien, pionnier de l’industrie automobile. Né le 5 février 1878 à Paris, il est un découvreur de talents et un organisateur de génie.

L’histoire d’une épopée

Lors d’une visite à sa famille en Pologne, il visite une petite firme mécanique, et y découvre un procédé d’engrenages aux dents taillées en V. Il rachète la licence du procédé de fabrication.

En 1901, avec deux associés, il fonde la société « Citroën, Hinstin et Cie » qui est une entreprise de fabrication d’engrenages, en particulier ceux à chevrons en V. Cette société est rapidement rebaptisée « Société anonyme des engrenages Citroën ». Ce sont les empreintes de ces chevrons qui deviennent l’emblème de cette nouvelle marque, et le logo des futures automobiles qu’il produira.

André est mobilisé en août 1914 au 2ème régiment d’artillerie de Grenoble. Il a l’occasion de constater le manque d’ artillerie et de munitions face à l’artillerie allemande. En janvier 1915, il propose au général Louis Baquet, directeur de l’artillerie du Ministère de la Guerre, qui manque cruellement de munitions, d’appliquer le fordisme (nouvelle fenêtre)  dans une usine construite en 3 mois. Il fait ériger sur les 15 hectares de terrains vagues et de jardins potagers du quai de Javel (alors située sur l’actuel emplacement du parc André Citroën, dans le 15ème arrondissement de Paris), une immense usine ultramoderne et produit 23 millions d’obus à raison de 10 000 par jour, à des cadences inédites pour l’époque. Le rythme imposé par ses usines est fatigant et de ce fait, André Citroën a pu parfois y être considéré comme un despote. Néanmoins, il est pourtant l’un des premiers industriels soucieux du bien-être de ses ouvriers et évite d’imposer des tâches répétitives.

L’entreprise de munitions d’André Citroën est très vite réputée et devient un modèle d’organisation, d’efficacité et de responsabilité sociale.

À la sortie de la guerre, en 1919, il transforme son usine d’obus pour la reconvertir dans la production de véhicules à moteurs. Il absorbe le constructeur automobile Mors, dont il est le directeur général administrateur depuis 1906 et il crée sa propre marque d’automobiles.

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Citroën Type A

Il industrialise le premier modèle de la marque : la Citroën Type A. Ce modèle est la première automobile européenne construite en série. Le premier client en prend possession le 4 juin 1919. Cette année-là, des usines, sortent quotidiennement 30 voitures, pour un total de 2 810 véhicules et dix mille de plus l’année suivante.

Devant le succès rapide de sa nouvelle marque aux chevrons, André Citroën est à la recherche d’un site pour développer sa société du quai de Javel (actuel quai A. Citroën). Adolphe Clément-Bayard, industriel levalloisien, lui aussi producteur d’obus pendant la guerre, se propose de lui louer ses usines du quai Michelet (actuellement quai C. Pasqua) à Levallois, et devient actionnaire de la société Citroën.

Dans un premier temps, A. Citroën y fabrique sa célèbre Torpédo 5 CV Trèfle, et les autochenilles des grandes croisières.

Au décès de Clément-Bayard, A. Citroën rachète l’ensemble des bâtiments levalloisiens (1929).

André Citroën, un génie de la publicité

La marque acquit une forte image grâce à la publicité. André Citroën est l’un des premiers dirigeants d’entreprise à comprendre et à attacher beaucoup d’importance à la communication.

Le début de l’histoire de la marque est marqué par les grandes expéditions organisées par A. Citroën à travers le Sahara (la traversée du Sahara en 1922), l’Afrique (la Croisière noire (nouvelle fenêtre) en 1924-1925) et l’Asie (la Croisière jaune (nouvelle fenêtre) en 1932-1933). Ces expéditions, dirigées par Georges-Marie Haardt (nouvelle fenêtre)  et Louis Audouin-Dubreuil (nouvelle fenêtre) , utilisaient des autochenilles Citroën-Kégresse (nouvelle fenêtre)  et devaient prouver la robustesse des voitures de la marque.

Afin « d’avoir toujours un coup d’avance », en 1921, A. Citroën pour rénover la signalisation routière, dote la France d’un grand réseau de plaques émaillées indicatrices, portant son nom. Au total, c’est 150 000 panneaux qui sont installés.

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A l’occasion de l’ouverture du 7ème salon de l’auto en 1922, faisant preuve de créativité,  A. Citroën fait écrire son nom par un avion en lettres de fumée, s’étirant sur 5 km.

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En 1923, le génie du marketing lance la fabrication de jouets automobiles, véritables copies conformes de « l’auto de papa », car selon lui, la marque devait être connue de tous, dès le plus jeune âge. Plus de 30 000 véhicules, reproductions fidèles des différents modèles de la marque, seront vendus les dix premières années.

De 1925 à 1934, Citroën s’offre une publicité grandiose en écrivant son nom sur la tour Eiffel en lettres lumineuses de 30 m de haut. C’est cet éclairage qui guide Charles Lindbergh durant les derniers instants de sa traversée de l’Atlantique.

Des productions levalloisiennes

Des usines de Levallois sortent la torpédo 5 CV Trèfle, des autochenilles, mais aussi en 1931 le premier autobus de la marque Citroën.

Sont usinés aussi à Levallois, des roulements à billes, des pièces détachées et des accessoires de carrosserie.

S’il est difficile de ne pas parler d’une des plus prestigieuses automobiles de son époque, carrossée par un artisan hors pair, Henri Chapron, la fameuse DS, il est impossible de ne pas parler d’une des voitures les plus populaires, connue internationalement, qui sera produite à Levallois jusqu’en 1988 : La deux pattes, deudeuche… La 2 Cv ( lire à ce sujet notre article La 2CV, une très petite devenue grande) ! Trois millions d’exemplaires sont sorties de cette usine.

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L’usine de Levallois

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« N’habite plus à cette adresse »

Au fil de l’histoire de notre ville, la grande majorité des rues de Levallois a été rebaptisée, certaines ont disparues, comme « digérées » par les diverses constructions, alors que d’autres sont apparues ces dernières années. Les nombreuses places ne sont pas en reste, et ont connu, elles aussi quelques péripéties identitaires !

À la création du village LEVALLOIS, Nicolas prévoit quatre places publiques sur un même axe : Place de l’Empereur, place de l’église, place de la mairie, et place de la Reine Hortense.

Place de l’empereur

On lui donne ce nom en l’honneur de Napoléon III. Le 5 août 1857, le conseil municipal de Clichy l’intègre dans son domaine public. (Il me faut vous rappeler que jusqu’en 1867, date de la naissance officielle de Levallois, le « village Levallois » occupe des terrains appartenant à Clichy et à Neuilly).

Le 27 octobre 1870 la toute nouvelle commune acquise aux idées de la République rebaptise la place de l’Empereur : place Châteaudun en souvenir de la ville qui a résisté à l’occupation prussienne.

Le 8 février 1892, le conseil décide d’y créer un nouveau marché et dans sa séance du 30 mars, il approuve le devis pour le bitumage des quatre terre-pleins, l’installation d’une borne fontaine et de deux bouches d’eau.

Le 23 novembre 1945 cette place fut rebaptisée : Jean ZAY (nouvelle fenêtre) , avocat et homme politique, assassiné par la milice en 1944.

Place de l’église

Le 9 août 1852 à la saint Justin, Nicolas LEVALLOIS pose la première pierre de l’église consacrée sous ce vocable. Le 2 décembre 1852, Louis-Napoléon BONAPARTE prend le pouvoir. Le jeune village bonapartiste d’à peine sept années affirme son autonomie par rapport à la commune de Clichy. Les travaux durent trois ans. Monseigneur SIBOUR, archevêque de Paris, vient la bénir. Un décret impérial du 25 avril 1857 crée la paroisse de Levallois. Une étape est franchie vers l’émancipation du village.

Agrandie en 1873, l’église est reconstruite en 1882. Elle est de nouveau agrandie en 1897, et restaurée en 1912.

Dans une délibération du 23 novembre 1945, le conseil municipal rebaptise la « place de l’église » : « Place Estienne d’Orves (nouvelle fenêtre) « . Officier de marine née à Verrières-le-Buisson le 5 juin 1901, c’est un héros de la seconde guerre mondiale, martyr de la résistance. Trahi par un de ses agents, il est condamné à mort par un tribunal militaire allemand, et il est fusillé au Mont Valérien le 29 août 1941.

Place de la Reine Hortense

Bonapartistes pour la plupart, les habitants du village Levallois prévoient de dédier la future église à la mère de Napoléon III, la reine Hortense – fille de Joséphine de BEAUHARNAIS – et donné ce nom à la place. Sur son plan publicitaire de 1853, Nicolas LEVALLOIS ne mentionne pas cette église. Sans doute parce qu’elle n’était pas encore construite, et elle ne le sera jamais.

Une église qui ne voit pas le jour

Avant sa construction, les habitants de la rue de CORMEILLES (Anatole FRANCE) traversaient le domaine de la Planchette pour se rendre à l’église Saint-Justin. En 1859, le comte BERENGER – las de voir sa propriété traversée par les paroissiens à chaque messe – décide de céder les 3 000 m² nécessaires à la jonction des tronçons de la rue MARTINVAL (rue VOLTAIRE) déjà percés de part et d’autre de son domaine. Le projet d’une seconde paroisse est ainsi abandonné.

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Quatre noms pour une seule place

Les événements de 1870, après la chute de Sedan, furent une rupture pour ce village bonapartiste déjà acquis à la République. Dans une délibération du 15 janvier 1872, la jeune commune rebaptise la » place de la Reine HORTENSE »  » place de CORMEILLES « , nom du propriétaire qui la perça. Le 30 juin 1925 cette place prit la nom de place « Anatole FRANCE « .  Le conseil municipal du 12 février 1948 la rebaptise  » place du Général LECLERC « .

Place Saint Vincent de Paul

C’est à partir de 1851 que Nicolas LEVALLOIS entreprend le lotissement des terrains de Claude de CORMEILLE. Dans son projet, une place est prévue, et on lui donne le nom de Saint Vincent de Paul : le célèbre curé de Clichy et fondateur de « la compagnie des filles de la charité ». Cet hommage accordé à cette personnalité locale exprime une certaine gratitude du village Levallois pour la commune de Clichy.

En février 1858, les habitants du quartier demandent la création d’un marché sur cette place. Celle-ci et ses abords sont dans un mauvais état de voirie. Il faudra dix années de pétition aux riverains pour qu’ils obtiennent le pavage des rues qui la longent. Une fontaine sera construite en son milieu.

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En 1873 le marché couvert est construit et le 13 mai 1878, la place Saint Vincent de Paul change de nom et est rebaptisée : Place du marché. La fontaine est démontée puis revendue à M. BARBAT, négociant à la Garenne-Colombes.

Le 23 novembre 1946, nouveau changement de nom, elle devient place Henri BARBUSSE(nouvelle fenêtre) , écrivain français.

Au 5 avenue Anatole France, Paris 7ème, habite une grande dame

L’année 2019 marque les 130 ans de l’exposition universelle de 1889, et la naissance de sa pièce maitresse, la Tour Eiffel. Cette exposition est inaugurée le 05 mai 1889, et se tiendra jusqu’au 31 octobre de la même année.

Les expositions universelles

La première exposition universelle fait son apparition en 1851 à Londres. Ces expositions naissent pendant la révolution industrielle, et ont pour but de montrer le savoir-faire, et de développer l’innovation. Les constructeurs, industriels et chercheurs montrent au public leur dernière invention, en essayant toujours d’aller plus loin. Une exposition est dite universelle si elle touche toutes les branches de l’activité humaine, de plus si toutes les nations peuvent y participer cette exposition devient internationale.
La compétition est omniprésente dans les Expositions universelles, et des concours permettent aux plus méritants d’obtenir des médailles, et de  bénéficier d’un certain prestige.AC92044_1Fi1593
Malgré ces allures de fêtes populaires, les expositions ont 3 enjeux : Culturels, commerciaux et politiques.
Culturel dans le sens pédagogique car les personnes visitant les expositions peuvent découvrir de nouvelles technologies et s’intéresser à l’art, et vu l’universalité des expositions, tout simplement découvrir d’autres cultures et d’autres techniques, en visitant les stands ou pavillons des nations étrangères.
Malgré l’aspect non commercial des expositions, les enjeux économiques ne sont pas négligeables. En effet, les présentations des industriels et des savants pouvaient déboucher sur des accords commerciaux.
La nation organisatrice devient, le temps de l’évènement, le centre des nations, et elle a l’occasion  de faire passer des idées et des messages qui seront « entendus » par des millions d’individus.

En France, la première exposition universelle se tient en 1855, sous Napoléon III. 25 pays y participent. (C’est cette exposition qui classifie les vins de Bordeaux).

Un projet innovant et ambitieux

Dès 1884, en vue de l’exposition universelle à venir, Maurice Koehlin et Emile Nouguier, ingénieurs des établissements Eiffel, travaillent au projet d’une tour de 300 mètres de haut, avec une base carrée de 125 mètres de côté, construite entièrement en fer. Cet avant-projet est soumis à Gustave Eiffel qui ne s’y intéresse pas, mais donne l’autorisation à ses ingénieurs de poursuivre leur étude. Elle est menée en collaboration avec Stephen Sauvestre, architecte. À l’automne 1884, lorsque le projet lui est à nouveau présenté, revu et corrigé, Eiffel revient sur sa décision. Il saisit que cette tour est réalisable, qu’elle peut être rentable, utile et lui apporter une renommée importante. Un brevet est déposé à l’INPI (institut national de la propriété industrielle), puis il signe avec ses ingénieurs un contrat, aux termes duquel ils lui cèdent leurs droits. Il devient alors le seul père du projet.Brevet de la Tour Eiffel 001

Gustave Eiffel dépense une énergie folle pour faire connaitre son projet, et convaint le commissaire de l’exposition. Ce dernier organise un concours. Le 1er mai 1886, le « journal officiel » publie le règlement d’un concours d’architecture qui impose une tour de 300 mètres, reposant sur une base carrée. Étrange coïncidence, cela correspond aux caractéristiques du modèle présenté par Monsieur Eiffel. Les participants disposent de quinze jours pour affiner les projets auxquels ils ont déjà pensé depuis l’annonce de la future exposition universelle.

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Différents projets de tours

Le jury choisit le projet de Gustave Eiffel, et n’émet des réserves qu’à propos du type d’ascenseurs prévu.

En 1889, sous la présidence de Sadi Carnot, l’exposition universelle célèbre le centenaire de la Révolution Française. Elle se doit d’ être grandiose et majestueuse, le clou de cette exposition sera une Tour de 300 mètres.

C’est dans ses ateliers de Levallois, que l’ingénieur fait construire l’ensemble des éléments de ce qui deviendra le monument symbole de Paris. Avant d’être transportées sur le Champ-de-Mars, les pièces sont dessinées, construites et préparées unes à unes dans l’usine de Levallois où des centaines d’ouvriers travaillent. Seul l’assemblage des éléments se fait sur le chantier parisien, où l’inquiétude est grande, car l’édification de la Tour, pour les badauds, semble défier toute logique. Les piliers sont posés en biais, mais surtout, c’est la nature du sous-sol qui inquiète. Ce mastodonte va reposer sur un sol sablonneux et marécageux. Les deux piliers situés du côté de l’école militaire reposent sur une couche de béton de 2 mètres, qui elle-même repose sur un lit de graviers, la fosse faisant en tout 7 mètres de profondeur. Les deux piliers côté Seine sont situés en dessous du niveau du fleuve. Les ouvriers travaillent dans des caissons métallique étanchent dans lesquels est injecté de l’air comprimé.

Gustave Eiffel organise le chantier et assure la sécurité de ses ouvriers, un seul accident se produit, alors que la construction est achevée.

 

Contestée à l’origine par certains, la Tour Eiffel est d’abord, à l’occasion de l’exposition universelle de 1889, la vitrine du savoir-faire technique français. En effet, si elle est plébiscité par le public dès sa présentation à l’exposition, de nombreux artistes vont jusqu’à signer une pétition contre son érection, la qualifiant « d’odieuse colonne de tôle boulonnée ». On y retrouve, entre autres, les signatures de : Guy de Maupassant, Alexandre Dumas fils, Charles Garnier, Ernest Meissonier, ou encore Charles Gounod.

De l’éphémère installé dans le temps.

Construite en deux ans, deux mois et cinq jours, de 1887 à 1889, par 250 ouvriers, elle est inaugurée, à l’occasion d’une fête de fin de chantier organisée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889. Dans les arguments donnés par son créateur pour défendre ses matériaux de construction, notamment le fer puddlé, Gustave Eiffel avance le fait qu’elle sera facilement transportable si besoin est. La Tour pourrait être démontée et reconstruite sans difficulté.

Il n’était pas prévu de la laisser en place, elle ne devait être là que temporairement… Elle est aujourd’hui le symbole de Paris, et de la France. De nombreux visiteurs, du monde entier, s’y retrouvent en grand nombre chaque jour (7 millions par ans, 1 visiteur toutes les 4 secondes)

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Les grands évènements y sont annoncés et célébrés. (Concerts, rencontres et résultats sportifs, hommages…)

« Le magicien du fer », créateur de ce symbole, est inhumé au cimetière de Levallois, sa sépulture est orientée vers sa Tour.

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De l’empire mongol à Levallois… Il y a 100 ans naissait un produit que nous connaissons tous !

Il était une fois… l’histoire du yaourt ! Une légende raconte qu’à l’époque de Gengis KHAN, fondateur de l’empire mongol, un de ses cavaliers s’arrêta aux portes du désert, dans un village nouvellement conquis, et demanda de l’eau. Les habitants remplirent sa gourde avec du lait, persuadés qu’il allait s’avarier dans le désert. Mais sous les secousses du galop du cheval et la chaleur, le lait se transforma en une substance blanche que le cavalier apprécia. Le yogurut ou yogurt était né ! Mais quel rapport avec Levallois ?

Naissance des yaourts Danone

À la fin de la Première Guerre mondiale en Espagne, de nombreux enfants souffrent de troubles intestinaux, liés à de mauvaises conditions d’hygiène et à la chaleur. Devant ce constat, Isaac CARASSO, négociant, s’intéresse aux recherches d’Elie METCHNIKOFF, chercheur à l’ Institut Pasteur et prix Nobel en 1908. Celles-ci portent sur les bienfaits des yaourts et des ferments lactiques sur la santé. Le scientifique met notamment en évidence leur utilisation dans le traitement des désordres intestinaux. Isaac CARASSO connaît déjà les vertus du yaourt. Il décide alors de l’introduire en Espagne en y incorporant des ferments lactiques, sur les conseils de médecins. C’est l’Institut Pasteur qui lui fournit les souches.

En 1919, dans un petit atelier à Barcelone, Isaac CARASSO lance la production de yaourts. Ils sont fabriqués avec du lait frais et sont distribués le lendemain. La marque s’appelle alors « Danon », en référence au  surnom catalan de son fils « petit Daniel ». Cependant, un nom propre ne peut être un nom commercial. Le fondateur rajoute alors un « e » pour enregistrer la marque, qui devient « Danone ». En 1923, le Collège des médecins de Barcelone reconnaît officiellement les propriétés du yaourt. Les pots sont vendus en pharmacie sur recommandation des médecins, puis en crémerie.

De Barcelone à Levallois

Après des études de commerce à Marseille et un stage en bactériologie à l’Institut Pasteur, Daniel CARASSO, alors âgé de 20 ans, lance la marque en France en 1929 en créant la Société parisienne du yoghourt Danone. Il donne très vite une nouvelle dimension à l’idée de son père.

L’idée de santé est systématiquement recherchée, les médecins bénéficient de bons gratuits pour un produit qui porte la mention « yoghourt Danone ». La première usine ouvre ses portes en  1932 à  Levallois, rue Louis ROUQUIER. La fabrique se veut délibérément moderniste et hygiéniste.

Le marché des crèmeries parisiennes est régulièrement prospecté, des campagnes d’affichage essayent de sortir le yaourt de son ghetto médical et le font timidement prendre place sur les tables du parisien aisé.

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Très vite, d’autres produits sont déclinés. En 1937, Dany, le premier yaourt aux fruits est lancé, les veloutés sont commercialisés en 1963, et les gélifiés en 1966.

Un détour par les états-Unis

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’occupation de la France contraint Daniel CARASSO à se réfugier aux Etats-Unis, où il poursuit le développement de la marque. Il rachète un fabricant de yaourts et lance « Dannon Milk Products ».

De retour en France, D.CARASSO revend sa société américaine, et cherche à renforcer Danone. Avec la libération et l’avènement des « trente glorieuses », le décollage est prompt.

Rapide à consommer, « produit sain et frais », le yaourt bouscule les fins de repas et s’impose comme un dessert économique à part entière. Porté par son succès, Danone modernise et agrandie l’usine de Levallois en rachetant tous les bâtiments mitoyens ou proches de la rue Louis ROUQUIER. Au cours des années 1960, l’entreprise s’emploie à devenir une marque non seulement parisienne, mais présente sur l’ensemble du pays.

Une fusion judicieuse

En 1967, les sociétés Danone et Gervais fusionnent pour s’imposer sur le marché des produits laitiers. Le fabricant de petits-suisses et fromages frais Gervais, outre ses produits laitiers, apporte un important patrimoine immobilier et une bonne implantation en Europe. Danone partage ses yaourts et sa technologie de pointe. Le groupe Gervais-Danone est né ! Des millions de pots dans le monde portent l’adresse de Levallois.

1978 marque la fermeture de l’usine de Levallois, et l’ensemble immobilier est transformé en bureaux. Le siège social du groupe Danone reste quant à lui, à Levallois jusqu’en 2007.

POISSON D’AVRIL !

Un poisson d’avril est une plaisanterie que l’on fait le 1er Avril à ses connaissances, à ses amis et à sa famille. Pour les enfants, la blague consiste à accrocher un poisson en papier dans le dos des personnes dont ils veulent gentiment se moquer. « Poisson d’avril ! » est aussi l’exclamation que l’on pousse une fois qu’une des plaisanteries est découverte. Il est de coutume de faire des canulars dans les médias, aussi bien presse écrite, que radio, télévision ou sur internet.

J’ai eu envie de vous faire partager des informations sensationnelles sur Levallois, allez savoir si elles sont toutes vraies ?…

Une origine incertaine

La naissance du poisson d’avril reste obscure, mais la tradition festive de personnes qui sont l’objet de farces ou de moqueries existe dans plusieurs cultures, depuis l’antiquité et le Moyen-Âge (notamment avec la fête des fous, en Europe).

Une  hypothèse, couramment reprise par les médias, relie la date du 1er Avril à la réforme calendaire au XVIe siècle. Au Moyen Âge, dans plusieurs villes et régions d’Europe, l’année commençait à des dates variées et correspondait selon le calendrier Julien au Jour de l’an. Le 25 mars notamment était associé la fête de l’Annonciation à Marie avec la tradition de s’échanger des étrennes.

En France, l’année civile débutait à différentes dates selon les provinces mais dans celles où elle commençait le 25 mars, il était courant de prolonger les fêtes mariales jusqu’au 1er Avril. Le roi Charles IX décide, par l’Édit de Roussillon en 1564, que l’année débuterait désormais le 1er Janvier. Le pape Grégoire XIII étend cette mesure à l’ensemble de la chrétienté avec l’adoption du calendrier grégorien en 1582. Selon la légende, beaucoup de personnes eurent des difficultés à s’adapter au nouveau calendrier, d’autres n’étaient pas au courant du changement et continuèrent à célébrer le 1er avril selon l’ancienne tradition. Pour se moquer d’elles, certains profitèrent de l’occasion pour raconter aux étourdis des histoires pour rire et leur remettre de faux poissons correspondant à la fin du carême. Ainsi naquit le fameux poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement.

Il existe d’autres hypothèses, toutes sujettes à controverses. En France, au début du XXe siècle, on s’envoyait de jolies cartes postales toutes ornées d’un poisson d’avril et richement décorées.

Cette coutume de faire des plaisanteries à cette date là s’est répandue dans de nombreux pays: Canada, Etats-Unis, Angleterre, Allemagne, Danemark, Italie, Pologne, Japon, Chine, Russie…

Devez-vous me croire ?

Au long de la courte, mais riche histoire de notre ville, plusieurs évènements se sont produits. Des rencontres sportives improbables, des visites peu protocolaires, des histoires de cœurs méconnues, des rivalités intestines…

Un Empereur chez Nicolas

La loi créant notre commune date du 30 juin 1866, et prend effet le 1er janvier 1867.  Cette « naissance » se fait au détriment de Neuilly, et surtout de Clichy qui perdent chacune une partie de leur territoire. La France est alors un empire, et c’est NAPOLEON III qui en est à sa tête.

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Charles-Louis-Napoléon Bonaparte

Vous n’êtes pas sans savoir que notre commune doit son existence à l’acharnement d’un homme, soutenu par ses compagnons : Nicolas LEVALLOIS, menuisier, marchand de vin, tenancier de guinguette et promoteur. Il bénéficie d’une certaine notoriété, a beaucoup de relations et certains appuis politiques.

Curieux de faire connaissance avec cet homme têtu dont il a entendu parler, Charles-Louis-Napoléon BONAPARTE décide de lui rendre une visite, incognito durant l’été 1866. Très surpris, Nicolas le reconnait rapidement, et sa stupeur ne dure pas. Ils déjeunent ensemble puis l’Empereur (en fait Charles pour ce jour là) demande à Nicolas de lui faire visiter « sa » ville. ils vont jusque sur l’ile de la Jatte, se rafraichissent dans une guinguette et retournent au bureau de Nicolas, rue de Courcelles (actuellement rue du Président Wilson). Grace à un courrier de Nicolas, nous savons qu’ils ont passé la soirée ensemble jusque tard dans la nuit. L’Empereur aurait-il passé la nuit dans un confortable fauteuil de la rue de Courcelles ?

Des harengs et des lapins

Une rivalité existe depuis très longtemps entre les habitants de Levallois, et ceux de Clichy. Peut-être que l’origine de cette rivalité vient du fait que Clichy a subi une perte de territoire pour permettre la naissance de Levallois. Toujours est-il que les rivaux (en plus des confrontations physiques) se sont attribués des sobriquets, qui ont eu court jusqu’après la Seconde Guerre mondiale.

Les habitants de Clichy se sont vus appelés « les lapins » (certainement à cause de Clichy-la-Garenne), et les Levalloisiens étaient, pour leur part des « harengs » ! peut-être parce qu’au port de Levallois on déchargeait des poissons en provenance de Normandie !….

Du « cancan » à Levallois

Si beaucoup d’entre vous connaissent « La Goulue » de nom, un Levalloisien, notable, l’a connu de près, de très près…

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Louise Weber, dite « La Goulue » est née dans un quartier de Clichy, un an avant que celui-ci ne devienne Levallois. Louise est une célèbre danseuse de cancan, meneuse de revue au Moulin rouge, première vedette à inaugurer la scène de l’Olympia, et surtout, elle est l’un des sujets favori de Toulouse-Lautrec.

 

À cette époque, Jean-François Trébois, Maire de Levallois déborde de projets. Il fait construire deux écoles (Jules Ferry et Anatole France), mais surtout, il lance la construction d’un somptueux hôtel de ville.

Il le veut imposant, pourvu d’un clocheton plus haut que celui de l’église, et doté de salons d’honneurs les plus grands du département. Je crois que l’on peut dire qu’il avait une douce folie des grandeurs. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait souhaité une maitresse à la mesure des ses ambitions !

Des asticots dans la Seine

À partir des années 1925, une école de natation transportable et flottante, s’installe aux beaux jours au pont d’Asnières. La clientèle du « bain Masson » est presque exclusivement constituée des bambins de Levallois et d’ Asnières. Les enfants y sont tellement nombreux et serrés que les Levalloisiens, qui aiment les formules imagées, l’ont surnommée la « boite d’asticots ». Les mères de ces « asticots » devaient venir chercher de force leurs enfants le soir, pour les faire sortir de ce bain de pleine eau dans la seine. Sous la pression maternelle, le propriétaire des lieux, devait se résoudre, la mort dans l’âme, à fermer à 19 heures et à expulser manu-militari les retardataires.

Quelques années après son ouverture, le « bain Masson » ferme ses portes, suite au décès par noyade de son propriétaire, et certainement aussi, suite à une recrudescence des cas de poliomyélite. Il faudra attendre 1956 pour profiter d’une nouvelle piscine sur le quai Charles Pasqua.

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La piscine découverte du quai Charles Pasqua (ex quai Michelet)

 

Si vous y avez perdu votre latin… et avez besoin d’un éclairage, laissez un petit commentaire, je vous répondrai sans faute !

                                                                                         Deux des « informations » sont fausses…